Congrès FSM : Interview d'Hamdan Hassan, militant de la Fédération nationale des Syndicats et des ouvriers au Liban (Fenasol).

Publié le par FSC

16e Congrès de la FSM

Athènes, 6-9 avril 2011

 

Interview durant le congrès d'Hamdan Hassan, militant libanais de la Fédération nationale des Syndicats et des ouvriers au Liban (Fenasol).

Le texte suivant transcrit de manière extrêmement proche les propos tenus au cours de cette interview, sans toutefois être construit sur le mot à mot.

Décrivez votre organisation et vos liens avec la FSM ?

La FENASOL (Fédération nationale des Syndicats et des ouvriers au Liban) existe depuis 1940. Depuis le commencement, c’est un syndicat de masse, démocratique et de classe, ce qui nous distingue politiquement des autres qui ont été créés ou bien par le gouvernement ou bien par le patronat. Nous sommes un syndicat de gauche.

Nos secteurs ? Hôtellerie, métallurgie, chimie, textile, construction, bois. L’enseignement est à part, autonome. Il y a aussi les chauffeurs de taxi (transports). Et des commissions de branches. Domaines : banques, femmes, jeunes, télécoms.

C'est le seul syndicat représenté dans tout le Liban, presque les seuls : Beyrouth, La Bekaa, le nord le sud. Nous avons une structure confédérale, des fédérations de branches et des syndicats de branche et de région.

Combien de membres ?

Dans les 15 000 adhérents. Le taux de syndicalisation est bas au Liban (5/6% en général). Il est plus élevé dans les secteurs autonomes (Etat/privé), car tout employé est automatiquement syndiqué et cotise par prélèvement automatique.

Vos liens avec la FSM ?

Nous étions dans la FSM dès 1945. La Fenasol est la première organisation arabe fondatrice de la FSM. Nous en sommes toujours membre. Nous avons participé aux instances dirigeantes.

Toujours tout traversé ? et depuis La Havane ?

Oui, oui. Avant le congrès de la Havane, dans les années 1980 avec la CGT et d’autres organisations, nous étions dans le groupe de la FSM qui demandait la rénovation et la modernisation de la FSM ; ça a commencé avec Krasucki, ensuite Vianney et, à Varsovie, on a décidé dans le conseil présidentiel de faire cette rénovation.

Mais ça a été bouleversé de nouveau, l’URSS s’est écroulée, les pays socialistes se sont écroulés. Et à Damas, en 1995, au lieu de faire ce pas en avant, on a reculé, la CGT a quitté la Fédération.

En Inde, au congrès de New Delhi en 2000, c’est la même expérience : pas de nouveau. Il y a eu un commencement de revirement en 2005, à La Havane, un commencement de modification. Aujourd'hui, les résultats sont positifs mais ce n’est pas suffisant ! Pour les travailleurs du monde entier, sous pression conjointe du capital et des réformistes, des syndicats sociaux-démocrates et des consens qu'ils font avec le capital, il y a un vide.

Si la FSM ne remplit pas ce vide d’autres vont le remplir…

Et maintenant ?

On considère que les Grecs, que Mavrikos est un très bon camarade militant qui va dans ce sens ; mais s’il n’est pas entouré par une équipe, un secrétariat qui partage la même conception, nos pas en avant seront très faibles et très minimes.

 

Et là, le changement, il a lieu ou pas ? Le secrétariat, c’est combien de personnes ?

C’est 5 personnes. Il n'y a pas de changement dans le secrétariat en ce qui concerne la représentation des pays : ce sont la Syrie, Cuba, l'Inde, le Soudan et Chypre.

On espère, on souhaite qu'on va pousser vers ce changement. Si à Athènes il y a un quart ou un cinquième de changement, nous allons nous battre…

Vous mettez l’accent sur la lutte idéologique ?

Bien sûr, après cette crise profonde du capitalisme, cette exploitation barbare, on ne peut plus trouver des solutions aux travailleurs, aux masses populaires par des concessions ; on ne peut plus, il faut radicaliser, ça y est ; la solution n’est plus économique, elle doit être  politique…

Vous êtes rattaché à quelle base régionale de la FSM ?

Celle du Moyen-Orient ; c’est nous qui avons proposé la création d’un bureau au Moyen-Orient. C’était un Libanais de la FENASOL qui était responsable de ce bureau. Puis, ce bureau s’est positionné à Damas, avec une prise en charge financière des locaux (loyers, téléphone…) par les syndicats syriens, et toujours un responsable libanais. Mais un an, deux ans après, notre camarade est parti et un Syrien l’a remplacé.

Mais le bureau aujourd'hui est presque paralysé, il ne fait rien ! Il ne fait absolument rien !

Nous avons posé ce problème. Avant de venir ici, au conseil présidentiel, dans notre intervention, ouvertement. Il faut une action régionale parce que c’est plus près des travailleurs et des syndicats.

En ce moment, le monde arabe fait face aux mêmes problèmes partout. Le peuple veut faire tomber le régime, on voit les mêmes slogans, les mêmes réformes exigées partout… contre le chômage, la pauvreté… !

Il faut des initiatives des bureaux

Le bureau régional doit travailler sur le terrain avec les gens, les syndicats et faire des initiatives. La FSM, en tant que centre, peut faire un communiqué, un mail ; tout au plus le secrétaire général vient à une manifestation, peut faire une conférence, tandis que syndicats en place dans une région, c’est à eux d’assumer la responsabilité du travail quotidien.

Vous critiquez donc ouvertement l’inaction du bureau du Moyen-Orient ?

Oui !

La Fenasol a critiqué la faiblesse de l’activité du bureau régional, car c'est la responsabilité de tous de dynamiser ce bureau !

EN France, l’idée dominante est que FSM a sombré avec l'URSS…

Ce petit changement qui a eu lieu à La Havane, en 2005, a fait que les Brésiliens et les nouveaux Indiens ont rejoint la FSM. Un changement vers l’avant, ça mobilise d’autres gens ! Il y a des gens qui attendent !

Les syndicats reformistes n’offrent pas de perspectives dans la crise !

Ni au niveau international (CES, CSI), ni au niveau régional, ni au niveau national. Au Liban, on a la CGTL, qui regroupe toutes les fédérations et les syndicats et qui depuis quinze ans a les mains croisées.

Les relations avec la CGT

On a d'excellentes relations avec la CGT. Quels ques soient les changements. Mais ce n’est plus la CGT d’avant, combative, de classe… Simplement, ca, on respecte, c’est l’affaire des travailleurs français qui décident comment ils veulent leur syndicat.

Mais on conserve cette relation basée sur la soildarité.

Vous pensez que la CGT peut revenir dans la FSM ?

Chaque année, chaque fois que l'on reçoit une délégation de la CGT ou quand nous allons en France, la Fenasol pose la même question, depuis le retrait de la CGT  : il faut que la CGT revienne à la FSM parce que si elle revient, ce sera un nouvel élément qui peut faire bouger les choses vers l’avant.

Sinon, si vous voulez rester (à la CES/CSI), on respecte… MAIS

 

Entretien du FSC avec Hamdan Hassan, de la Fenasol au Liban.

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