PSA sous les projecteurs : il nous faut un plan de bataille !

Publié le par FSC

Retraite chapeau de Varin, Dongfeng, menace de suppression d’une chaîne de montage à Mulhouse et à Poissy


PSA sous les projecteurs : il nous faut un plan de bataille ! 

de Vincent Duse, PSA Mulhouse

 

Retraite chapeau de Varin, la nomination de Carlos Tavares-Iznogoud, l’ancien bras-droit de Carlos Ghosn, la question du rapprochement Peugeot-Dongfeng qui est tombé à l’eau, mais surtout les menaces qui pèsent sur les chaînes de montage, et par conséquent sur les emplois, à Mulhouse et à Poissy notamment.

 

Voilà les coordonnées qui marquent la situation face à laquelle il va falloir être à la hauteur si on entend faire ravaler ses attaques au groupe PSA, refuser ce jeu de Monopoly capitaliste que la famille Peugeot veut faire payer à tous les salariés du groupe PSA et à ceux de ses sous-traitants.


Une attaque au bulldozer contre les travailleurs de PSA

La nouvelle est tombée comme un couperet sur le salariés du site de PSA Mulhouse qui l’ont apprise par voie de presse, via le Figaro. Le journal l’Alsace n’a fait que confirmer la nouvelle sans autre prise de position ni démenti de la part de direction du site de Mulhouse ou du groupe PSA dans un premier temps.

 

Puis est venue la confirmation : la suppression d’une chaîne de montage serait à l’étude sur les sites de Mulhouse et de Poissy, là où la production annuelle n’atteint pas les 250.000 véhicules par an. Dans le cas du site alsacien, sachant que la production prévue pour 2014 est de 260.000 unités mais qu’elle tombera à 195.000 en 2015 et 190.000 en 2016, on peut sérieusement penser que « l’étude » est déjà complètement pliée.

 

L’enjeu serait de remplacer la chaîne de montage du « système 1 », qui produit aujourd’hui la C4, par un système EMP2, qui permet d’assembler plusieurs véhicules sur une seule et même chaîne, non sans avoir préalablement liquidé 1.400 emplois. C’est le panorama qui est face à nous. C’est en tenant compte de ces différents facteurs que, de toute urgence, il faut penser à un plan de bataille ouvrier et populaire pour s’opposer au massacre social programmé par le patronat.

Des emplois qui fondent comme neige au soleil

Ces rumeurs, puisqu’il ne s’agit que de « projets » et de bruits de couloirs pour l’instant, inquiètent à plus d’un titre les salariés de PSA Mulhouse, d’autant plus que les effectifs ont déjà baissé ces dernière années.

 

Il y a treize ans, alors que la production annuelle était de 450.000 véhicules, nous étions 14.700 à travailler sur le site. Aujourd’hui, l’effectif est tombé à 8.000, ce qui inclut les embauchés, les précaires et les intérimaires. Cela veut dire, en définitive, que nous faisons plus de véhicules avec toujours moins de monde. Mais fermer une chaîne dans une région comme l’Alsace où on ne compte plus les familles avec un membre au chômage, c’est criminel.

 

D’autant plus qu’il faut rajouter à cette menace qui n’est pas confirmée des « accords » qui eux sont bien réels, comme le PREC, et entraînent déjà des suppressions d’emploi avec plus de 273 départs sur le site de PSA Mulhouse. Sur la seule année 2012, ce sont prêt de 1.000 emplois qui sont partis en fumée, sans parler des licenciements maquillés des travailleurs en congé maladie par exemple.

 

Et la direction maintient la pression en terme de présentéisme et des cadences de travail infernales qui sont appelées à augmenter, comme sur la chaîne de production de la 2008 par exemple. Les collègues vivent la situation comme s’ils avaient une épée de Damoclès au-dessus de la tête, avec à chaque faux pas le risque d’une sanction pouvant aller jusqu’au licenciement.

