J. Tourtaux : contribution aux travaux du 49 ème Congrès confédéral de la CGT

Publié le par FSC

Mon opinion sur l'avenir de la grande dame qu'est encore la CGT.

Concernant les structures intermédiaires à la confédération que sont les Fédérations, les UD auxquels s'ajoutent des syndicats, tout va bien pour les gens d'appareils que sont les permanents. Les consultations dans les structures de base, personnellement, je ne connais pas, n'étant jamais invité bien que je paie rubis sur l'ongle la totalité de ma cotisation syndicale annuelle chaque mois de janvier.
Nos dirigeants sont depuis bien longtemps coupés de leurs bases syndicales, leur carrièrisme qui leur colle à la peau ne pouvant leur permettre d'entrevoir les réalités de terrain vécues au quotidien par les syndiqués. Ces dirigeants d'appareils doivent tenir compte du point de vue de la base et le mettre en application.
Ce n'est pas aux hautes sphères de décider de la mise en oeuvre de la ligne de conduite de la CGT. Les décisions prises dans les syndicats doivent impérativement remonter  vers la confédération qui doit mettre celles-ci en application. Cela permettra à nos dirigeants, rivés sur leurs sièges éjectables, d'avoir une autre conception des réalités, d'appréhender autrement le vouloir des travailleurs.
J'entend par travailleurs, les salariés qui triment, quelque soit leurs corps de métier, ce qui est tout de même très différent pour nos donneurs d'ordres qui ont depuis bien longtemps oublié leurs conditions de salariés, certains permanents ne l'ont jamais été ou si peu. 

Je voudrais tout d'abord rappeler les sages paroles pleines de bon sens tenues en 1948 par notre éminent camarade Benoit-Frachon :

LES PORTEURS DE VALISES AU BOULOT !
UNE SEMAINE PERMANENT ET TROIS SEMAINES AU BOULOT !

En effet, les opportunistes carrièristes qui font leur nid dans la CGT ont des comptes à rendre aux syndiqués.
Chaques jour, des familles entières sont jetées dans la misère parce que des patrons-voyous l'ont décidé mais aussi et surtout parce que le syndicat CGT, le plus représentatif du pays ne construit pas une riposte à la hauteur des enjeux de classe que sont la défense et le maintien de nos acquis sociaux et le combat pour en conquêrir d'autres face au MEDEF et à ses représentants installés aux commandes du gouvernement.  

Les travailleurs en ont assez des journées d'action qui leur font perdre des heures de grèves pour rien et qui font marrer MEDEF et gouvernement. Ce ne sont pas les grévettes d'une journée tous les deux mois qui vont impressionner un patronat de combat plein de morgue et de mépris à l'égard de la classe ouvrière.

Après les grandes démonstrations de forces quasi réduites à néant par la mascarade grotesque organisée le samedi 13 juin et "savamment" orchestrée par les hautes sphères confédérales relayées par les UD, force est de constater que cette pantalonnade était voulue pour nous asséner le coup de grâce.
En effet, il est clair que dans les rangs de la CGT, un ressort a été cassé. Nous avions créé un rapport de force conséquent mais les dirigeants réformistes de notre CGT l'ont fait avorter, provoquant ainsi un sentiment d'impuissance face à la déferlante antisociale que nous subissons quotidiennement. 
Ce samedi 13 juin, les rangs des manifestants étaient bien moindres que les fois précédentes et de nombreux camarades de la CGT ont volontairement boïcotté la ballade en ville, estimant que cette " manif " qui faisait déborder le vase était de trop et inutile.

Comme beaucoup de militants, je suis très critique à l'égard de nos dirigeants qui ne semblent ou ne veulent pas prendre au sérieux la gravité de la situation. Des milliers d'emplois sont supprimés, tous nos acquis sociaux sont détruits ou vont l'être par la lutte des classes acharnée que nous mènent de concert patronat et gouvernement qui ne cachent pas leur haine du peuple et que font notre confédération, ses fédérations et ses UD ?
Elles attendent l'arme au pied. Pire, elles laissent livrés à eux-mêmes les syndicats de base qui luttent contre la casse de leurs entreprises, donnant aux salariés l'image d'une CGT incohérente y compris au sein de notre propre organisation.

