RUBRIQUE « CULTURE » FSC // N°1 - JUIN 2010

Avertissement : nous précisons que citer le nom d’un éditeur, d’un producteur, d’une association ou d’une organisation politique, syndicale ou philosophique ne nous engage pas au-delà de l’information donnée pour vous guider dans votre éventuelle recherche.

 

Quelques heures avant d’être guillotiné, le 27 mai 1797 à Vendôme, Gracchus Babeuf s’adressait par écrit à sa femme et à ses enfants.

S’il fallait retenir qu’une seule des phrases de cette lettre, ce pourrait être celle-ci :

« Je ne concevais pas d’autre manière de vous rendre heureux que le bonheur commun ».

Dans notre rubrique « culture » nous allons essayer d’apporter, et de faire apporter par d’autres, par vous, un petit morceau de ce bonheur commun si cher à celui qui inspira, entre autres, Blanqui, Buonarroti, Laponneraye, Marx ou Engels.

 

Ouvrir une rubrique « culture » n’est jamais simple.

Va-t-on trop en écrire sur tel ou tel livre, sur tel film ? Ou pas assez !

Aurons-nous eu raison d’en parler comme ça, ou comme ci ?

Le mieux pour le savoir, c’est de nous lancer. Allons-y !

Partant du principe que l’éditeur ou le directeur de collection d’un livre, recommandé ici par nous, a su mieux que quiconque en faire un résumé de qualité, nous n’hésiterons pas à leur emprunter leurs propos.

 

Jack London, vous connaissez, bien sûr ! Qui, enfant, n’a pas lu Croc-Blanc ??!!

Mais que connaissons-nous de l’écrivain témoin de l’histoire sociale des USA au début du 20èmesiècle ? Certainement peu.

Alors précipitez-vous à la bibliothèque municipale la plus proche de chez vous ou à celle du C.E. de votre entreprise pour emprunter :

  • Le talon de fer.

L’édition la plus récente, 2003, est chez PHEBUS (collection Libretto). Cechef d’oeuvre a étéécrit en 1907 et se présente sous la forme d'un manuscrit censé avoir été écrit par Avis Everhard. Il narre des événements débutant en 1912 et se termine en 1932 par une phrase inachevée. Il est retrouvé quatre siècles plus tard, en 2368. Toute une série d'annotations présentes au cours du roman ont été rédigées au XXIVèmesiècle pour préciser les faits invoqués par Avis Everhard. Les vingt ans résumés dans ce manuscrit décrivent la mise en place du « Talon de fer », dictature fasciste, aux Etats-Unis et la résistance à cette mise en place. Le roman se divise en deux parties. La première partie raconte les années précédant la prise du pouvoir par le Talon de fer. La deuxième partie nous plonge au cœur de la résistance contre cette dictature. Le fil conducteur de ce roman est l'amour entre Avis et Ernest Everhard, chef de file des socialistes.

 

  • La route.

Publié pour la première fois en 1907, ce récit autobiographique est le plus symbolique et le plus révélateur de sa prolifique carrière d'écrivain. Jack London s'inspire de faits survenus quatorze ans plus tôt. Agé d'à peine 18 ans, London travaille comme chauffeur pour la centrale électrique d'Oakland en remplacement d'ouvriers licenciés. Lorsqu'il apprend que l'un d'eux s'est suicidé, il démissionne et se trouve confronté à la crise économique. Inconsciemment, il entre en errance, en littérature et en socialisme.Il rejoint « l’armée industrielle », un groupe de chômeurs qui, sous l'impulsion de Jacob Coxey et le commandement du "général" Kelly, marche sur Washington afin de pousser le gouvernement à subventionner son projet de construction de routes à travers tout le pays. Les soldats de cette armée embarquent illégalement dans des wagons de marchandises. De ces pérégrinations, de cette aventure hors du commun, London tient un journal. Publié en France en 2007 par les éditions TALLANDIER sous le titre de 'Carnet du Trimard', ces notes prises par l'auteur - premiers écrits authentifiés - seront à la source de 'La Route', un texte articulé autour de neuf articles dont 'Deux mille vagabonds' ou 'Des hobos qui passent dans la nuit'. Les hobos, ce sont ces trimardeurs, ces voyageurs sans billet de train qui "brûlent le dur". Sous les traits de Jack-le-Matelot, London y fait le récit d'aventures guidées par un contexte économique difficile et les inégalités sociales ou raciales qui le conduiront à travers les Etats-Unis jusqu'au Canada.En juin 1894, il est arrêté pour vagabondage à Niagara Falls et incarcéré durant un mois au pénitencier de Buffalo. De ses expériences qui forgèrent son caractère et son goût immodéré de la liberté, Jack London tire un texte à la fois naïf et puissant. Un récit initiatique agité de valeurs en devenir, véritable terreau pour les jeunesses contestataires à venir.

 

Puisque nous avons ouvert la rubrique par un hommage à Gracchus Babeuf, il était évident que nous serions amenés à citer le livre de Jean Soublin intitulé : Je t’écris au sujet de Gracchus Babeuf, édité chez les Editions Atelier du Gué (editions@atelierdugue.com).

Ce qui nous pousse à vous inviter à aller « surfer » sur le site de l’association « les Amis de Gracchus Babeuf ».

 

Nous terminerons cette 1èrerubrique en vous suggérant la lecture (ou la relecture) du « brûlant » roman de Boris Vian : J’irai cracher sur vos tombes.

 

Lee Anderson, vingt-six ans, a quitté sa ville natale pour échouer à Buckton où il devient gérant de librairie. Il sympathise dans un bar avec quelques jeunes du coin. Grand, bien bâti, payant volontiers à boire, Lee, qui sait aussi chanter le blues en s'accompagnant à la guitare, réussit à séduire la plupart des adolescentes. Un jour il rencontre Dexter, le rejeton d'une riche famille qui l'invite à une soirée et lui présente les soeurs Asquith, Jean et Lou (17 et 15 ans), deux jeunes bourgeoises avec "une ligne à réveiller un membre du Congrès". Lee décide de les faire boire pour mieux les séduire... et poursuivre son sinistre dessein.
Ecrit à la suite d'un pari, cet excellent pastiche de roman noir fut publié en 1946 sous le pseudonyme de Vernon Sullivan, un prétendu auteur américain. Récit d'une vengeance, dénonciation du racisme et de l'intolérance, ce best-seller fut jugé à l'époque immoral et pornographique, ce qui amena son interdiction en 1949 et la condamnation de son auteur pour outrage aux bonnes moeurs.
Si vous le lisez avec l'espoir de trouver dans J'irai cracher sur vos tombes quelque chose capable de mettre vos sens en feu, vous allez drôlement être déçu. Si vous le lisez pour y retrouver la petite musique de Vian, vous l'y trouverez. Il n'y a pas beaucoup d'écrits de Vian dont il ne suffise de lire trois lignes anonymes pour dire tout de suite : " Tiens, c'est du Vian ! " Ils ne sont pas nombreux, les écrivains dont on puisse en dire autant.

 

Nous vous souhaitons « bonne lecture ! »

Et, surtout !, dans la mesure du possible, quand vous voulez acheter un livre, faites-le chez votre libraire, le plus proche de chez vous.

S’il ne l’a pas en rayon, il se fera un vrai plaisir de vous le commander !

 

A la prochaine !