« L’accord de compétitivité », autant de reculs pour les travailleur-euse-s

La cerise sur la gâteau, c’est bien entendu l’accord de compétitivité signé par l’ensemble des « syndicats » à l’exception de la CGT et qui doit être mis en œuvre début janvier 2014, avec son lot de reculs sans précédent pour l’ensemble des salariés, le blocage des salaires et le paiement des samedis travaillés obligatoires qui passe de 45 à 25%. Si nous faisons un petit calcul rapide sur le niveau de la perte de salaire, aujourd’hui, pour deux samedis travaillés, nous avons 142 euros.

 

Demain, avec le nouvel accord, nous tombons à 49 euros, les heures ne sont payées qu’en fin d’année et celles de deux samedis vont être basculées sur l’année suivante. Il y a aussi la fin de la subrogation en cas de maladie, laquelle prévoit le maintien du salaire quand le collègue est malade, ou encore l’over-time obligatoire, c’est-à-dire l’obligation de rester travailler sans en avoir été averti la veille de 30 minutes à une heure en cas de « besoin ». Et maintenant, il faut ajouter à tout cela le projet d’arrêt d’une ligne de montage.

La direction de PSA voudrait fermer des lignes de montage sans faire de vagues

Une première chose à avoir en tête : la direction de PSA est une direction de menteurs et de parjures. Après avoir touché des milliards de l’Etat en contrepartie de ne fermer aucun site, il y a eu la fermeture d’Aulnay. Lorsque la CGT du site a révélé le document secret annonçant le projet de fermeture, PSA a démenti, juré partout qu’il n’en était pas question. Quelque temps après, la fermeture a été actée. Et la direction veut rejouer le même scénario sur la question des lignes de montage.


Dans les futures réunions sur les sites les plus menacés de Mulhouse et de Poissy, en région parisienne, la direction va essayer de jouer la carte de l’apaisement pour éviter la colère des ouvriers dans les ateliers. On peut comprendre pourquoi. Le ras-le-bol est à son comble, puisque cette annonce se fait quinze jours seulement après la signature de « l’accord de compétitivité » chez PSA. La cure d’austérité fait grincer des dents chez tous les salariés. Et on peut imaginer que ça ne va pas cesser de si tôt lorsque l’on va voir sur les fiches de paie de janvier la réalité des prix.


Le mutisme des syndicats signataires en dit long sur le malaise vécu sur les sites mais également qui traverse la base de ces organisations. Ce qu’elles voudraient éviter, parce que ce serait toute leur crédibilité qui serait mise à mal, c’est une annonce d’une suppression d’une ligne de montage qui mettrait sur le carreau plus de 2000 emplois à Mulhouse et presque autant chez les sous-traitants, un vrai massacre social dont PSA est coutumier et qui est lié, en dernier instance, au « nouveau contrat social » qu’elles ont signé.


Les « éléments de langage » que vont utiliser les directions des sites de Mulhouse ou de Poissy, va consister à en dire le minimum sur les projets qui sont dans les tuyaux, ou encore à afffirmer que « rien n’est encore arrêté ». Ils vont essayer de mettre en concurrence les deux sites de production, en nous faisant croire que c’est celui qui acceptera le plus de sacrifices qui sera sauvé. Mais on peut être sûrs, d’ores et déjà, que rien ne sortira de ces réunions. Leur objectif principal est de faire en sorte que les gens de la CGT ou à la base d’autres organisations qui pensent qu’il ne suffit pas de s’opposer en paroles à PSA, ne soient en mesure d’anticiper et de préparer la riposte et faire reculer le groupe PSA dans ses objectifs de suppressions de postes.


