Mineurs grévistes de 1948 et 52 : c'est 227 mineurs qu'il reste à indemniser!

Publié le par FSC

Source : La Voix du Nord

Par AUDREY HALFORD |

Certes, la réhabilitation de quatre mineurs grévistes de 1948 (tous décédés aujourd’hui) dans leur grade de militaire réserviste fin septembre était une bonne nouvelle. Avec réception à l’Élysée, s’il vous plaît. «  On s’attendait à ce que le discours de M. Hollande apporte un certain nombre d’éclaircissements sur l’essentiel de notre bataille mais on nous avait demandé en amont de ne pas parler de l’indemnisation des 227 mineurs au Président  », enrage Raymond Frackowiak, pour la CGT. L’opiniâtre Norbert Gilmez n’avait pu s’empêcher d’en glisser un mot en aparté à François Hollande, qui a éludé dans un sourire : «  Il ne lâche rien. »

Le silence du Garde des Sceaux

En effet, les syndicalistes CGT comme Raymond Frackowiak et les victimes comme Norbert Gilmez et Pierre Rebouillat (représentant son père décédé) ne lâchent rien. Les élus communistes qui suivent ce dossier depuis des années, à l’instar de Christian Champiré, maire de Grenay, et le sénateur Dominique Watrin, ne lâchent rien. Le dossier a traîné durant de nombreuses années avant que Christiane Taubira, alertée par Dominique Watrin au Sénat, ne s’y intéresse et ne fasse enfin avancer les choses après soixante-sept ans de déshonneur et, pour bon nombre, de difficultés financières. De cérémonies en courriers, la situation semblait trouver une issue. Mais la Garde des Sceaux a démissionné et son remplaçant est depuis muet face à tous les courriers, même celui remis en main propre par le sénateur lors d’un déplacement à Boulogne. La commission Norbert Gilmez, censée travailler à l’inscription de l’histoire des grévistes de 48 et 52 dans les manuels scolaires, n’a pu se réunir depuis. Les indemnisations forfaitaires ont certes été versées à 36 mineurs dont les dossiers avaient été instruits par l’Association nationale de garantie des droits des mineurs (ANGDM). Mais l’indemnisation totale des 227 mineurs qui se sont manifestés est au point mort.

«L’injustice d’État»

 

La CGT Mineurs va réitérer ses demandes d’entrevue à MM. Urvoas et Hollande. Dominique Watrin quant à lui tente d’agir au niveau du Sénat. «  Je suis en contact avec des gens bien placés, j’espère obtenir un rendez-vous avec le nouveau directeur de cabinet de M. Urvoas avant l’examen fin décembre de la loi finance 2017. Je refuse que ce soit encore une année blanche pour ce dossier. » «  L’injustice d’État  » s’est donc estompée. Mais elle est loin d’être effacée et le combat continue. Les rares survivants voient chaque jour s’amenuiser l’espoir d’être totalement indemnisés de leur vivant. Et le faux espoir de la cérémonie à l’Élysée ajoute à l’amertume.

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