GRECE : LA RESISTANCE S’ORGANISE

Publié le par FSC

Source : "solidaire" Belgique

 

Des comités populaires se constituent un peu partout en Grèce : dans les quartiers populaires d’Athènes, les villes de province, les îles... Des ouvriers, des paysans, des indépendants, des femmes et des jeunes se mobilisent pour organiser la résistance au quotidien. Cécile Chams

Les restrictions budgétaires et la misère qui en résulte, c’est le quotidien de nombreux grecs. Des comités populaires prennent les problèmes des quartiers en main. (Photo Tilemahos Efthimiadis)

« Il y a quelques jours, notre Comité a pu obtenir le rétablissement de l’électricité pour une famille », explique Alekos Perrakis, membre du PAME, le syndicat des travailleurs proche du KKE (Parti communiste de Grèce). Il est l’un des animateurs du Comité populaire de Kallithea, un quartier populaire d’Athènes.

« L’objectif des Comités populaires est la coordination et la mobilisation des gens touchés aujourd’hui par l’attaque brutale du gouvernement et des capitalistes. C’est important de ne pas limiter la lutte au lieu de travail et de la mener aussi dans les quartiers. » Le Comité de Kallithea rassemble ainsi des syndicalistes, des associations locales, des indépendants, des étudiants, des femmes, des retraités...

« Nous cherchons à résoudre les problèmes au niveau du quartier, à obtenir des réponses immédiates. Les propositions d’action viennent des gens eux-mêmes, des associations membres, du contact avec les gens. »1 Résoudre des problèmes aigus

Dans ce quartier, comme dans d’autres d’Athènes et dans d’autres villes, les Comités populaires organisent la mobilisation sur l’accès aux soins de santé. Ils revendiquent des soins médicaux gratuits et le refinancement des hôpitaux publics. Dans le quartier de Peristeri, le Comité a obtenu la suppression du paiement de 5 euros qui était imposé pour toute consultation à l’hôpital. A Kallithea, l’accent a été mis sur l’accès aux soins pour tous les chômeurs. A Larissa, une ville du centre de la Grèce, les retraités du Comité populaire ont occupé les bureaux de la Sécurité sociale. Ils ont exigé de rencontrer le directeur. Face à leur colère et leur détermination, ce dernier a dû les rencontrer.2

Tous les travailleurs et les familles modestes de Grèce sont touchés par les mesures d’austérité. « Il suffit de penser aux centaines de licenciements tous les mois, explique Giorgos Skokos, du Comité populaire de Larissa. De nombreux travailleurs sont en retard dans le paiement de leurs charges. Des entreprises ont fermé et d’autres se préparent à des licenciements massifs. Les entreprises familiales sont inquiètes pour leur survie. Il suffit de marcher dans les rues du centre ville pour voir les dizaines de magasins fermés. Et dans nos villages, on peut voir de nombreux terrains non cultivés, négligés.

Les problèmes sont communs à tous les travailleurs. Ils touchent autant les villes que les villages. Les ouvriers réclament de meilleurs salaires et conditions de travail, les agriculteurs de meilleurs prix pour leurs produits, les indépendants de meilleurs revenus. Le chômage, la pauvreté et la misère frappent sans discernement à la porte de chacun. C’est pourquoi nous devons créer les conditions d’une contre-attaque populaire générale. L’action commune est notre point de départ. Elle consiste à rassembler et à organiser les gens, en vue d’un soulèvement populaire. Grâce à notre lutte commune, nous pouvons désigner la richesse que nous produisons tous, dans le but de l’utiliser pour répondre à nos besoins. »3

 

1. Rizospastis, 27 février 2011. 2. Rizospastis, 5 février 2011. 3. Rizospastis, 2 septembre 2010.

 

Les Comités populaires se donnent rendez-vous le 8 mars pour la Journée des Femmes. Avec toutes les organisations populaires proches du Parti communiste : PAME (Front militant des travailleurs), PASY (organisation des agriculteurs), PASEVE (indépendants), MAS (étudiants), OGE (femmes). « Ouvrière, indépendante, agricultrice, chômeuse, jeune femme, immigrée, vous avez l’énergie, allons-y ! Nous les femmes, les jeunes, les mères, sommes les principales victimes des attaques brutales de la bourgeoisie, de l’Union européenne, du gouvernement grec et des partis de la voie unique européenne. Nous ne les laisserons pas faire. Nous refusons de payer pour les capitalistes responsables de la crise. »

Publié dans Luttes - actualités

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