Mais pour tou-te-s les militant-e-s qui connaissent le petit jeu de massacre de PSA et qui savent que plus que jamais ce qui se joue c’est un bras-de-fer entre le capital et le travail, et bien la préparation doit démarrer dés aujourd’hui dans les usines comme dans l’ensemble des bassins d’emplois. L’objectif, et on pourrait l’atteindre si on se mobilise dès à présent, c’est d’empêcher toute suppression, tant chez PSA Mulhouse que chez les sous-traitants. Il faut informer et s’organiser dès maintenant avec l’objectif du maintien des lignes de montage et de tous les postes, dans toutes les régions. Et qu’on ne vienne pas nous dire que PSA a des problèmes de trésorerie.

Varin + six membres du directoire = 80 millions d’euros. Une somme rondelette. Des méthodes de mafieux !

« L’affaire Varin » a eu le mérite de prouver que PSA était plein aux as, avec des réserves immenses en trésorerie qui doivent servir aux salariés et aux familles, pour le maintien des emplois, pas pour la retraite dorée d’un patron qui a sur les mains le sang de milliers de licenciements.


Quand la CGT a mis le feu aux poudres en dévoilant la prime de départ de Philippe Varin, à hauteur de 21 millions d’euros, l’affaire a fait grand bruit, et pour cause. Et c’est sans compter le reste des 20 millions qui devraient encore lui revenir. Il semblerait que ce n’est pas la crise pour tout le monde.


Devant le scandale, Varin en grand prince a fait une conférence de presse pour nous dire qu’il renonçait aux 21millions ou plutôt s’en remettait à la décision du directoire du groupe PSA sur le montant de sa retraite. En fait il ne fait que renoncer temporairement a son magot, histoire de calmer la tempête, mais tous les salariés du groupe PSA savent que ces gens-là mentent comme des arracheurs de dents. De toute façon, l’argent a été budgété. Et les six autres membres du directoire qui vont toucher 40 millions n’ont pas, quant à eux, annoncé qu’ils allaient y renoncer.


Cela prouve bien que quand PSA nous raconte qu’il n’y pas d’argent dans les caisses et que le groupe perd 200.000 euros par jour, ils ne sont pas perdus pour tout le monde ! Quand il s’agit de faire un accord sur notre dos car il faudrait être « plus compétitifs » par rapport aux autres patrons de l’automobile, faire des économies sur nos salaires et nos emplois en disant que le coût du travail serait trop élevé dans l’Hexagone, c’est une autre musique qu’on veut nous faire entendre.

La preuve que les dirigeants de PSA et les gros patrons nous mentent en permanence, c’est autant de raisons pour militer pour l’ouverture des livres de comptesous contrôle des salarié-e-s !

A titre d’exemple : 21 millions d’euros, c’est plus que la masse salariale de l’usine de PSA Saint-Ouen pendant un an, charges comprises. C’est 1.500 années de travail pour un salarié payé au smic ou la paye de 1500 salariés de PSA pendant un an. C’est exactement le nombre de postes de travail que PSA Mulhouse envisage de supprimer en fermant une ligne de montage. C’est 40.000 familles nourries tout l’hiver aux Restos du cœur.

Et si la direction du groupe a provisionné 80 millions pour payer les retraites des 6 membres du directoire de PSA et de Varin, combien de millions y a-t-il de coté pour tout ces parasites qui émargent à de multiples conseil d’administration de la holding PSA, FFP ?


La « société familiale » des Peugeot, EPF, qui contrôle la holding FFP, a fait 46 millions de bénéfices en 2010 en augmentation de 271%. FFP a reversé aux héritiers Peugeot 37,7 millions d’Euros en 2010, soit deux fois plus qu’en 2009. En 2011, FFP a distribué 97 millions de dividendes a ses actionnaires, ce qui s’ajoute aux 500 millions de dividende donnés aux actionnaires PSA en 2011.


Mais l’Etat a également mis la main au portefeuille et mis de l’argent dans PSA fin 2012, avec sa garantie versée à la Banque PSA Finance, à hauteur de 7 milliards ; sans parler des 3 milliards que veut mettre le gouvernement Hollande dans le groupe suite aux discussions avec le chinois Dongfeng qui a fini par se rapprocher de Renault.


