40éme anniversaire du Comité de Défense des travailleurs FRONTALIERS de Moselle

Publié le par FSC

En ce temps où tout est fait pour aggraver les divisions du monde du travail, nous avons le plaisir de relayer les travaux et propositions d'une association originale s'étant fixé pour objectif la défense des travailleurs frontaliers de Moselle, ET qui ne dissocie absolument pas cette défense à la fois de l'action des organisations syndicales restées fidèles aux intérêts des travailleurs et du combat d'ensemble pour la défense des conquis issus de la Libération.

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Les objectifs de l'association des travailleurs frontaliers :

Dès le départ nous avons fixé le rôle et les objectifs dans nos statuts:

 

  1. Rassembler les travailleurs frontaliers dans une organisation spécifique afin qu’ils ne soient pas une masse anonyme et inorganisée;

  2. Informer les travailleurs frontaliers sur leurs droit ;

  3. Défendre leurs intérêts et agir auprès des autorités nationales, internationales pour faire aboutir leurs légitimes revendications;

  4. Faire corps avec le monde du travail et manifester notre solidarité avec les syndicats allemands et français, et s’engager avec toutes les forces progressistes qui luttent concrètement pour la justice sociale, la liberté, la Paix et contre le Racisme.

 

 

 

Ce que  le président rapporteurArsène SCHMITT dit à propos de la sécurité sociale :

lors de ASSEMBLEE GENERALE du 19 novembre 2017 - 40e ANNIVERSAIRE

 

Chers amis, concernant la sécurité sociale, elle est dans le broyeur européen comme d’ailleurs tous nos conquêtes sociales. En Allemagne, en France et ailleurs, les dépenses de santé doivent être compressées à outrance. Elles sont comptabilisées dans les dépenses publiques qui doivent satisfaire le fameux pacte de stabilité des 3% imposé par l’euro.
La Sécu doit être liquidée. Il est clairement indiqué dans le traité de Maastricht et les directives européennes 92/49 et 92/96 qu’il faut mettre fin au monopole de la sécurité sociale et de la livrer aux assurances privée.
La Commission européenne avait déclaré, avec la bénédiction de nos gouvernants: « le coût de la protection sociale élevée en France et en Allemagne est la source du chômage, il faut abroger le monopole des Caisses de sécurité sociale au profit des assurances privées».