De plus en plus nombreux sont les travailleurs qui ne comprennent pas ou pensent que les directions syndicales se dérobent devant la nécessaire et indispensable construction des luttes notamment de la part de la CGT qui, de tous temps a toujours été le moteur, le fer de lance de la classe ouvrière.
Je ne vous apprendrai rien en disant que les autres organisations syndicales qui, à part faire du bruit et gesticuler pour tenter d'exister, ne font rien ou presque rien, l'essentiel du travail reposant sur les militants de la seule CGT et cela ne date pas d'hier. Je l'ai également souvent constaté durant mes trente années travaillées à la SNCF. 
Face aux agressions incessantes du gouvernement Sarkozy, il est donc plus que temps que la base soit davantage écoutée, que soit pris en compte ce que disent et veulent nos militants, nos syndiqués car ce sont nous qui faisons la CGT, qui la faisons fonctionner.

Il faut aussi et surtout que les directions cessent de regarder leur nombril. Sans l'engagement militant à la base, moteur de notre CGT, il n'est point de rassemblement  représentatif possible telles les grandes manifestations qui ont déferlé dans tout le pays.
Les dirigeants de la CGT n'ont visiblement pas cherché ni voulu exploiter les deux grands rassemblements d'ampleur exceptionnelle qui n'ont pas rassuré les riches du pays, surtout le 19 mars où les ingrédients étaient réunis pour prolonger et étendre le mouvement. Pire, la CGT a laissé croire aux travailleurs que les huit organisations syndicales étaient unies alors qu'il s'agit d'une unité de façade remise en cause à chaque élection professionnelle.
L'élaboration d'une plate-forme commune doit se faire dans les syndicats de base, puis dans les UL et non au sommet ou dans les UD et les Fédérations, où les permanents carrièristes, qui feraient bien de reprendre le sac et de retourner au boulot, comme s'est plu à le dire notre camarade Benoit-Frachon, décident à la place de la base qui est souveraine. 

Comme nous le savons, la CFDT et FO ne sont pas des foudres de guerre. A part aboyer pour qu'on les aperçoive, ils sont inexistants et, comme d'habitude, ce sont toujours les militants de la CGT qui tractent sur le terrain.
De nombreuses réflexions de camarades ont eu lieu.
 Pourquoi avoir attendu si longtemps  entre le 19 mars et le1er Mai? 
Pourquoi la CGT n'a-t-elle pas axé son action sur les syndicats dans les boîtes et dans les UL pour y développer et amplifier les luttes ouvrant ainsi des perspectives revendicatives et mobilisatrices permettant d'organiser et de renforcer la CGT?

Le comportement de nos dirigeants syndicaux me conforte dans l'idée qu'ils craignent autant que le patronat et ses valets du gouvernement, l'affrontement de classes. Nos dirigeants redoutent l'ampleur des mobilisations sociales tant ils ont peur d'être débordés, surtout à proximité d'échéances politiques qui vont sans aucun doute avoir lieu dans une période de fortes turbulences sociales et dont les responsables politiques, soit-disant de gauche voudraient qu'elles se déroulent en dehors de toutes agitations sociales et populaires. 

Je pense que si la CGT veut tenir pleinement son rôle d'organisation syndicale démocratique, sérieuse et responsable, elle doit rester sur des bases saines, de classe et de masse, tenant compte de nos valeurs, de notre expérience militante basées sur les rapports de forces créés sur le terrain des luttes dans les entreprises.

Je suis fermement opposé à l'unité au sommet entre carrièristes réformistes. Cette "unité" ne reflète en rien le point de vue de la base.
Comme le disent aussi de nombreux camarades, je suis de ceux qui vivent très mal la dégénérescence de la gauche française dont les errements constants et son incapacité à gouverner lorsqu'elle est aux affaires du pays ou dans l'opposition, s'apparente à une trahison envers la classe ouvrière.

Je suis également partie prenante des 61% de citoyens qui ont refusé de cautionner la mascarade du 7 juin dernier où tous les partis dits de gauche qui se sont engagés aux côtés de l'UMPS et du MODEM ont reconnu le fait européen, renié leur vote NON au référendum de mai 2005 et trahi le suffrage universel où 55% de Français ont rejeté l'Union européenne.

