Préparation congrès FSU : la révolution culturelle annoncée par Sarkozy aux fonctionnaires depuis... septembre 2007 !

Publié le par FSC

Sarkozy a joué un très grand rôle dans l'élaboration de la Lolf (Loi organique c'est-à-dire à valeur constitutionnelle), sous le prétexte qu'il avait été ministre des finances. Si nous voulions vraiment mettre en cause la politique poursuivie par Sarkozy, il faudrait commencer par dénoncer la Lolf (il existe bien évidemment des questions de fond qui auraient dû nous faire lutter contre elles avant même qu'elle soit adoptée). Mais huit ans après, nous (La FSU et le SNESup) en sommes toujours au même point : pas de lutte frontale pour exiger l'abrogation de la Lolf. Il y a bien évidemment des raisons, qui sont d'ordre politique, ce qui n'aurait jamais dû être le cas pour un syndicat. Sachant que la droite a voté cette loi, ne pas s'opposer à la Lolf c'était laissé la bride sur le coup à la droite pour qu'elle puisse appliquer sa politique.

Toujours est-il que Sarkozy peu de temps après avoir pris le pouvoir en tant que Président de la République fit un discours fort remarqué le 19 septembre 2007 au cours duquel il annonçait une révolution culturelle dans la fonction publique.

Denis Lermercier


La révolution culturelle annoncée par Sarkozy aux fonctionnaires.

19 septembre 07



  • Confirmation du rôle de la Révision Générale des Politiques Publiques : pour supprimer des milliers d’emplois de fonctionnaires, il faut réformer l’Etat et la Fonction Publique.

« Avec la révision générale des politiques publiques, un dispositif sans précédent a été mis en place : 18 équipes d’audit composées de 200 auditeurs publics sont à pied d’œuvre pour proposer des réformes portant sur l’ensemble des mille milliards d’euros de dépenses publiques. Leurs propositions sont présentées chaque semaine à un comité de suivi co-présidé

par le secrétaire général de l’Elysée et le directeur de cabinet du premier ministre associant les ministres concernés. Je présiderai un conseil de modernisation des politiques publiques avec tous les ministres à la mi-novembre. Ces travaux continueront jusqu’en avril où aura lieu un second conseil de la modernisation des politiques publiques dont les décisions seront intégrées dans la préparation d’un budget pluriannuel couvrant la période 2009-2011. »

« Le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux ne peut être que la conséquence de la redéfinition des missions et du changement de méthodes et d’organisation. Le rythme de diminution des effectifs de l’Education Nationale sera fonction des progrès réalisés dans la remise à plat des programmes et des rythmes scolaires, qui est nécessaire à l’équilibre de nos efforts. »



  • Des fonctionnaires moins nombreux mais mieux payés, individualisation des rémunérations et HS.

« Je souhaite une fonction publique moins nombreuse, mieux payée, avec de meilleures perspectives de carrière. »

« Ouvrir le chantier de l’individualisation des rémunérations pour qu’il soit davantage tenu compte du mérite, de l’implication, de l’expérience, des résultats. »

« Mais avant tout il faut parler d’un sujet qui fâche, un de plus, les heures supplémentaires. (…) Elles doivent, comme dans le secteur privé, être mieux payées que les heures normales. Elles serviront par exemple à rémunérer les enseignants qui encadreront les enfants après la fin de la classe ou les fonctionnaires qui travailleront davantage pour que les guichets soient ouverts au public le samedi.
Je veux que toutes les catégories de fonctionnaires puissent avoir droit à des heures supplémentaires quel que soit leur statut. »



  • Mobilité

« Il faut que les ressources puissent être constamment redistribuées en fonction des nécessités. »



  • Fin des corps

« Le corps doit devenir progressivement l’exception. Je souhaite que ce soit dans la plupart des cas une gestion par métier qui prévale. »



  • Un « pécule » pour quitter la Fonction Publique

« Je suis favorable à ce que l’on ouvre à tous les fonctionnaires la possibilité de quitter la fonction publique contre un pécule, comme on l’a fait dans le passé dans certains secteurs de l’Etat pour en accélérer la transformation. »



  • Des contrats de droit privé

« Pour certains emplois de la fonction publique il serait souhaitable qu’on laisse le choix aux nouveaux entrants entre le statut de fonctionnaire ou un contrat de droit privé négocié de gré à gré. »



  • « Remettre de l’humain »

« Je voudrais remettre dans l’administration de l’humain, de l’individualité, de la différenciation dans la gestion de la fonction publique.
Ce que je voudrais, (…) c’est que l’on cesse de gérer des statuts et que l’on se mette davantage à gérer des hommes et des femmes. (…) c’est que l’on s’occupe davantage des personnes et moins des catégories. (…) c’est que le fonctionnaire en tant que personne ne s’efface pas derrière des textes, des indices, des procédures. »



  • Concours et évaluation

« L’individualisation des carrières, la révolution que constituerait une véritable gestion des ressources humaines, appelle bien sûr une autre révolution, celle de la formation continue, celle de la validation des compétences et en corollaire, je veux une réflexion sur la culture du concours et sur la notation. »



  • Un nouveau pacte avec les citoyens

« Ce pacte, je l’appelle SERVICE PUBLIC 2012, car cela ne se fera pas en un jour. Mais l’ensemble de ces engagements devront être tenus durant mon quinquennat. »



  • Fin des CAP et du paritarisme

« je propose d’organiser davantage le dialogue social dans l’administration autour du service plutôt que des corps, parce que le dialogue social ne consiste pas à passer en revue des centaines d’actes administratifs individuels mais à discuter ensemble d’une politique de gestion des ressources humaines. (…)Je suggère que l’on abandonne la composition strictement paritaire des instances de dialogue social, qui a mal vieilli. Que d’heures perdues à tant de formalisme au lieu de discuter vraiment des préoccupations des fonctionnaires ! »



  • Vers une réforme de la représentativité

« Je propose de favoriser partout la logique démocratique de l’élection. Je veux aussi poser la question de la représentativité, comme dans le secteur privé, pour conjuguer démocratie sociale et respect des différentes sensibilités syndicales. 

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