Grèce : Une chronique des événements : grève massive du PAME – une réponse à l'offensive brutale contre le monde du travail

Publié le par FSC

Source : http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Le grève générale du 15 juin, qui a été organisée par le PAME, qui a joué un rôle-clé sur les lieux de travail et dans les manifestations et les grèves où les forces de classe avaient une nette supériorité, contre la nouvelle offensive contre le monde du travail d'un gouvernement qui soutient les intérêts du grand capital avec l'appui de l'UE et du FMI, a été un succès.



Les mesures qui sont détaillées dans le « programme à moyen terme » comprennent de nouvelles réductions salariales et des licenciements, l'augmentation du temps de travail, l'extension du travail flexible, une hausse de la TVA de 13 à 23%, de nouveaux fardeaux pour les indépendants, des coupes dans les retraites, des coupes brutales dans les allocations sociales, des privatisations etc. Ces mesures vont détruire nos droits et répandre la misère et la pauvreté.



La réponse a été apportée par la classe ouvrière même et les couches populaires avec la grève du 15 juin.



Les grosses usines, de nombreuses entreprises, les organismes d'Etat, les transports publics, les ports ont été paralysés pendant 24 heures. Les forces sur des positions de classe ont lutté dès l'aube pour défendre la grève contre l'intimidation et les pressions exercées par les patrons. Avec les piquets de grève qu'ils ont monté sur de nombreux lieux de travail, elles ont joué un rôle crucial dans le succès de la grève.



A Athènes, le PAME (Front militant unitaire des travailleurs) a organisé une manifestation massive dans le centre-ville qui fut impressionnante tant en termes de participation et de militantisme et bien plus importante que les rassemblements des directions de collaboration de classe des Confédérations syndicales du privé et du public (GSEE et ADEDY) aussi bien que ceux des « citoyens indignés ». De la même façon, des manifestations de masse ont été organisées par le PAME dans 67 villes aux quatre coins du pays. Symptomatique le fait que lorsque la tête de la manifestation Athénienne a mis les pieds sur la place Syntagma, les derniers manifestants étaient encore au point de départ. La manifestation s'est déroulée d'une façon organisée et sécurisée empêchant ainsi les agissements des provocateurs de toute sorte et des appareils de la bourgeoisie.



Alekos Arvanitidis, membre du secrétariat exécutif du PAME, principal intervenant lors de la manifestation place Syntagma, a mentionné entre autres choses :



« Ils rencontrent déjà des difficultés à cause de la lutte populaire et de l'indignation. Désormais, nous avons besoin d'une lutte plus coordonnée et plus précise. Cela ne suffit pas de vouloir en finir avec le mémorandum ; nous devons en finir avec les politiques qui engendrent le mémorandum. Le PASOK et la ND doivent recevoir un coup puissant. L'heure de la lutte est venue; nous devons mettre en avant l'exigence de la sortie de l'Union européenne.



Nous ne consentons pas, nous n'assumons aucune responsabilité dans les plans de la ploutocratie. Nous luttons afin de préserver la vie des familles populaires et ouvrières, afin de sauver le peuple de la pauvreté. Plus d'intimidations et de manipulations. La ploutocratie et le capitalisme doivent être mis en faillite.



Nous devons lutter jusqu'à la rupture avec cette politique ; pour une politique qui satisfasse les besoins actuels du peuple ; pour des changements et des ruptures qui mènent le peuple au pouvoir. Nous avons besoin d'un mouvement sur des positions de classe qui soit organisé et déterminé à lutter jusqu'à la fin. Aucun rouage ne peut tourner sans les travailleurs. Nous pourrons le faire dès que le peuple aura saisi son pouvoir, dès que le peuple aura décidé de faire usage de son pouvoir et d'en user correctement !



Nous ne reconnaissons aucune dette. Toute la dette est illégale et elle appartient à la ploutocratie. Nous n'avons pas à accepter que nous ayons à payer un seul centime, un seul euro. La ploutocratie doit payer. Désormais, nous devons lutter pour la sortie de l'UE. Nous devons quitter cette alliance des monopoles prédatrice. Le peuple ne doit pas attendre autre chose de l'UE. L'heure est venue pour le peuple de prendre sa vie entre ses mains.



Sur cette estrade, nous aimerions exposer notre approche critique concernant l'expression d'une indignation chez certaines personnes, le mouvement auto-proclamé des « citoyens indignés ».



Cela ne suffit pas de dire « Je lutte pour la démocratie », si vous n'exigez pas simultanément la démocratie sur le lieu de travail, la démocratie pour qui, quelle classe cette démocratie sert, et surtout si vous ne luttez pas contre la dictature des monopoles.



Les mots d'ordre « Pas de partis-pas de syndicats » qui sont mis en avant par certains groupes, par les « mouvements sur les places » ont un contenu réactionnaire ; ils créent la confusion ; ils constituent un pas en arrière pour le mouvement.



La mise sur un pied d'égalité du PAME avec la GSEE et l'ADEDY est un acte qui ignore l'histoire de la lutte de classe et ne sert que les exploiteurs.



Donc, de quelle sorte de mouvement avons-nous besoin ? Un mouvement pacifique, un mouvement de protestation calme, un mouvement qui se contente simplement de gestes de la main dédaigneux ? Ou un mouvement de rupture, de lutte et révolutionnaire ? Un mouvement « indépendant-autonome » ou un mouvement sur des positions de classe qui sera indépendant de toute influence politique et idéologique de la bourgeoisie ? Un mouvement avec les monopoles ou contre les monopoles.



Un vague mouvement qui luttera pour la gestion du système et échouera à cause des manœuvres du système politique et social existant ou un mouvement qui donnera aux luttes quotidiennes la perspective d'une autre société qui servira les besoins du peuple ?



C'est le mouvement dont nous avons besoin aujourd'hui, un mouvement qui sera une épine dans les flancs de la ploutocratie », a conclu le dirigeant du PAME.

Publié dans International

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