Le 1er Mai et visiblement dans l'optique des élections européennes du 7 juin, une kyrielle de politiciens se sont mêlés aux cortèges. Cela ne les a pas favorisés pour autant puisqu'ils ont subi, notamment le PS et le NPA un camoufflet retentissant. 

L'actuelle période des congés estivaux marque un ralentissement important de l'activité économique et de la mobilisation des travailleurs, des luttes importantes ont lieu là où les salariés subissent des plans sociaux. Force est de constater que les directions syndicales, dont la CGT, laissent les syndicats de base et les travailleurs abandonnés à eux-mêmes face à des patrons-voyous qui n'hésitent pas à faire appel à des vigiles, voire à les traîner en justice.

Malgré la collaboration manifeste de la confédération avec nos ennemis de classe, la rentrée s'annonce torride, les travailleurs ne pouvant plus supporter d'être humiliés par un patronat et un gouvernement qui affichent ouvertement leur haine de classe. 
La CGT qui, à la base ne peut pas renoncer à l'unité d'action, ne doit pas perdre de vue que la colère qui s'exprime dans l'ensemble de la classe ouvrière ne va plus pouvoir être contenue, ce dont ont si peur le MEDEF, le gouvernement et...les syndicalistes d'accompagnement dont notre confédération, qui freine des quatre fers le développement des luttes.
La CGT doit rester la CGT et pour cela nous devons conserver nos fondamentaux qui passent inévitablement par le combat de classes contre nos ennemis. 

Dans le document d'orientation et résolutions, le point 9  est inquiètant, je cite :

"Ce rêve d'un capitalisme totalement libéral (...) se heurte à la crise d'un système économique, financier, d'une conception du modèle social à bout de souffle."

Ce capitalisme totalement libéral laisse entrevoir qu'il existe un capitalisme moins sauvage, plus fréquentable. Sans doute s'agit-il du capitalisme que prétend vouloir sauver le président de la CES (Confédération Européenne des Syndicats), courroie de transmission de l'UE, financée par celle-ci. Je rappelle que la confédération CGT est adhérente à la CES est que notre secrétaire général Bernard Thibault y assume d'importantes responsabilités, ce qui explique pourquoi le MEDEF et son valet Sarkozy n'ont rien à redouter de Bernard Thibault et de ses amis de la CFDT, de FO et de la FSU, également parties prenantes dans la CES.  

Le point 15 m'interpelle également :
"Par son action, ses propositions alternatives aux politiques actuelles, la CGT entend créer les conditions d'une nouvelle dynamique syndicale...
Qu'entend-on par "propositions alternatives"?

Le point 16 :
"La CGT s'engage résolument dans un syndicalisme de transformation sociale, rassemblé et rassembleur..."
La phrase langue de bois est lâchée, le flou intégral!
La lutte des classes, c'est du passé, la démocratie syndicale sera celle décidée par le MEDEF et mise en application par le gouvernement.

Cerise sur le gâteau, le point 17 où la confédération qui n'a eue de cesse de torpiller le formidable mouvement des sans-papiers, jusqu'à couvrir, si ce n'est ordonner le matraquage et le gazage de centaines d'entre eux lors de l'expulsion d'une Bourse du Travail parisienne, femmes et enfants compris, la confédération qui trie les bons et les mauvais sans-papiers dont sont nombreux des camarades syndiqués à la CGT, prétend tirer gloire de son défaussement peu glorieux dans cette dramatique lutte des sans-papiers qui voit un grand nombre d'entre eux écartelés par de terribles séparations familiales pour être expulsés par charters dans leurs pays d'origine, mettant en danger de mort nombre d'entre eux. 

Je suis un militant CGT doublé d'un militantisme anticolonial et, à ce titre, je défend farouchement l'honneur de ces travailleurs mais aussi celui de notre grande dame qu'est la CGT.

Les camarades qui disent que l'occupation de cette Bourse du Travail les empêchaient de recevoir d'autres travailleurs ayant eux aussi besoin d'être défendus qui n'ont pas eu le moindre mot de réconfort pour les sans-papiers matraqués et gazés, ne peuvent désormais plus accéder à leurs bureaux et ne semblent pas, d'après ce qui m'est rapporté s'en offusquer , ni même protester contre cette impossibilité de recevoir d'autres salariés en difficultés. 