La sécurité sociale est une conquête ouvrière, une institution de la CO, une conquête historique pour les travailleurs créée en 1945 sur la base : « chacun cotise selon ses moyens et en bénéficient selon ses besoins.»
Le budget de la Sécu, c’est 487,4 milliards d’euros en 2017, qui échappent toujours aux capitalistes et que l’État ne peut utiliser à d’autres fins. C’est plus que le budget de l’État. Il permet d’assurer la solidarité ouvrière.
La Sécurité sociale, c’est le salaire des travailleurs, le salaire différé collecté par et pour les travailleurs dans les caisses de la sécurité sociale pour assurer collectivement la solidarité entre les salariés.
Elle a toujours été combattue par la bourgeoisie et les gouvernements de toutes couleurs politiques. Les gouvernements n’ont eu de cesse de vouloir la remettre en cause.
En affaiblissant le régime général automatiquement notre régime local en est impacté et donc menacé. Il est financé par une cotisation salariale supplémentaire de 1,5% ?
En effet, le gouvernement Macron-Philippe, à partir du 1er janvier 2018, va supprimer les cotisations maladie salariales, ensuite patronales, soi-disant pour augmenter le salaire net de chacun et financer cette mesure par une augmentation de la CSG. C’est une pure farce.
Deux contre-vérités. Premièrement : les cotisations sociales sont du salaire différé. Donc, leur suppression, c’est une diminution de salaire et non une augmentation. Deuxièmement : la CSG est un impôt. Donc, son augmentation, c’est une perte de pouvoir d’achat. Troisièmement, et c’est le plus important : s’il n’y a plus d’assurance maladie, que restera-t-il pour financer la Sécu ? Une enveloppe fermée dans le budget de l’État ? Macron veut tout transférer à la CSG qui ne sera plus réservée à financer uniquement la sécurité sociale, mais aussi les collectivités locales ou l’armée. L’assurance maladie qui ne serait plus financé par les cotisations des salariés, ce serait la mort programmée de la Sécu. C’est la cotisation qui donne droit au remboursement, avec la disparition de la cotisation, c’est le droit aux remboursements qui est visé.
Oui la sécurité sociale doit être liquidée conformément aux directives européennes. Dans son rapport du 22 mai 2017, la feuille de route, de la Commission européenne adressée à la France indique qu’il faut réduire le coût de la main-d’œuvre par la réduction permanente des cotisations sociales.
Rappelons quelques évidences. Il n’y a aucune raison valable de « refonder la sécurité sociale ». Il n’y a pas de déficit de la Sécu. Que l’on restitue les 444 milliards d’euros détournés des caisses de la Sécu par le patronat, par le biais des exonérations patronales accordées par tous les gouvernements depuis 1991, et il n’y aura plus de « déficit » qui tienne.
Nous sommes solidaires avec le ras-le-bol du personnel soignant à bout de souffle. Nous faisons nôtre la colère des hospitaliers et des syndicats FO et CGT qui dénoncent la loi santé et la mise en places des GHT (groupements hospitaliers de territoire). Ces regroupements et fusions d’établissements permettront au Gouvernement par le biais des Agences régionales de Santé de supprimer 22.000 postes, 16.000 lits et d’imposer la mobilité forcée aux agents. Cela aura forcément des répercussions sur les établissements de santé du territoire de Moselle-Est. Il faut entendre le cri des infirmières : « on est à bout – surcharge de travail – la sécurité des patients est difficilement assurée… ». Oui les urgences sont débordées, services hospitaliers saturés. Et aujourd’hui pour la ministre de la santé, il y aurait encore trop de « lits inutiles et 30% des soins seraient inutiles » et qui dit que nous allons favoriser l’ambulatoire. Oui dehors les malades de l’hôpital, le plus vite possible. Mais quand nos élites se font hospitalisées ils ne traîneront pas durant 10 heures sur les brancards dans les urgences, tout un étage leur sera réservé. Une honte !
Et la situation catastrophique dans les maisons de retraite ceci par manque de moyens et de personnel : les repas donnés au lance-pierres, manque de soins, une douche tous les 10 jours ! Un témoignage d’un directeur qui dit : « j’aurai honte de prendre ma mère dans mon propre établissement. » Et la réponse une baisse de 5 milliards d’euros les dépenses de santé.
Nous entendons les mêmes témoignages en Allemagne. Dans les hôpitaux il y a un manque grave de personnel. D’après le syndicat Ver.di il y a un manque de 162.000 postes. En Sarre un manque de 3.500 postes. Témoignage d’une infirmière de la Clinique du Sonneberg à Sarrebruck qui dit : « Les soins sont devenus un traitement de masse.
Souvent nous sommes seules sur l’étage. Du personnel manque dans tous les services pas seulement chez nous mais dans tous les hôpitaux en Allemagne. »
Oui dans cette UE de malheur les malades sont les cibles, ils coûtent trop chers. En Grèce, trois millions de personnes sont totalement exclues du système de santé publique. A Athènes le nombre des sans abris ne cessent d’augmenter, baisse des salaires, des retraites de 40%, les allocations de chômage laminées, les Grecs sont en moyenne 40% plus pauvres qu’en 2008… En Grèce dans les hôpitaux des commissions de médecins doivent faire des choix, garder l’argent pour soigner des enfants et laisser mourir des personnes de 65 ans confrontées à la récidive d’un cancer nécessitant un traitement lourd. En Grèce, on dénombre officiellement 3.000 suicides en conséquence des plans du FMI et de l’Union européenne.

Non ! Ça ne peut plus durer !

 

Et la conclusion de ce rapport :

Nous les travailleurs frontaliers sommes les pionniers de l’Europe mais pas de cette Europe du capital, de la spéculation, des paradis fiscaux, de la guerre. Nous ne voulons pas de cette Europe qui est rejetée par tous les peuples européens et qui par la voix de Mario Draghi dit : « le modèle social européen est mort ».

Non à cette Europe de malheur qui ne génère que misère et Guerre!

Nous sommes solidaires avec l’appel des militants ouvriers allemands, français, belges, italiens et autres, à une conférence ouvrière européenne pour une Europe des droits ouvriers et de la démocratie, pour rompre avec Maastricht et les diktats de la BCE.

Oui, unité des classes ouvrières européennes pour construire les États-Unis ouvriers d’Europe de la justice sociale, de la paix, débarrassés de l’exploitation capitaliste.

Vive la lutte de classe ! Vive le Comité de Défense des Travailleurs Frontaliers de la Moselle

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Précision à propos de la nature du salaire et des cotisations sociales :

 

 

 

 

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