médias voyous ?

Publié le par FSC

Communiqué du SNJ CGT

 

Les medias (à quelques exceptions près) ont trouvé les responsables de la crise… Il y aurait pire que les patrons voyous, aujourd’hui les casseurs d’emplois seraient les grévistes et les syndicalistes qui refusent la violence des licenciements.

A lire et à écouter la plupart des  medias, les grévistes feraient
régner la terreur dans les ateliers de Psa à Aulnay-sous-Bois. Chez
Goodyear à Amiens, les salariés qui ont refusé « par dogmatisme »  des
conditions de travail et des salaires indignes auraient alimenté leur
propre malheur. Du Figaro à Libération en passant par les ondes
publiques et privées sont pointés du doigt  tous ceux qui résistent à
l’inhumaine loi du capital.

Dans un récent « Mots croisés » ayant pour thème le chômage, un des
invités, Benjamin Coriat, co-président des Economistes atterrés, a pu à
juste titre s’indigner de l’absence sur le plateau d’un représentant
de la CGT alors que ce syndicat était mis au banc des accusés.

Les citoyens ont besoin d’une information de qualité, qui donne à
comprendre les mécanismes de la crise, qui donne à entendre les
arguments et les propositions des syndicalistes.

Comme ils ont besoin de comprendre pourquoi la presse est absente des
kiosques, pourquoi les ouvriers de Presstalis défendent un système de
distribution coopératif et solidaire. Les lecteurs du Figaro
continueront de croire que les ouvriers de la distribution gagnent
plus de 5000 € mensuels  et qu’ils s’arqueboutent sur des emplois
fictifs. Ils ne sauront jamais que, depuis 1994, les effectifs de
Presstalis sont passés de 6000 à 2000 salariés et que 1250 postes doivent encore être supprimés. Ils ne sauront jamais que les salaires ne
dépassent pas les 2400 €. Les lecteurs de Libération ne le sauront pas non plus
d'ailleurs.

Nicolas Demorand, rédacteur en chef de Libération, a laissé claquer sa
colère contre les grévistes de Presstalis en écrivant «  qu’un kiosque
vide était une sinistre image dans un pays démocratique ».
 Pour une
fois, le SNJ-CGT sera d’accord avec lui : il serait effectivement
sinistre pour la démocratie qu’une fois Presstalis liquidé on ne puisse plus trouver, dans tous les kiosques et points de vente, tous les titres de son choix.

On veut faire croire à l’opinion publique que les casseurs sont les
salariés en lutte pour sauver leurs usines, leurs emplois.
Mais qui aujourd’hui met de l’huile sur le feu des luttes sociales
sinon le ministère de l’Intérieur qui tente de criminaliser les
grévistes et les syndicalistes en évoquant « des risques d’incidents
et les éventuelles menaces sur l’outil de production en cas de
radicalisation d’un conflit ».
 Pourtant, n'est-ce pas un jeune ouvrier d'Arcelor Mital qui vient
de perdre un œil d'un tir de flash-ball en pleine tête, avant de perdre son emploi ? CQFD.

Le SNJ CGT dénonce cette violente offensive lancée avec le MEDEF et
les patrons de presse contre les salariés et leurs syndicats en lutte,
de PSA à Presstalis.

Alors que de Bolloré à Dassault, de Lagardère à Bouygues et de Bergé, Pigasse Niels à Lucas, on "dégraisse" les rédactions, on concentre à qui mieux pour vendre une information light, qui lutte pour défendre le pluralisme?

 

Montreuil, le 8 février 2013

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