SNCF : L’EUROPEANISATiON DES TRANSPORTS DETRUIT NOS VOIES !!

Publié le par FSC

 

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La SNCF a annoncé la modification de ses horaires de trains pour l’Unique raison : «… renouvellement de 5000km de voies ferrées » ! Voila une annonce bien forte pour rassurer ses « clients » ! Cette façon d’opérer pose questions à plus d’un titre. La SNCF parle de renouvellement et de modifications, les entreprises privées appellent ce genre d’actions : restructuration et décentralisation. Tout est question de langage mais le résultat est identique. Cette situation est paradoxale, depuis des décennies des KM de voies sont fermées ou abandonnées aux randonneurs et le trafic transféré sur la route, qu’il s’agisse du fret ou du service voyageurs. A noter, la SNCF est un des trois premiers transporteurs routiers en Europe. Pour ce qui est du fret, les principaux bras casseurs sont ni plus ni moins, pour certains, des retraités et anciens dirigeants de l’entreprise. Lors d’une période noire de la nation, ils se nommaient : Collaborateurs. Changement, depuis l’affaire Renault, nous apprenons qu’en période de guerre il faut dire : « Collaborateur économique » ! En période de « la crise de la dette », cela doit être identique ? Nous retrouvons en partie ces collaborateurs dans une des filiales privées. A l’inverse, nombre de dirigeants de l’entreprise nationale ne sont pas sous statut. Certains sont rémunérés par le privé et passent à la caisse en stock-options et intéressement! De ce fait, ces valets du capital n’ont que faire de la nation, de ses valeurs de ses acquis historiques et de leur devenir. Ils sont qu’attachés aux seules voies du capitalisme européen.

Par ailleurs, cette façon de gérer le bien de la nation désertifie des provinces entières et détruit l’emploi. Voilà où mène la concurrence loyale et non faussée de la constitution européenne, rejetée majoritairement par les français en 2005 et rattrapée par Sarkozy au congrès de Versailles en 2008. Syndicalement, il ne faut pas oublier qu’en 2005, le secrétaire général de la CGT était intervenu au CCN pour dire aux syndicats : « intéressez- vous bien plus aux revendications des travailleurs qu’à ce référendum » et pour cause ? A présent, plus de champagne avec Sarkozy, mais le ver est dans le fruit !

 Désormais, à quel niveau les syndicats doivent ils poser leurs revendications s’ils veulent sauver leur travail, des milliers d’emplois, leurs statuts et conventions collectives et l’unicité de l’entreprise à l’exemple de la SNCF ? Face à ce panorama catastrophique, le niveau de lutte dépasse la simple revendication du carreau cassé ou des cadeaux de noël surtout avec les entraves faites aux représentants et élus du personnel et autres traductions de responsables syndicaux devant les tribunaux.

De plus, coup bas pour la nation, il faudrait désormais qu’elle se plie à la « règle d’or », diktat des normes budgétaire européennes du couple Merkozy, véritable chape de plomb pour le peuple.

Ce coup de tonnerre médiatique de la SNCF nous fait dire au FSC qu’il faut fixer réellement le niveau de responsabilité des uns et des autres face à cette destruction massive de nos services publics. En tout premier lieu, il est grand temps de dénoncer et de rompre avec cette politique de l’Europe capitaliste et sa monnaie. Ensuite, au niveau syndical, c’est la confédération européenne des syndicats (CES), qui accompagne cette politique dont la CGT occupe des postes de directions, qui doit être condamnée et de laquelle les syndicats français doivent se retirer.

 

Cette nouvelle politique européenne constitue un détricotage minutieux du fleuron français des transports. L’abandon des normes de Société Nationale détruira le maillage qui existe entre les différentes régions surtout si celles-ci ne paient pas pour maintenir les circulations voyageurs existantes autrement le privé s’en chargera. Les contribuables seront à nouveau sollicités à moins que les syndicats interpellent avec la population les élus locaux sur cette question du droit aux transports pour tous ?

 

Reste la question : la SNCF n’aurait-elle pas rénové en partie son principal circuit ferroviaire depuis des décennies, ou serait-ce RFF qui n’a rien fait depuis 1995 ?

Petit retour en arrière, l’automne 1995 met les cheminots en colère. En plus du plan Juppé/Notat, la SNCF annonce la fermeture de 6000km de voies secondaires. Un nouveau contrat de plan prévoit le développement du tout TGV au détriment des autres prestations ferroviaires. Véritable plan de casse qui doit en principe juguler le déficit en cours.

Le puissant mouvement des cheminots remet le train sur les rails mais l’Union Européenne ne voit pas les choses du même œil ! RFF (Réseau Ferré de France) est mis en place, permettant ainsi un simple transfert comptable du déficit budgétaire de la SNCF. La SNCF paie un droit de passage sur ses propres voies à RFF.