Le point 19 :
"Cest bien l'objectif que poursuit la CGT en s'engageant avec détermination dans le développement d'un syndicalisme "d'adhérents" reposant sur le développement de la syndicalisation, d'une vie syndicale active et démocratique permettant è chaque syndiqué d'être pleinement impliqué dans l'organisation."

Là, on nage en pleine céfefdétisation : un syndicalisme "d'adhérents", qu'est-ce à dire? Est-ce avec de tels arguments que l'on va révolutionner notre CGT, la remettre sur les rails de la lutte des classes ?

Les points 20 et 21 sont du même tonneau !


Le point 1 de la partie 1 :

"La multiplication des luttes revendicatives montre que les travailleurs n'entendent pas se laisser faire."

C'est de la poudre aux yeux au regard de la multitude d'entreprises où des salariés se battent avec leurs syndicats sans l'aide des directions syndicales! 

Au point 15 je lis :
"Moraliser" ne suffira donc pas. Injecter des liquidités et du capital non plus! Poser des règles, "réguler", est indispensable mais pas suffisant."

J'ai l'impression de m'être trompé de syndicat, d'être à la CFDT!
 
Point 16 :
"La valeur du travail, la valeur travail, le statut du travail, sont bien au coeur de l'affrontement pour une issue à la crise.
Je dirais AFFRONTEMENT DE CLASSE, cette omission n'est pas anodine, elle est voulue.

A partir du point 33 est abordé : "L'enjeu du Nouveau Statut du Travail Salarié et de la Sécurité Sociale Professionnelle 
Ces deux propositions ouvrent la porte à tous les dangers pour les travailleurs, leurs familles et l'ensemble de la classe ouvrière. " C'est exactement ce que Sarkozy et Thibault souhaitent avec la "sécurité sociale professionnelle" : transformer la CGT en organisme de placement et de "bienfaisance sociale" et le vider de son contenu de classe.

Sur la résolution n°1
Point I - 140.2)
 
Le congrès de la CGT décide... sa priorité et pose avec la CES, la CSI et différentes ONG un certain nombre de revendications urgentes :

Entre autres énormités et voies de garages : " La reconnaissance universelle de la notion de "Travail décent" ;
De qui se moque-t-on ?
Voilà seulement maintenant que ces organismes fantoches auxquels est adhérente la CGT s'aperçoivent que des travailleurs triment dans des conditions indécentes !
Des milliers de travailleurs sont jetés à la rue par des patrons qui méritent la prison et  nos têtes pensantes n'ont rien trouvé de mieux à nous concocter ?

Point I - 143.
"Le développement d'une politique cohérente de l'énergie, de l'industrie et de l'environnement";

 
Il suffit de nationaliser les grands moyens de production ainsi que les banques et compagnies d'assurances mais ça, c'est devenu un tabou à la confédération.

Point I - 145.3)
"La CGT estime qu'il faut à la fois soutenir l'emploi, la consommation et l'investissement, tant en France qu'en Europe et à l'échelon du monde."


Le "en Europe" m'interpelle. La confédération imbriquée dans la CES, la CSI et différentes ONG accepte sans sourciller le fait européen et les dangers que représente la dictature européenne pour la classe ouvrière.

Dans la deuxième partie, point II - 5.
Le document en remet une couche avec :
"Nous cherchons à développer un syndicalisme de transformation sociale, rassemblé et rassembleur, dans le service, le territoire, la branche, le pays, et sur le plan international."

Voilà le message, le langage que veulent nous imposer les dirigeants de la CGT. C'est inacceptable, ce n'est plus la CGT qui parle, c'est la CFDT ! Et pour ce faire, on ose nous demander de créer un rapport de forces !
Ensuite est développé tout un programme en direction des jeunes, qui sont, ne l'oublions pas de futurs travailleurs.

II - 18. ... "Notre ambition est celle d'un syndicalisme de masse susceptible de répondre aux besoins de chacun d'entre nous."
Je trouve qu'il faut avoir un sacré culot pour oser affirmer qu'est ambitionné un syndicalisme de masse alors que les directions de la CGT et de la FSU, en freinant des quatre fers pour empêcher le développement des luttes des étudiants, des enseignants-chercheurs, du jamais vu dans cette spécialité enseignante, les ont traîtreusement poignardés mais, ce n'est que reculer pour mieux sauter car les luttes qui vont reprendre à l'automne s'annoncent très chaudes et pas seulement dans l'Education nationale.