Et avec tout cela, on nous dit encore qu’il faut se serrer la ceinture, accepter de bonne grâce l’ANI, sourire face à tous ces reculs et se tenir à carreau si on supprime une ligne de montage ?


Pour tous les militants de la cause ouvrière, dans toutes les usines du groupe, nous devons exiger qu’aucun versement ne soit fait aux actionnaires sous forme de dividendes mais surtout, exiger l’ouverture de tous leurs livres de comptes et en particulier ceux de la holding FFP. Il faut que toute leur comptabilité soit mise sous contrôle des travailleurs.

Mais il nous faut un plan de bataille pour convaincre, rassembler et lutter sans plus attendre

Il y a un avis de tempête sur le groupe PSA. Du côté du directoire, il y a les hésitations devant de possibles alliances avec GM et Dongfeng (qui est finalement tombée à l’eau), avec le remplacement de Varin par Carlos Tavares, l’homme aux dents longues qui s’est fait vider de Renault parce qu’il faisait de l’ombre à Carlos Ghosn.

Du côté des salariés, dans les ateliers et les bureaux, il y a le mécontentement vis-à-vis de la mise en œuvre du plan de compétitivité qui passe mal dans les usines, le « projet » de suppression d’une ligne à Mulhouse et à Poissy, de passer sur une plateforme EMP2 qui va permettre de faire plusieurs sortes de véhicules sur une même chaîne, ce qui se fait déjà à Rennes, avec un investissement de 90 millions d’euros mais en supprimant la moitié des effectifs du site avec 1400 départs. Toutes les conditions sont réunies pour un début d’explosion sociale. Mais pour cela, il nous faut nous organiser par en bas, tous et toutes ensemble.


C’est pour cela que syndicalement et politiquement, il nous faut une politique de front unique en direction de l’ensemble des organisations syndicales. Il faut démontrer à l’ensemble des salariés notre volonté d’unité pour maintenir les emplois et la ligne de montage et celles qui, parmi les organisations syndicales, refuseront cette unité, seront les alliés objectifs de la liquidation de plus de 1.400 emplois sur le site de Mulhouse, sans compter ceux qui disparaitraient dans les quelques 172 entreprises sous-traitantes de la région qui travaillent pour le site alsacien.


C’est pour toutes ces raisons qu’il faut construire des initiatives vers l’extérieur du site pour interpeler la population sur le massacre des emplois à PSA Mulhouse et ainsi commencer à mettre en musique un début de mobilisation inter-entreprises et perdre des contacts et se préparer collectivement à se battre tous ensemble contre les licenciements.

Dans les discussions, lors des réunions de la direction où ils vont essayer de nous faire croire qu’il n’y a rien de décidé, le groupe PSA doit s’engager à maintenir toutes les lignes de montage, avec tous les postes et effectifs, et il faut qu’on organise des comités de vigilance, par atelier, pour veiller au respect de l’engagement.


Il faut travailler avec les salariés des sous-traitants à une coordination de résistance et pour l’emploi dans tous les usines qui travaillent avec le site de Mulhouse et se tenir informé en temps réel et pouvoir anticiper et réagir rapidement. Si un seul emploi est touché, à PSA ou dans la sous-traitance, c’est nous tous qui sommes visés !


Comme le combat ne s’arrête pas à l’enceinte des sites menacés, il nous faut militer à l’organisation d’une grande manifestation interprofessionnelle contre les licenciements et les fermetures d’usine partout dans la région, en Alsace, et au-delà.

C’est le rôle qui devrait être celui des militant-e-s dans la période qui vient : être à la hauteur des enjeux avec une organisation qui lutte pour sa classe avec sa classe !

le 06/12/13

 

 




Publié dans Luttes - actualités

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JLG 22/12/2013 04:02

L'affaire parait simple, l'ACTION seulement l'ACTION fera reculer le patron !