Dans les rêves de Carlos Ghosn

Publié le par FSC

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Il ne faut jamais prendre les propos de Carlos Ghosn à la légère. Il y a quelques mois, lorsque PSA avait annoncé ses intentions de fermer Aulnay et supprimer des milliers d’emplois, le PDG de Renault n’avait pas caché que le constructeur qui dégainerait le premier son plan de restructuration donnerait le signal aux autres. Eh bien nous y voilà et c’est le jour où s’ouvrait le Mondial de l’Automobile que Carlos Ghosn a déclaré que Renault n'est pas à l'abri de disparaître, du moins «sous sa forme actuelle» et d’en appeler aux pouvoirs publics à améliorer l'environnement économique de ses usines françaises. Interrogé sur RTL sur le risque que Renault puisse «disparaître», le dirigeant a répondu: «  Je ne connais aucune entreprise qui soit viable, qui puisse prospérer à partir d'une base qui ne soit pas compétitive. (...) La base naturelle de Renault, c'est la France».

«Bien sûr, le danger est réel. Je ne vous parle pas d'un danger à trois mois ou à six mois (...), je suis obligé de réfléchir (...) sur des échéances de trois ans, de cinq ans et de dix ans», a-t-il ajouté, au lendemain de ses déclarations au quotidien Le Figaro, où il qualifiait l'amélioration de la compétitivité de la France de «sujet de survie» pour Renault. Ces propos ont une double signification. D’abord ils font peser une lourde menace sur les salariés de Renault, de ses filiales et sur ses sous-traitants, ensuite ils ont vocation à peser sur l’action du gouvernement. Nul doute que cette dramatisation prépare le terrain d’annonces sévères et qu’elle a pour fonction aussi de provoquer une sorte de résignation chez les salariés. Cette irruption dans le débat sur la compétitivité n’est pas fortuite. Une fois de plus on veut nous faire croire que c’est le travail qui coûte en oubliant que depuis des années ce sont les actionnaires qui émargent les premiers. En passant sous silence le fait que la masse salariale dans le prix d’une voiture est aujourd’hui en dessous des taxes prélevées par l’Etat. Ainsi chez PSA, le coût du travail représenterait autour de 8% du prix d’un véhicule contre 18.6% de TVA. Cherchez l’erreur ! Assurément, en votant pour changer de politique économique et sociale, les Français n’ont pas plébiscité les rêves de modèle social low-cost de Carlos Ghosn et Laurence Parisot. Faut-il se rassurer lorsque le Premier ministre Jean-Marc Ayrault déclare jeudi sur France 2 que «le coût du travail n'est pas un sujet tabou», ajoutant que ce n'est qu'«une partie du problème» de la compétitivité des entreprises françaises ? «Mais limiter la compétitivité de nos entreprises à la seule question du coût du travail, c'est une fausse réponse, ce n'est pas une réponse digne», a-t-il ajouté, alors que des chefs d'entreprise pressent le gouvernement de donner plus de flexibilité au travail. Toute la question, c’est de savoir qui de ces grands patrons ou des salariés auront le dernier mot. Rendez-vous le 9 octobre pour une première réponse syndicale lors d’une journée européenne pour l’emploi et l’industrie…

 

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