Les ondes de chocs de ce mouvement ont fait que Chirac est « contraint » de dissoudre l’assemblée nationale. Un gouvernement de gauche plurielle est mis en place en 1997. Le premier ministre fut Jospin, JC Gayssot (PCF) sera le ministre des transports. Malgré cela, les orientations politiques n’ont pas changé, les cheminots n’ont pas été entendus loin s’en faut ! RFF est resté en place et l’unicité de l’entreprise a été mise en péril de plus en plus et les privatisations par filiales interposées et sous traitants vont bon train.

A l’exemple du FRET, en dernière date, le 12 décembre 2011, le premier train privé de voyageurs en provenance de Venise est rentré à Paris. Qui retrouvons-nous derrière cette nouvelle exploitation ? Une entreprise ferroviaire privé nommée Thello. Elle est constituée d’un regroupement d’entreprises privées et d’un groupement européen d’intérêt économique. Les conducteurs rapidement formés sont pour certains des retraités ex-agent de conduite.

Le renouvellement de voies et d’horaires de trains n’est dans ce contexte rien d’autre que l’arbre qui cache la foret. Derrière ce nuage médiatique de la SNCF, il est question de libérer des km de sillons de circulations pour permettre l’entrée de circulations privées de trains voyageurs. Cette radicalisation aux normes européenne de la concurrence, que cautionne la CES, dont l'ancien secrétaire général adjoint J. Decaillon n’est autre qu’un cheminot, doit faire réfléchir la population quant au devenir des entreprises françaises tant du public que du privé et de la production en France. Cette alerte, une de trop, concerne l’emploi, le statut, le devenir des retraites spécifiques, de la protection sociale dont la caisse de prévoyance pour les cheminots.

Ceci étant, la lutte pour s’opposer à cette politique européenne de destruction massive de nos services publics va au delà d’une simple action corporatiste comme a voulu nous le faire croire le syndicat autonome des agents de conduite et ceux de la CDFT après leur dépôt de préavis de grève sur les WE de décembre. Ces OS n’ont jamais bougé d’un iota contre une quelconque privatisation au chemin de fer et ailleurs. En fait, il n’y a pas eu de grève et ils ont eu gain de cause, d'après eux. Les usagers du rail vont certainement s’en apercevoir très vite de ces gains, car les conditions de transport ferroviaires de qualité et de sécurité vont se dégrader à la vitesse grand V à l’image de ce qui se passe en Angleterre.

A ce titre, pour être aux normes européennes, le fun du langage du business Globisch colle à la nouvelle direction é « N »arquienne de la s « N »cf. Elle dynamite la langue française de la République, baptise un projet « Speed », après un voyage la « Rail Team » vous souhaite une bonne journée. Pour mieux voyager il ne faut pas oublier la panoplie de promotions « TGV Family », «  ID-TGV », « ID-Night » et les « S’miles ».

Syndicalement cela est intenable, demain pour être élu du personnel, il faudra parler couramment anglais ??

A ce sujet nous appelons les syndicalistes de classes, car il s’agit bien la aussi d’un problème de classe, les élus du personnel à dénoncer cette nouvelle façon de faire et de lutter contre la destruction des services publics et en premier temps de dénoncer et d’interdire l’utilisation systématique de l’anglais au détriment de la langue de la République.

Plus que jamais le rassemblement autour d’un syndicalisme de lutte de classes s’impose pour battre le capital et cette politique dictée par l’UE.

 

JO, pour le FSC

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pélerin 09/01/2012 17:12

Bonjour à vous.

Constater, c'est bien, mais ne faut-il pas pousser la réflexion plus loin en ayant un parti politique qui se prononce clairement pour la sortie de l'UE, de sa monnaie et de tous les traités qui la
constituent.
Quelle est aujourd'hui le parti politique voulant se présenter aux présidentielles et défendant les véritables valeurs de la classe ouvrière, qui se prononce pour la sortie de l'UE et de tous ses
traités, pour la nationalisation de toutes les banques, sans indemnités, pour le renationalisation de tous les services publics qui ont été privatisés et réembauche et passage au statut de la
fonction publique de tous les personnels licenciés ou en s/traitance pour ces ex-services, pour la suppression de toutes les cadeaux fiscaux, financiers et exonérations offertes au patronat et au
capital, remboursement de toutes les aides données au patronat et au capital, réouverture de tous les centre de sécurité sociales, allocations familiales, écoles, collèges, maternelles, maternités,
hopitaux et services fermés depuis 1981, pour une politique de construction de logement (au moins 1 million) pour loger les travailleurs et leur famille, pour une politique de réindustrialisation
et d'augmentation généralisée des salaires, retraites et indemnités, pour une assemblée constituante, etc, etc...
De tous les partis dits de gauche aujourd'hui et se présentant aux présidentielles de 2012, aucun n'a dans son programme toutes ces propositions.

Je repose la question, ne faut-il pas un parti politique qui défende ces valeurs et s'il existe, ne faut-il pas de battre pour qu'il grandisse et parvienne enfin appliquer cette politique?

A vous lire