II - 22. "...développer les coopérations avec les syndicats représentatifs des lycéens et étudiants, comme l'UNL ou l'UNEF, avec des associations comme la JOC
Les étudiants connaissent l'état d'esprit des responsables de l'UNEF et sa capacité à les trahir au moindre coup de vent; mais, que vient faire la JOC là-dedans ?
 Pourquoi ne pa faire appel au chanoine de Latran pendant qu'on y est? Il est clair que sont dessinés les contours, les limites à ne pas dépasser. 
Les coordinations vont de nouveau surgir et supplanter ces organisations croupions.

LA RESOLUTION N°2

II - 30. CONSTRUIRE LA CGT AVEC LES JEUNES : UN ENJEU MAJEUR
 

II - 31.
  "Apporter des réponses syndicales aux besoins de la jeunesse", cet objectif doit devenir un axe majeur de notre activité.

II - 43.
"Depuis la fin de l'année 2008, le contexte est marqué par le mouvement revendicatif impulsé par les huit organisations syndicales présentes au plan national."
La situation est dramatique parce que les huit syndicats nationaux présents en France ne sont pas à la hauteur en raison de leur collaboration de classe et d'aboiements sans lendemains et trop souvent, sans même les soutenir et les épauler, ils ont le culot de prétendre vouloir récupérer le travail de masse formidable réalisé à la base par les camarades qui se dépensent sans compter. 

II - 46. 
Là encore, nos ténors font fort. je cite :
"La grève générale en Guadeloupe et les mobilisations puissantes en Martinique et aux Antilles, tout en relevant de réalités propres aux départements d'outre-mer, ont démontré l'ampleur des exigences sociales et démocratiques des salariés et de la population et la dynamique de rassemblement sur la base de ces exigences."

Je suis outré de voir avec quelle légèreté déconcertante la remarquable lutte de nos amis guadeloupéens est quasiment passée sous silence. J'ignorais que les Antilles avaient perdu deux de leurs fleurons : la Guadeloupe et la Martinique. La lutte du peuple réunionnais et maintenant des travailleurs de Nouvelle-Calédonie, circulez, y a rien à voir !
Il aura fallu qu'en Guadeloupe, notre camarade Jacques BINO, du SNADGI-CGT soit tué dans des conditions non encore élucidées, pour que la confédération CGT réagisse par la voix d'un Bernard Thibault qui craignait par dessus tout l'extention du mouvement en métropole où les travailleurs attendaient, ils attendent toujours l'appel salvateur.
Bernard Thibault a déclaré que la grève des DOM n'était pas exportable en France. Comme s'il voulait freiner, empêcher sa propagation. Quand j'ai lu ça, la nausée, un sentiment de dégout m'a envahi. Comment est-il possible que le secrétaire général de la CGT, mon syndicat, puisse tenir un tel langage?
L'internationalisme est une des valeurs de la CGT et voilà que le numéro 1 de notre grande dame, donne dans la trahison car c'est ainsi que de nombreux camarades l'ont aussi ressenti et interprêté. La CGT abandonnant les salariés en lutte dans les encore et toujours colonies françaises, cela dépasse l'entendement.
J'ajoute que la confédération s'est comportée comme chez nous en métropole où de nombreuses luttes à la base sont laissées sans soutien des instantes dirigeantes, ce qui n'est pas acceptable.

II - 47
. "Les mobilisations syndicales européennes, plus nombreuses, participent aussi au rapport des forces et contribuent à contrecarrer les pratiques de dumping social mises en oeuvre par le patronat." 
S'agit-il notamment de manif genre "travail décent"?

