La vrai changement maintenant

Publié le par FSC

Nous avons viré un des enfants de Pétain, ses boss sont toujours là. Pour que nos vies changent vraiment, quelle voie  prendre ?

1) Quelle voie doit prendre le gouvernement ? Déclarations d'intention sur la justice sociale ? Gestes symboles comme le "smig" ministériel ? Coups de pouce pour quelques prestations ? Détricotage des contre-réformes, des privatisations, des agressions contre l'emploi, les services publics, le pouvoir d'achat, les retraites ? Sous prétexte de "réalisme", soumission continuée à leur crise, leur dette, leurs pactes, leur euro... et remise à "plus tard" du changement ?

2) Quelle voie doivent prendre les directions syndicales ? Certaines ont déjà répondu selon leur penchant : les contre-réformes des retraites ont spolié des millions de salariés... elles semblent se satisfaire d'une réparation partielle pour un petit nombre ; l'annulation des dispositifs anti-grève, de toutes les poursuites contre les syndicalistes, souvent la simple application de la loi contre les patrons voyous sont des urgences...elles étudient longuement leurs dossiers ; l'OTAN, dont la France est toujours membre, lance un dangereux (et ruineux) programme de missiles, attise des foyers de guerre...on attend toujours leurs commentaires ; quand aux perspectives, leur credo reste : dialogue social à froid, partenariat "raisonnable" et patience à toute épreuve. Gagner du temps, diviser et domestiquer le syndicalisme, c'est précisément ce qu'espère l'oligarchie dominante pour ses nouvelles offensives.
Ceux qui lançaient : "la vocation syndicale n'est pas de bloquer le pays" doivent enfin comprendre que le blocage du pa    ys, c’est la domination du capital ; ils doivent sortir de la bulle conciliatrice qui nous plombe ; le rôle du syndicalisme n'est pas d'accompagner  ou de cogérer les choix de l'adversaire de classe mais d'unifier les revendications en une plate-forme intersyndicale offensive, d’organiser la contre-attaque victorieuse du monde du travail.
Un syndicat peut intervenir sur le terrain politique à partir des mandats conférés par les travailleurs ; il ne doit pas privilégier les salons ministériels à l'organisation des luttes, encore moins se transformer en soutien de tel ou tel club politique. Combattre efficacement l'extrême droite ne peut se réduire aux valeurs antiracistes, encore moins au sauvetage d'élus d'une droite dite moins extrême ; pour que les salariés ou chômeurs abusés retrouvent le chemin de l'espoir commun, ils doivent constater un changement concret dans leurs vies ; cela passe par la défense du produire en France et des acquis de notre peuple contre la finance apatride et la normalisation européenne ; à l'inverse, continuer le renflouement des banksters et les cadeaux contre-productifs au grand patronat, laisser faire la casse industrielle et les délocalisations, abandonner les quartiers populaires, ce serait, comme en 1929, nourrir le pire.

La grande finance, ses supplétifs que sont l'UE, sa commission non élue, sa banque cherchent à maquiller leurs agressions, opposer les peuples pour imposer leur loi ; au nom de leur compétivité, ils ont déjà liquidé dans notre région le chantier de La Ciotat, la  mine de Gardanne, généralisé les low cost avec l'argent public, détérioré les services de santé et d'éducation...au nom de leur compétivité, ils récidivent : Air France, Arkema, Auchan, Carrefour, Fnac, Fralib, PSA, Renault, Sanofi, Société Générale...pendant que leurs médias détournent l'attention sur la politicaillerie, des dizaines de plans de guerre sociale sont déjà enclenchés.
 
3) Quelle voie prendre pour enrayer la nouvelle offensive des banksters, reconquérir les positions perdues et changer nos  vies? 
Défendre nos droits bien sûr, mais comment ? Orienter nos incontournables mobilisations vers des miettes concédées à tel secteur au détriment des autres ou construire le tous ensemble, en même temps, sur le fond, seule issue à leur crise ? Céder aux mythes démobilisateurs (Europe sociale, BCE et euro convertis au service des peuples) ou affronter leur Union européenne dont le but est le dumping social, l'austérité avec ou sans "croissance", la réclusion à perpétuité dans le capitalisme financier ? Inscrire nos revendications dans les carcans de la réduction des "déficits" (et non des profits), du sauvetage de l'euro (et non de l'emploi et des services publics) serait les condamner à l'échec ; laisser au capital les armes financières, institutionnelles et des délais pour son offensive, serait jouer contre notre camp. Toute illusion d'une "3ème voie", d'un "moindre mal", tout attentisme seraient suicidaires.
 Tirons la leçon des reculs subis sous les gouvernements maastrichtiens successifs : en 2005, contre les euro formatés, nous avons rejeté leur constitution européenne ; puis ils nous l'ont imposée frauduleusement ; aujourd'hui, ils la cadenassent ; ça suffit !
Croyons en nos propres forces : d'où viennent nos conquêtes ? En 1936, des occupations d'usine impulsées par la grande CGT de Benoit Frachon ; en 1968, encore de nos luttes.
Ne déléguons rien : nous avons élu des députés et des responsables syndicaux pour qu'ils portent notre parole, pas pour qu'ils décident à notre place.
Ce système est en crise structurelle profonde. Emploi, protection sociale, retraites, services publics, libertés...aucune avancée durable n'est compatible avec leur loi de la jungle, sanctifiée par leurs traités. Le président de la CES parle de "sauver le capitalisme" mais, partout, les peuples commencent à rejeter la fable de la moralisation-régulation du système.

Nous sommes héritiers de la Révolution Française, de la Commune, de la Libération. Avec les peuples en lutte, nous avons un monde à gagner. Si  nous le décidons, l'avenir nous appartient.

 

                                                                          René Barthes

 

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Le FSC n'est pas un pas un syndicat de plus ; au contraire, c'est une association interpro, crée par des militants, notamment CGT et FSU, qui travaille au tous ensemble contre le capital. Elle est membre de la Fédération Syndicale Mondiale. Renseignements : frontsyndical.classe@laposte.net  / J.Omer 11 rue de Tivoli, 13005 Marseille.

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