Marins de Port-de-Bouc en grève reconductible contre le dumping social!

Publié le par FSC

Source : La Marseillaise

 

Les salariés de la société Maritima, basée à Port-de-Bouc, sont en grève reconductible pour protester contre le nouveau contrat d’avitaillement que l’entreprise veut passer avec un navire sous pavillon anglais, qui est entré en Méditerranée. La société, qui assure le ravitaillement en carburant des navires faisant escale dans le port de Marseille-Fos, compte trois bateaux : le Cap Pinède, actuellement bloqué à Fos, le Cap Sicié et le Cap Aiguades. Lors d’un comité d’entreprise extraordinaire tenu le 18 novembre, la direction avait informé de la non-reconduction du contrat annuel passé avec la raffinerie Esso de Fos-sur-Mer. Celle-ci devrait être effective dès le 31 décembre, ce qui ne manque pas de susciter l’indignation du syndicat CGT des marins. Dans une lettre adressée au président de la société, le syndicat souligne le fait que « Esso s’apprête à signer un contrat avec un armateur étranger armant son navire sous pavillon international équivalent au RIF (registre international français) qui est pourtant interdit au cabotage national et dans les services portuaires ».

 

Pour de nouvelles négociations avec Esso

Pour le syndicat CGT des marins, « une telle situation scandaleuse annoncerait la disparition pure et simple de Maritima, dernier armement d’avitaillement sous pavillon français premier registre en Méditerranée ».

Cette décision intervient après la perte du quatrième navire de la société en 2015 et la mise en activité partielle, en 2016, du personnel navigant, de la mi-mai à la mi-juillet.

La CGT dénonce une « concurrence déloyale » et réclame « de nouvelles négociations avec Esso comme avec Inéos [raffinerie située à Lavéra, Ndlr] en vue de travailler sur des contrats de service d’avitaillement pluriannuel plus avantageux et structurants pour tous, dans le cadre d’une politique industrielle de développement durable sur le modèle des ports du futur, avec un haut niveau de service, de qualité et de sécurité ».

Cyril Poveda, délégué CGT marins, pointe notamment « les normes draconiennes qui nous sont imposées alors que ce bateau est plus vieux que le nôtre, avec moins de matériel adapté, il n’y a ni la même réglementation ni les mêmes acquis sociaux, c’est regrettable qu’on touche les services portuaires et ça risque de se durcir ». Hier matin, à Marseille, les marins ont reçu la visite du député PS Henri Jibrayel qui devait contacter le préfet et le ministère des Transports.

La non-reconduction de ce contrat avec Esso, avec la perspective d’une nouvelle illustration du dumping social, passe d’autant moins que Manuel Valls, alors Premier ministre, accompagné de sept autres ministres, a participé le 4 novembre à un comité interministériel de la mer à Marseille, où il avait fait état « d’engagements forts en matière de développement de l’emploi et des flottes sous pavillon français ».

J.-F.A.

 

Commenter cet article