II
54. "Sans sous-estimer l'importance du débat sur la tactique des luttes, il ne faut cependant pas perdre de vue celui, essentiel, sur le contenu de celui-ci : des propositions alternatives à la crise, avec un contenu social transformateur."
Les dites propositions alternatives à la crise, avec un contenu transformateur, c'est du tout craché CFDT qui d'alternatives en alternatives et de contenu social transformateur en contenu social transformateur, ménent la classe ouvrière à l'abattoir.
Je m'explique : on voit bien où veulent en venir les carrièristes de la confédération. Tout simplement à vider de leur contenu toutes les conquêtes ouvrières arrachées par nos ainés en 36, puis avec le CNR et ce, grâce aux milliers de camarades morts au champ d'honneur contre les fascistes hitlériens soutenus et épaulés par le traître Pétain, en 68, etc. ...
Nous, syndiqués CGT, nous ne pouvons pas cautionner et laisser faire. Nous devons sans cesse nous opposer à la direction jaune qui est au pouvoir, à la tête de l'appareil, véritable petit gouvernement du syndicalisme de collaboration de classes.

II - 55. "Poser cet enjeu éclaire à la fois le niveau du rapport de forces à atteindre, la profondeur et l'importance des débats à mener avec les salariés, demandeurs d'emplois et retraités et les capacités de rassemblement à développer dans la durée. Les différentes phases de la crise, les restructurations en cours du capitalisme comme les évolutions constatées au niveau de la bataille idéologique obligent, sans cesse, à apporter de nouvelles explications pour nourrir les mobilisations dans un contexte en perpétuelle mutation."
Cet enjeu éclaire surtout sur les intentions de l'appareil à rassembler dans la durée. Mais ils se moquent du monde et veulent tout gentiment nous emmener sur une voie de garage...dans la durée. Le rapport de forces dont on nous rabat les oreilles, nous l'avions créé lors des grandes manifestations mais la grande peur qui anime nos responsables syndicaux et équivalente à celle du MEDEF et de la clique qui gouverne ce pays.
Les restructurations en cours du capitalisme : est-ce que la CGT doit se préoccuper des aléas du capitalisme? Bien sûr que non mais, dans la foulée du "patron" de la CES, qui a déclaré vouloir sauver le capitalisme, les dirigeants de la CGT qui assument des responsabilités importantes au sein de celle-ci, ne peuvent et ne veulent pas le déjuger, étant dans le droit fil et sur la même longueur d'ondes que lui.
...les évolutions constatées au niveau de la bataille idéologique : c'est de l'hébreu qui veut dire quoi? Bataille idéologique contre qui? Contre le capitalisme, que nenni!
Bataille idéologique contre les militants de la base de plus en plus nombreux parmi les travailleurs qui comprennent où veulent en venir nos dirigeants : céfefdétiser la CGT, donc créer un syndicat de larves, ce que les militants du combat de classe d'une fidélité constante à la grande dame qu'est notre CGT, refusent.
La bataille idéologique, la confédération la mène insidieusement et pernicieusement contre le syndicalisme pur qui anime nos militants. Je n'avance pas ce propos à la légère, pourquoi?
Les stages de formation pratiqués désormais à la CGT sont façonnés à l'image de la CES, donc forcément dans le moule de l'Union européenne. Les militants ne reçoivent plus les cours allant dans le sens du combat de classe mais apprennent à leur insu à ne pas pouvoir se défendre. Lorsque l'on a à faire à la dictature capitaliste de l'UE, ce n'est pas en apprenant à courber l'échine devant l'adversaire de classe que les militants formés à l'école actuelle de la CGT vont pouvoir entraîner les masses pour créer le rapport de forces et les capacités à rassembler qui en découlent. Cette attitude de la CGT qui est volontairement démobilisatrice ne peut servir que les intérêts des ennemis de la classe ouvrière.  

II - 56. "Ces débats qui traversent la CGT sont également présents dans les réunions entre les différentes organisations syndicales. La CGT veut permettre aux salariés d'en être les acteurs."
Je pense que le ver qui est dans le fruit de notre CGT doit être vigoureusement combattu. La confédération qui est étroitement entourée et soutenue par la plupart des Fédérations, des Unions Départementales et de certaines Unions Locales sclérose les organes vitaux de la CGT et cherche à en écarter par tous moyens les militants qui refusent de suivre leur poltique d'accompagnement des mauvais coups assénés chaque jour par Sarkozy et son équipe.  

