L'Incorruptible

Publié le par FSC

 

La grande figure révolutionnaire, l'incorruptible ne cesse d'être mis en cause, caricaturée.

Cela ne date pas d'hier.

 

Ainsi Albert Mathiez dans ses « études sur Robespierre » en 1920 dans sa conférence à l'Ecole des Hautes Etudes Sociales, note :

 

" il nous semblait difficile d'admettre que l'homme d'Etat, qui jouit de son vivant d'une popularité immense, telle qu'il n'y en eut peut-être jamais, et dont la mort laissa un tel vide que la République fût ébranlée jusqu'à la base, n'aurait été qu'un politicien médiocre dénué de talents ; il nous semblait impossible de croire que celui que les Sans-Culottes surnommaient l'Incorruptible n'aurait été qu'un ambitieux sans scrupules qui n'aurait eu de la vertu que le masque ".

 

Ces attaques, ces accusations, l'imputation d'être responsable de la Terreur, les caricatures récentes (jusque dans la reconstruction photographique récente en 3 D de son visage présentée sous un jour repoussant) les diatribes d'un Onfray comme les séries télévisées actuelles ne font que souligner une chose : La Révolution française de 1789 demeure un enjeu de mémoire et un terrain d'affrontement.

 

Ne s'agirait-il pas en fait de discréditer dans le présent toute tentative de transformation de la société et toute intervention populaire désignée comme dangereuse et génératrice de violence aveugle ?

 

Sous-entendu et message subliminal : "mieux vaut le statu quo présent en faveur des riches et de l'oligarchie que l'irruption du peuple sur la scène de l'histoire !"

 

Dans ce contexte on peut s'étonner comme le signale sur son blog « Canaille le Rouge » de la publication -sans commentaire- dans l'Humanité Dimanche d'un dessin de Charb qui assimile Robespierre à Hitler !

 

Robespierre.jpg

 

 

Lamentable dérive !

Et comment en cette heure où les questions sociétales servent le plus souvent de substitut à la question sociale, à la question du sort des plus démunis et du peuple d'une manière plus générale comment ne pas rappeler ces remarques de Mathiez : " Poussant à fond la pensée de Jean-Jacques Rousseau, Robespierre n'a pas crû que la démocratie résidât tout entière dans les seules formes politiques. Il a proclamé dès la constituante, que la démocratie serait sociale ou qu'elle ne serait pas la démocratie."

 

 

Et comment ne pas rappeler également ces admirables paroles de l'Incorruptible rapportées dans le texte déjà cité de Mathiez :

 

"les grandes richesses corrompent et ceux qui les possèdent et ceux qui les envient. Avec les grandes richesses, la vertu est en horreur, le talent même, dans les pays corrompus par le luxe, est regardé moins comme un moyen d'être utile à la patrie que comme un moyen d'acquérir de la fortune. Dans cet état de choses, la liberté est une vaine chimère, les lois ne sont plus qu'un instrument d'oppression.. Vous n'avez donc rien fait pour le bonheur du public si toutes vos lois, si toutes vos institutions ne tendent pas à détruire cette trop grande inégalité des fortunes..."

 

Alors à l'heure où la social-démocratie s'en prend cruellement à toutes les grandes conquêtes sociales issues de la résistance et du programme du CNR, où elle se place au côté du patronat et des multinationales, à l'heure où les inégalités explosent, n'est-ce pas cela que les classes dominantes et leurs valets ne lui pardonnent pas ?

 

Et la meilleure réponse que nous puissions opposer à tout ce beau monde n'est-elle pas de signer le manifeste pour un musée Robespierre à Arras, sa terre natale?

 

Pour un musée Robespierre à Arras

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article du blog de Canaille le Rouge

 

Publié dans Luttes - actualités

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