PSA - Rapport Sartorius : Une analyse très incomplète, Une conclusion inacceptable

Publié le par FSC

 

 

La CGT PSA Sochaux réagit au rapport Sartorius


 

On retiendra du rapport de M. Sartorius qu’il entérine l’arrêt d’une usine de production et se contente de dire  qu’il aurait préféré que ce soit les salariés de Madrid qui paient la note, plutôt que ceux d’Aulnay.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est un peu court. L’analyse de la situation ne va pas jusqu’au bout, en se contentant de répéter des lieux-communs sans s’interroger sur leur validité. Enfin le rapport n’esquisse aucune piste alternative. La CGT attend une étude plus sérieuse et moins orientée de la part de l’expert du CCE, et appelle les salariés à rester mobilisés pour défendre leurs emplois face à tous ceux qui voudraient les enterrer.

 

Un périmètre qui n’est pas anodin.


Au lieu d’analyser la situation globale du groupe PSA, le rapport tombe dans le piège d’une étude limitée à la « branche automobile », présentée comme déficitaire. Ainsi, le groupe PSA perdrait de l’argent à fabriquer des automobiles (entreprise PCA) mais en gagnerait en fabriquant les sous-ensembles (Faurecia), en transportant les voitures sur des trains et des camions (GEFCO) et en les vendant (Banque PSA finance). Cette analyse par le petit bout de la lorgnette, fait l’impasse sur les prix de transfert entre les sociétés du groupe qui permettent les vases communicants entre les différentes sociétés du groupe.

 

Quant aux comptes présentés pour le premier semestre 2012, les premiers éléments fournis par l’expert du CCE, montrent qu’ils ont été délibérément plombés par la direction PSA, afin de justifier son plan de casse, en utilisant des artifices comptables : jeu sur les provisions, et gonflement inédit des volumes passés en investissement. On peut s’étonner que ces éléments n’aient même pas été relevés dans le rapport de M. Sartorius.

 

Un constat résigné sur les pratiques de l’actionnaire familial.

 

Le rapport constate, que dans une période qui nécessitait de forts investissements pour le développement international et les véhicules du futur, les actionnaires ont préféré des distributions massives de dividendes (2,8 milliards d’euros) et une politique couteuse de rachats d’actions (3 milliards d’euros). (page 22 du rapport).


Mais le rapport n’en tire aucune conclusion sur la nécessité que l’actionnaire répare les dégâts qu’il a causés à l’entreprise. La CGT qui a depuis plusieurs années dénoncé cette gabegie a, en l’espèce, fait preuve d’une grande responsabilité économique. De même le rapport ne pointe pas que ces dividendes amassés par la famille Peugeot au sein de la société FFP, n’ont pas été réinvestis dans la branche automobile mais dans les vins de Bordeaux, les sociétés d’autoroutes, les instituts de sondage ou les chaines de maisons de retraite.

 

Le mythe des surcapacités

 

Le rapport reprend à son compte le lieu-commun des « surcapacités de production ». Mais sans la moindre analyse critique : Surcapacités par rapport à quoi ?

 

- Par rapport aux besoins ? Les besoins d’automobiles en France, en Europe et sur la planète restent immenses. Combien de millions de personnes voudraient une voitures ou en changer ? Sans même parler des délais d’attente des clients qui commandent un véhicule Peugeot ou Citroën.

 

- Surcapacité par rapport aux perspectives de ventes ? Le rapport, comme la direction PSA bâtit son argumentation sur la perspective de poursuite et d’aggravation des politiques d’austérité en Europe, qui plomberait pour longtemps le pouvoir d’achat des consommateurs. On notera que c’est en complète contradiction avec les déclarations du gouvernement qui prétend oeuvrer pour la relance de la croissance. Le rapport ne s’interroge pas non plus sur les raisons qui amènent une baisse des ventes du groupe PSA supérieure à la baisse des marchés automobiles. Cela aurait pourtant permis de s’interroger sur la stratégie de PSA qui préfère la marge au volume : « vendre cher plutôt que vendre plus », stratégie financière, qui coûte cher en matière de volume d’activité et d’emplois.

 

- Surcapacité en rapport avec le taux d’utilisation de l’outil industriel ? Le rapport reprend à son compte la volonté des actionnaires de rentabiliser au maximum le capital en fabriquant des voitures jour et nuit, semaine et samedi. La CGT ne s’inscrit pas dans une logique qui prive certains de travail tandis que d’autres devraient fabriquer les voitures la nuit ou le week-end.

 

- Surcapacité en rapport avec les charges de travail ? Le rapport n’aborde même pas la question des conséquences sur la santé des salariés des règles actuelles de production sur les chaînes de montage, qui ruinent pourtant la santé des milliers de salariés par l’explosion des TMS et des burn-out.

 

Quelles alternatives ?

 

Le rapport Sartorius constate que le plan de PSA n’est qu’un plan de réduction des coûts et de suppressions d’emplois mais qu’il ne présente aucune perspective crédible sur l’organisation des études et de l’outil de production pour les prochaines années.

 

Mais le rapport s’en tient à ce simple constat et renvoie à la fin des discussions entre PSA et GM.

 

Il en oublie de dire que ce plan de restructuration amènerait PSA à réduire le nombre de silhouettes produites, en raison d’un outil industriel rendu insuffisant par la fermeture d’un site. Ainsi la future T9 (remplaçante de la 308) n’aurait ni version 3 portes, ni coupé-cabriolet.

 

Il en oublie de dire que le plan du gouvernement d’aide à l’achat de voitures électriques n’a de sens que si la direction PSA lance la fabrication de véhicules électriques en France, au lieu de se contenter de les importer du Japon.

 

Le rapport n’étudie donc aucune piste alternative, ni en matière de répartition des productions, ni en matière de fabrications nouvelles. Il se contente de tenter d’opposer les salariés français et espagnols, en laissant entendre que la fermeture de l’usine de Madrid serait préférable à celle d’Aulnay.

 

La CGT attend une étude plus sérieuse et moins orientée de la part de l’expert du CCE, et appelle les salariés à rester mobilisés pour défendre leurs emplois face à tous ceux qui voudraient les enterrer.

 

La CGT PSA Site de Sochaux

 

Sochaux le 11 septembre 2012

Publié dans Luttes - actualités

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