II - 57. "Conquérir une plus grande implication des salariés dans les luttes, les négociations, le syndicalisme."
Pour que la CGT soit conquérante, les dirigeants de la confédération doivent montrer l'exemple en payant de leur personne, assumer les responsabilités que les syndiqués leur ont confiées, impulser le développement des luttes et non freiner celles-ci, telle est mon opinion du syndicalisme de classe auquel nos états-majors tournent le dos.  

II - 58. "Par deux fois, en 2006 dans la lutte victorieuse contre le CPE et en ce début 2009 pour des revendications alternatives face à la crise, les salariés ont répondu par millions aux initiatives de mobilisations impulsées par une intersyndicale composée de la totalité des syndicats de salariés."
Les salariés sont entrés massivement dans les luttes mais ceux-ci veulent autre chose que ce que nous claironnent nos dirigeants. Les grandes manifestations auxquelles jeunes et anciens confondus ont participé ne répondent pas à nos attentes et inquiétudes. Les directions syndicales ont par leur vraie fausse unité de ravalement de façade, réussi à étouffer le grand mouvement venu de la base. La grotesque cavalcade du samedi 13 juin a été voulue par les Etats-majors syndicaux pour faire capoter le formidable mouvement que seules les bases syndicales sont en capacité d'insufler.
Ce ne sont pas nos dirigeants complètement coupés de leurs bases qui ont pu obtenir cet immense succès. Que les carrièristes se montrent plus modestes au lieu de s'attribuer les mérites des militants de base. 

II - 59. "Ils ont ainsi démontré leur attachement à l'unité des syndicats qui permet de créer les conditions du rapport de forces nécessaire pour amener le patronat à négocier. ..."    
Les travailleurs n'ont pas besoin de cette unité au sommet pour y négocier des miettes qui seront ensuite brandies comme des trophées par leurs auteurs.

II - 63."Un large déploiement d'initiatives et de propositions propres à la CGT est indispensable.
Elles doivent être conçues dans un esprit d'ouverture et de rassemblement, de mises en débat, entre les syndiqués CGT en premier lieu mais aussi avec les salariés et les autres organisations syndicales et celà, à tous les niveaux.
"
Cet article 63 est de mon point de vue très dangereux pour notre devenir car nous ne connaissons que trop bien ce qu'en langue de bois confédérale veut dire déploiement d'initiatives qui ne débouchera au final que sur de nouvelles défaites des salariés puisque ces initiatives doivent être conçues dans un esprit d'ouverture... et si je comprend bien, débattues avec les salariés des autres OS, à tous les niveaux. Ce qui fait perdre toute indépendance syndicale à notre organisation et à nos syndiqués. Plus de démocratie syndicale, le syndicalisme bon enfant, style CES où la CGT ne pourrait plus remplir la mission Avant-gardiste qu'a toujours été la sienne. Tout mouvement contestataire serait immédiatement étouffé dans l'oeuf. Non merci, cette CGT n'est pas celle à laquelle j'aspire.

II - 65. "Cela implique aussi, pour toutes les composantes de la CGT concernées par un même sujet, une grande cohérence au niveau de notre démarche et de nos propositions revendicatives appuyées sur les repères revendicatifs confédéraux."
Nous, militants CGT de masse, ne savons que trop ce que signifie "s'appuyer sur les repères revendicatifs confédéraux" où la montagne accouche souvent d'une souris.

II - 70. "Les niveaux de négociations collectives sont de plus en plus diversifiés...jusqu'au niveau européen..."
La confédération serait sérieusement génée aux entournures si elle déjugeait la CES dans laquelle elle est comme un poisson dans l'eau.

II - 73. "Au sein des groupes multinationaux se négocient et se mettent en place des accords de dimention européenne..."
Là encore, il est clair que la CGT accompagne la CES dans tous les mauvais coups dirigés contre les travailleurs.

II - 74." De plus, la construction européenne conduit à l'internationalisation des territoires."
Ainsi, les planqués carriéristes qui occupent les hautes sphères dirigeantes de notre CGT passent au dessus du vote négatif à 55% des français qui, démocratiquement ont démontré clairement qu'ils ne voulaient pas de la dictature européenne. Le 7 juin dernier, plus de 61% de citoyens ont rejeté l'UE à laquelle sont favorables nos dirigeants. Il est évident qu'une telle désinvolture et un tel manque de considération à l'égard d'une grande majorité de français ne peut que faire grandir le fossé existant déjà entre les Etats-majors syndicaux et la base dont l'avis n'est pas ou peu pris en compte. C'est antidémocratique.

