Déclaration du Front Syndical de classe : Enraciner, élargir.

Publié le par FSC

logo-FSC.jpg

 

Enraciner, élargir

 

 

Le gouvernement et le MEDEF associés dans la gestion des affaires du pays, inféodés aux directives euro-patronales pour détruire les acquis sociaux, avaient espéré pouvoir faire passer leur contre-réforme des retraites en ne rencontrant qu'une résistance de faible intensité et en comptant sur des confédérations jugées « responsables » et capables de « tenir leurs troupes ».

 

Le monde du travail, échaudé par la stratégie des seules manifestations répétées jusqu’à l’usure, a pris ses affaires en mains. Le résultat est là avec la force du mouvement actuel regroupant massivement salariés du privé et du public, enseignants, étudiants, lycéens, la jeunesse déjouant le piège tendu depuis des années pour opposer les générations en portant ce mot d'ordre admirable : « la retraite, nos parents l'ont gagné, on se battra pour la garder ». 

 

Sarkozy avait bien annoncé le recul de la mobilisation dès le 23 septembre mais rien n’y a fait : la base a commencé à construire une mobilisation qui prend aujourd’hui une ampleur considérable : des millions et des millions de grévistes et de manifestants le 12 octobre (une des plus grosses journées d’action de l’après-guerre), les 2/3 de la population souhaitant un durcissement du mouvement, des grèves reconduites dans de nombreux secteurs clés de l’économie (transports, raffineries, ports, métallurgie…), des AG sectorielles et interpro dans tous les départements pour débattre des suites, des formes de lutte variées (ici la grève reconductible et le blocage, là une manifestation spontanée, ailleurs une grève tournante…), la jeunesse lycéenne et étudiante qui construit sa mobilisation et la jonction avec les travailleurs… Devant cette détermination massive qui peut encore s’élargir (petits agriculteurs, pêcheurs…),  le front uni des confédérations résiste à l'envie de certaines de déserter le combat. 

 

Le mouvement exceptionnel qui se lève est fondé sur la conscience désormais bien ancrée qu’il faut frapper là où le capital et ses laquais sont les plus fragiles : les profits des grandes entreprises capitalistes. Et qu’il faut enraciner et élargir le mouvement à la fois en faisant confiance à l’intelligence des travailleurs en lutte prenant leur combat en main et en regroupant toujours plus largement autour des revendications communes : la défense des retraites bien sûr mais aussi de l’emploi, des salaires, des services publics, de la Sécu… : on n’en peut plus et on n’en veut plus de ce pouvoir des richards qui se vautrent dans les milliards volés au peuple travailleur pendant que celui-ci vit au quotidien les licenciements, l’exploitation renforcée, les salaires de misère, les prix qui augmentent, les services publics laminés, la santé de plus en plus chère…

 

Et le mépris du peuple qui suinte de tous ces « éditorialistes » et autres « grands journalistes » grassement payés par les Lagardère, Bouygues, Bolloré, Rothschild… ne pourra qu’aviver la colère en faisant la démonstration qu’il y a bien d’un côté la France des travailleurs et de la jeunesse populaire et de l’autre celle du grand capital et de tous ses chiens de garde, et que le moment présent est celui d‘un affrontement décisif entre ces deux France.

 

Salariés du privé et du public, étudiants, lycéens, ce pouvoir qui étrangle le peuple ne cédera que face à un mouvement exceptionnel. Poursuivons l’offensive avec détermination pour mener la lutte sous différentes formes, organiser les blocages, assurer le soutien des grévistes en reconductible, diffuser les informations, construire la suite en tissant des liens entre tous les secteurs combatifs pour organiser un mouvement qui rassemble toujours plus autour de lui.

 

Comme ce fut le cas en 36, 68 ou 95, c’est la base qui a l’avenir du mouvement entre ses mains. Sous toutes les formes décidées en bas, la France des luttes ne doit pas laisser de répit au MEDEF et à Sarkozy.

 

Front Syndical de Classe, 13 Octobre 2010

Publié dans Luttes - actualités

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Le Pivert 14/10/2010 08:43


Je viens de lire votre communiqué et j'ai lu hier celui de la confédération CGT.
Ce n'est pas à la base seule de porter la responsabilité du mouvement. Certes, il est nécessaire que se tiennent partout des AG, si possible interpro, mais ce n'est pas une catégorie seule qui
pourra faire gagner tous les salariés avec la grève par procuration. Dans de nombreux secteurs, les travailleurs sont prêts et la confédération CGT (avec la FSU, SUD et FO) doit appeler à la grève
générale interprofessionnelle jusqu'à satisfaction. Sinon, à quoi servirait-il d'être syndiqué dans une confédération ? Il est une nouvelle fois scandaleux ( après le 24 juin, le 7 septembre, les
deux jours d'octobre) que la CGT n'appelle pas à la grève : n'est-ce pas pour préserver le syndicalisme rassemblé avec Chérèque qui a depuis longtemps capitulé et qui se contentera(it) d'un report
en 2018 du passage à 67 ans pour les femmes ayant élevé des enfants ? De plus, le seul mot d'ordre fédérateur c'est celui du retrait du projet de loi que la confédération refuse toujours de mettre
en avant. Ce projet n'est ni amendable, ni négociable et les salariés, massivement, n'en veulent pas : il doit être retiré ! De l'argent pour la Sécu et les retraites, il y en a : les salariés en
sont persuadés et il n'est guère nécessaire d'en faire la démonstration. Les 100 milliards d'exonérations annuelles suffiraient largement : restitution du salaire différé.