DÉCLARATION CGT ALSTOM AU COMITE GROUPE France du Mardi 15 Janvier 2008

Publié le par FSC



Depuis plusieurs semaines nos organisations CGT ont posé l'exigence d'une politique salariale basée sur des augmentations générales, afin de rattraper la perte de pouvoir d'achat dans le groupe Alstom. La coordination des syndicats CGT du groupe a élaboré une grille montrant la perte subie depuis 20 ans. Cette grille a été distribuée dans tous nos établissements en France le 22 novembre 2007.

Partant de là, notre représentant syndical CGT, au Comité de Groupe, a sollicité la Direction Générale d'Alstom, le 21 novembre, pour que les syndicats puissent négocier rapidement l'augmentation générale des salaires, au niveau central, sur la base de cette grille unique de l'ouvrier au cadre, grille qui démarre au niveau du SMIC actuel.

La Direction Générale a accepté une entrevue préliminaire le 18 décembre 2007. Au cours  de cette réunion R. Mahler, bras droit de P. Kron , accompagné de N. HURET avait répondu par une fin de non-recevoir aux organisations syndicales venues lui réclamer, notamment la CGT, l'ouverture des NAO pour l'ensemble du groupe sur la base d'une augmentation générale.

L'année passée cette politique avait conduit la direction du groupe à cadrer les augmentations dans les filiales à hauteur de 2.8 %. Les filiales ont été chargées de répartir cette enveloppe de misère. La plupart des filiales ont privilégié l'individualisation totale et refusé jusqu'au principe d'une augmentation générale. Cette situation a conduit la quasi unanimité des organisations à condamner un simulacre de négociation.

Questionnée sur cette question la direction a évoqué une enveloppe globale à peine supérieure à l'inflation. Nous ne pouvons pas accepter de repartir aux négociations cette année dans les même conditions, c'est pourquoi nous exigeons la reprise des discussions au niveau corporate avant toute négociation filiales par filiales. La CGT a d'ores et déjà annoncé qu'elle ne participerait pas à la réunion convoquée demain par la filiale transport.

C'est pourquoi nous réaffirmons aujourd'hui notre exigence d'une nouvelle réunion de cadrage au niveau du groupe. Nos revendications portent sur les exigences suivantes :

- le retour des augmentations générales et la définition d'un talon,

- une hausse plus importante de la masse salariale que celle pratiquée l'année passée

- une politique salariale moins défavorable aux bas salaires,

- le refus de voir la participation et l'intéressement se substituer à une part croissante de nos salaires.

- une remise à niveau des salaires de chaque salarié en se basant sur la proposition de grille unique présentée par la CGT

Il est clair que ces exigences ne seront pas discutables pour la direction des filiales. Elles sont absolument contraires à vos directives.

Nous avons pleinement conscience que la direction d'Alstom  a engagé l'épreuve de force avec l'ensemble des organisations syndicales. Pour notre part nous allons continuer à nous mobiliser avec les salariés.

Nous vous demandons de bien vouloir confirmer cette information trouvée sur le site internet Tradingsat.com : - La chute que subit Alstom depuis deux séances attire l'attention. Son ampleur alimente les inquiétudes, les investisseurs cherchant la cause de cette brutale correction sur une valeur qui a beaucoup enrichi ses actionnaires au cours de ces dernières années. Patrick Kron fait partie de l'un de ces heureux bénéficiaires. Le Président Directeur Général d'Alstom a récemment déclaré à l'AMF avoir souscrit

100 000 actions de la société à un prix unitaire de 17.20 euros le 18 décembre dernier. ...

Cette levée d'options inquiète pourtant certains investisseurs, qui estiment que le dirigeant pourrait prochainement céder ses titres sur le marché.

On rappelle que P. Kron a payé chaque action 17.20€. Ce jour là l'action valait 141.70€. Etant libre de la revendre le jour même notre PDG peut réaliser un bénéfice de (141.7-17.2) x 100 000 = 12.45 millions d'euros sur la base des richesses que nous avons créées. Si cette argent était réparti entre tous les salariés cela représenterait 190 € pour chacun des 65 000 salariés du groupe. Sans compter les 450 000 stock-options dont il dispose encore, soit plus de 56 MILLIONS d'euros de profits potentiels.

Une telle attitude  est jugée indécente par tous nos collègues. On est bien loin de la propagande officielle qui veut que les salariés soient associés au devenir du groupe Alstom. Il se confirme qu'ALSTOM SHARING PLUS est destiné à tromper le plus grand nombre. La réalité derrière la présentation que nous offre notre direction, en conformité avec celle que nous rabâchent quotidiennement le gouvernement et les médias, tous bras dessus dessous, est différente. Nous, salariés, recevons un salaire qui doit nous permettre à "vivre", c'est-à-dire, à retourner de jour en jour à l'entreprise pour travailler. Le produit du travail appartient à ceux qui possèdent tout au départ, en premier lieu les moyens de production, c'est-à-dire les entreprises.

Un jour ces mécanismes fondamentaux devraient être chamboulés. En attendant, nous usons nos forces pour ceux qui, comme P. Kron et les actionnaires, nous commandent. Notre combat quotidien, c'est de faire payer le plus cher possible ce fait.

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