Jean Ferrat est mort…

Publié le par FSC

Jean Ferrat, le poète, le chanteur, le compagnon de route du PCF est mort, il est décédé samedi 13 mars à l’âge de 79 ans des suites « d’une longue maladie ».

C’était un poète, un humaniste et un communiste, un homme indivisible comme le disait de lui-même le poète Pablo Neruda.  Jean Ferrat  a interprété Aragon,  de cette voix presque trop musicale dont il se moquait en se comparant à Tino Rossi, mais  il a voulu d’abord servir avec modestie  le grand Aragon… Et la rue s’est approprié le poète et a fredonné « que serais-je sans toi? » sur l’air dans lequel Ferrat avait enchassé les mots.  Il lui consacre deux albums en 1974 et 1995. Mais il n’a pas fait que servir Aragon, et d’autres, il était était l’auteur-interprète et compositeur de quelque 200 chansons qui le font lui-même être un grand poète.


 
Il était né le 26 décembre 1930 à Vaucresson (Hauts-de-Seine), il s’appelait Jean Tenenbaum, il avait  11 ans lorsque son père, juif venant de Russie, a été déporté, ce sera la nuit et le brouillard sans retour: « ils étaient vingt et cent… . L’enfant est sauvé grâce à des militants communistes, ce qu’il n’oubliera jamais. A la Libération, il ne poursuit pas ses études pour aider sa famille, et devient aide-chimiste jusqu’en 1954, date à laquelle il passe ses premières auditions dans des cabarets parisiens.

 Dès le début des années 60, Jean Ferrat choisit d’interpréter des textes engagés, comme « Nuit et Brouillard » (1963), non diffusée par les radios, puis « Potemkine » (1965), interdite d’antenne. Il sera de nombreuses fois mis au placard par la télévision qui ne tolère pas ses engagements. Là encore son destin semble tissé dans la même trame que celui d’Aragon - que l’on disait être Aurélien aux liens, pour marquer sa totale fidélité à ses engagements aux côté du peuple, de son peuple de France, et au parti qui en sauvait l’honneur- Jean Tenenbaum de surcroît c’était  la vie du petit enfant juif… Il dira néanmoins ce qu’il pense au parti, comme a su le faire Aragon ainsi sa  chanson « Camarade » qui dénonce l’invasion russe de Prague en 1968 ou celle où il dénonce l’expression « le bilan globalement positif », sans jamais pourtant rompre le lien.

1968, c’est aussi le moment où il compose cet admirable poème « Ma France » celle dont monsieur Thiers a dit qu’on la fusille.
Il vivait en Ardèche, son épouse Christine Sèvres s’était éteinte en 1981, un de ses derniers passages à la télévision fut en 2003 chez Michel Drucker à l’émission vivement Dimanche, mais c’était pour défendre la chanson contre l’industrie du disque et les dangers qui pesaient contre la création. 

 Il avait un merveilleux sourire, lumineux et plein de retenue, à son image.  C’était  un   »promeneur solitaire » dans sa chère montagne d’Ardèche , rien de moins mélancolique que ce village d’Antraigue où il moquait « son sacré félicien »… Son bonheur, – il portait en lui une sorte de plénitude traversée parfois de cris de révolte comme un orage- était d’être loin de toutes les fausses valeurs et les corruptions… Les médias l’avaient souvent frappé d’interdit mais il en souriait dans sa moustache , s’en félicitant presque puisque quoique fassent les trompettes de la renommée médiatiques, jamais un seul coeur n’oubliait qu’il était là, chaleureux comme une flambée de bois de châtaignier…

Danielle Bleitrach

Nuit et Brouillard Jean Ferrat (Paroles) 03:30 – Il y a 2 ans youtube.com
Pour ne pas oublier le passé et ne pas le revivre dans le futur. Mise en garde: Certaines images peuvent choquées un public sensible. youtube.comRegarder cette vidéo sur youtube.comCette vidéo ne peut pas être lue à partir de cet emplacement. Visionnez-la sur youtube.com.Jean FERRAT chante ARAGON aimer à perdre la raison 02:34 – Il y a 2 ans youtube.com
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Jean FerratMa France 03:32 – Il y a 10 mois youtube.com
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lieutet 17/03/2010 18:46


Et ouiJean FERRAT,nous a quitter cela et une grand perte.Mr Sarkosy vous avez pas été rendre hommage bien sur ce vrai personnage a déranger certaines personne de ce gouvernement mais n'empêche si
la FRANCE avait des gens comme Jean FERRAT et bien on serait heureux.


Blanc 17/03/2010 17:14


Bonjour,
Avec la disparition de Jean, c’est une part magique de mon enfance qui disparait, bien que certaines de ses mélodies resteront gravées à jamais dans ma mémoire, en particulier celles accompagnant
les textes de Louis Aragon, mais pas seulement. Simplicité de l’homme que je ne connaissais pourtant pas personnellement mais qui transparait à travers les témoignages de ceux qui le cotoyaient,
ténacité du progressiste qu’il était et talent de l’artiste... cela donne envie d’avoir une existence qui ressemble à la sienne, surtout en sachant à quel point il croquait dans la vie à pleines
dents. Je suis né en 1968 et je n’oublierai jamais ses chansons que ma mère, très marquée également par sa disparition, et mon père, instituteurs de l’école publique du petit village de
Saint-Clément les Places dans le Rhône, passaient souvent sur le tourne-disque ou le magnétophone. Elles ajoutaient un surcroît de beauté à nos instants de vie et donnaient un supplément de courage
pour affronter les difficultés. Jean Ferrat était l’un de ces très rares artistes qui, sans être présent parmi nous, faisait pour ainsi dire partie de la famille, et en demeura membre toujours. Il
y a quelques années, j’ai traversé en un après-midi et un soir cette belle région des monts d’Ardèche. Ce faisant, j’ai pensé aussitôt à lui, acquiescant en mon for intérieur au choix de son cadre
de vie. Probablement un jour viendrai-je à Antraigues pour un moment de recueillement et un hommage personnel silencieux. Jean Ferrat n’est plus, cependant son oeuvre lui survit à jamais. Pour moi,
à jamais elle me ramènera à l’univers merveilleux des premiers âges et restera, je l’espère, source de motivation. pour avancer dans la vie, seul ou avec d’autres, en espérant contribuer à bâtir
une société meilleure et plus juste.