Le dossier du Front Syndical de Classe sur les retraites

Présentation

 

Le Front syndical de classe a bâti ce dossier suite au travail de plusieurs militants syndicaux avertis, de débats internes et en présence d’un chercheur en sociologie. Il est destiné à fournir des repères précis sur une brûlante question d’actualité pour permettre aux militants ouvriers de s’approprier toutes les données du problème sans laisser à leurs adversaires la maîtrise d’un vocabulaire technique ou de repères historiques.

 

Pour autant, il ne s’agit pas de « techniciser » le débat. La question des retraites, comme toutes les autres, est fondamentalement une question de lutte de classe, de la lutte entre capitalistes et travailleurs pour le partage du profit, une lutte incessante tant que les travailleurs n’auront pas pris possession des moyens de produire la richesse.

 

Mener et gagner la bataille des retraites exige donc de rejeter toutes les revendications compatibles avec les intérêts du patronat (du type « maison commune des retraites » qui rejoint la volonté patronale et gouvernementale d’aligner vers le bas les retraites du public et du privé) et de combattre toutes les démarches et instances conciliatrices (et en particulier le Conseil d’Orientation des Retraites qui distille en permanence le point de vue patronal et avance désormais vers la retraite « individuelle » par point ou en compte notionnel reprise par la CFDT).

 

Mener et gagner la bataille des retraites suppose également de réussir à construire un mouvement d’ensemble des travailleurs, un tous ensemble en même temps seul capable de faire reculer un pouvoir qui a programmé ses attaques depuis longtemps au niveau européen (par exemple lors du sommet de Barcelone en 2002 programmant le recul de l’âge de la retraite de 5 ans dans toute l’UE) et qui est décidé à les appliquer coûte que coûte.

 

Cela passe par une plate-forme de lutte ancrée sur les revendications qui s’expriment à la base : défense des retraites par répartition, refus de l’allongement de la durée de cotisation, maintien du droit à la retraite à 60 ans et retour aux 37,5 annuités pour tous, privé et public ainsi qu’au calcul sur les 10 meilleures années dans le privé et le maintien du calcul sur les 6 derniers mois dans le public, indexation des pensions sur les salaires, maintien du Code des pensions et des statuts particuliers (annulation de la contre-réforme des régimes spéciaux de 2007).

Une plate-forme qui rappelle non seulement les exonérations patronales à hauteur de plusieurs dizaines de milliards chaque année mais aussi la question centrale de l’emploi et des salaires comme de la souffrance au travail qui explique que la retraite à 55 ans (50 ans pour les travaux pénibles) est une perspective nécessaire.

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Ces revendications sont tout à fait « réalistes » tant il est vrai qu’il n’y a pas, compte tenu de l’évolution des richesses crées par le travail, de problème de financement des retraites. Il n’y a que la volonté des grands groupes capitalistes de casser les acquis des travailleurs et de mettre la main sur les sommes qui transitent aujourd’hui dans le système par répartition.

 

Pour défendre les acquis populaires, c’est tout simplement le syndicalisme de classe qui doit être remis en pratique. Un syndicalisme qui combat pied à pied les empiètements quotidiens du capital et qui inscrit ce combat quotidien dans la perspective du changement de pouvoir et de société. C’est pourquoi la défense des retraites doit être associée au combat contre toutes les sirènes de la collaboration de classe portées aujourd’hui par la Confédération Européenne des Syndicats et les états-majors confédéraux français qui participent à sa direction.

 

Tant que le pouvoir restera dans les mêmes mains, les travailleurs seront condamnés à se battre perpétuellement pour empêcher les régressions et la misère. C’est un monde débarrassé de l’exploitation et du pouvoir du grand capital qui permettra aux travailleurs de répondre à leurs aspirations.

 

LE DOSSIER COMPLET EN PDF