La colère paysanne pas du tout éteinte
Le pouvoir macronien avait cru en finir avec le mouvement social paysan à partir de concessions et une entente avec les dirigeants de la FNSEA en charge des intérêts des gros agriculteurs gavés par les subventions européennes de la Politique Agricole Commune
Peine perdue : à quelques jours du salon de l'agriculture le mouvement semble repartir centré en particulier sur quoi le pouvoir ne veut pas s'engager et prendre de réelles mesures immédiates et d'avenir : un revenu qui permettrait aux petits agriculteurs de vivre de façon décente et l'abandon d'une politique qui vise à la réduction massive des agriculteurs!
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SOURCE :
Après la fronde d’agriculteurs partout dans le pays en janvier, le gouvernement s’était engagé, pour les apaiser, à des mesures allant du versement d’aides d’urgence à des décrets de simplification en passant par une loi agricole et des changements à Bruxelles.
« On ne fera pas retomber la pression aussi longtemps que les engagements [pris par le gouvernement] ne seront pas tenus », a prévenu, jeudi 15 février, sur RTL le président du syndical agricole majoritaire FNSEA, Arnaud Rousseau, à neuf jours du Salon de l’agriculture. « Parfois, il peut y avoir des déclarations ou des grandes phrases. Ce qu’on veut nous, c’est que ça se concrétise (…) dans nos fermes », a-t-il ajouté.
Après la fronde d’agriculteurs partout en France en janvier, le gouvernement s’était engagé, pour les apaiser, à des mesures allant du versement d’aides d’urgence à des décrets de simplification en passant par une loi agricole et des changements à Bruxelles.
Malgré les engagements gouvernementaux, de nombreuses mobilisations ont eu lieu dans toute la France, jeudi. A Poitiers, à l’appel de la Coordination rurale, des manifestants en tracteurs se sont retrouvés sur deux points de rassemblements. Selon le mouvement indépendant d’agriculteurs Résistance paysanne et le quotidien régional Centre Presse, les deux convois rejoindront, ce soir, la préfecture.
Blocage des préfectures
A Montauban, les agriculteurs ont également prévu d’installer un campement devant la préfecture pour « une durée indéterminée ». Ils sont une centaine à s’être mobilisés en direction du centre-ville. D’après les informations de La Dépêche du Midi, l’entrée principale de la direction départementale des territoires a été recouverte de planches, de bâches agricoles et même de fumier. Une délégation d’agriculteurs a été reçue par le préfet de Tarn-et-Garonne, a ajouté BFM-TV.
A Chartres, une soixantaine de paysans bloquent actuellement la préfecture d’Eure-et-Loir, rapporte L’Echo Républicain. Syndicats et non-syndiqués espèrent une chose : être reçus par le préfet pour « demander des comptes sur l’avancée de la mise en place des promesses gouvernementales ».
Devant l’usine Lactalis, près de Bayeux, dans le Calvados, une vingtaine d’agriculteurs étaient mobilisés pour dénoncer la vente de produits non fabriqués en France et qui ne rémunèrent pas correctement les producteurs, a précisé Ouest-France.
Une centaine d’agriculteurs ont occupé une partie des jardins du domaine national de Chambord (Loir-et-Cher), à l’appel de la Coordination rurale locale, selon l’Agence France-Presse (AFP). Arrivés en fin de matinée sur un peu plus de soixante tracteurs, les agriculteurs ont rangé leurs engins à une centaine de mètres du château, avant de déployer des banderoles revendicatives.
Les agriculteurs présents ont également réclamé, en vain, un déplacement du ministre de l’agriculture, Marc Fesneau, lui-même élu du département. Le préfet du Loir-et-Cher s’est déplacé pour entendre leurs revendications, dont celles sur la simplification administrative et les problèmes de revenus rencontrés par les exploitants, a constaté l’AFP. Depuis la levée des blocages, les agriculteurs maintiennent la pression sur le gouvernement et menacent de mener de nouvelles actions.
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