II - 77. "Elargir la représentativité de la CGT"
Pour se faire, il faudrait que la CGT cesse de perdre massivement des voix à chaque scrutin.
Je prend l'exemple de ma corporation des cheminots qui ne cesse de perdre des voix et qui en est réduite à se satisfaire d'un taux de 28% de grévistes au plus fort de la mobilisation le 26 mai dernier.
Concernant la démarche unitaire et même s'il y a appel commun, c'est très souvent la seule CGT qui oeuvre, qui tire l'action, au point que nos militants s'interrogent sur cette unité qui n'existe très souvent que sur le papier, si elle doit encore être de mise notamment au niveau de l'arboration des sigles. Je reprend ici l'analyse de notre Fédération : "il est maintenant habituel que lors des mouvements professionnels et interprofessionnels, des syndicats locaux et régionaux de SUD Rail s'expriment publiquement pour appeler les cheminots à ne pas agir...alors que leur Fédération Nationale appelle par ailleurs !
Concernant les pertes de voix importantes, une analyse sérieuse du résultat des élections des DP de mars dernier permet d'affirmer que les cheminots ont perdu nombre de leurs repères politiques et semblent méconnaître le syndicalisme de classe que j'ai connu et pratiqué à l'époque de Georges Séguy.
Avec 48% des voix, en 2000, la CGT perd déjà 6% tous collèges confondus. C'était l'époque où le gouvernement favorisait SUD. La mise en place des 35 heures par la socialiste Martine Aubry et le peu d'enthousiasme manifesté par les cheminots à l'égard du ministre des Transports JC Gayssot qui n'appréciaient guère sa proximité avec le président de la SNCF Louis Gallois, patron d'EADS et fossoyeur de l'Aérospatiale, la perte de voix a surtout été sensible dans le collège Exécution dont la tradition est de voter massivement CGT.
Depuis une dizaine d'années, les jeunes générations n'ont plus de formation de classe parce que lorsqu'ils font un stage de formation syndicale, celui-ci n'a plus l'enseignement de valeur qu'était celui du combat de classe. Désormais, ils reçoivent une formation dans le moule de la très réformiste CES. Désarmés idéologiquement, ils ne sentent pas la nécessité du vote de classe et de 2000 à 2009, cela s'est traduit par 10% de votants en moins à l'exécution et 7% en moins tous collèges confondus.
Les chiffres parlent : 48,55% en 2000 et 41,74% en 2009. Sans aucun doute, ces chiffres expriment le désintérêt des jeunes cheminots récemment embauchés, déçus de voir leurs revendications insatisfaites.
Malgré les luttes menées à la base par les syndicalistes de terrain, les résultats obtenus ne sont pas à la hauteur des espérances des cheminots.
A l'approche du 49éme congrès de notre grande dame qu'est encore la CGT, le syndicalisme de classe doit se renforcer afin de sauver notre syndicalisme CGT tombé aux mains des carrièristes plus enclins à lorgner du côté de la CES que du côté des travailleurs.

II - 102. "Les convergences entre syndicats et ONG de défense de l'environnement lors du Grenelle de l'environnement..."
Même la CGT galvaude le mot Grenelle comme le fait le gouvernement de Sarkozy. Il n'existe qu'un Grenelle, c'est celui du Constat de Grenelle qui a entériné la grande victoire ouvrière conquise de haute lutte lors de la mémorable grève de mai-juin 1968.
La direction de la CGT veut donner dans les ONG et pourquoi pas dans le scoutisme au nom de la défense de la laïcité, mais, où donc cherche-t-on à nous entrainer?   

II - 103. "Pour autant, la faiblesse de la syndicalisation et la division syndicale...visant à dénigrer et à contester la légitimité du syndicalisme à représenter les salariés..."
Si la CGT est arrivée à un tel stade de faiblesse du taux de syndicalisation, c'est parce qu'elle n'est plus un syndicat de lutte de classe. Les pertes significatives que nous enregistrons quasiment à chaque élection, sont dues au manque de combativité de nos dirigeants et à leurs prises de position déroutantes qui ne vont pas dans le sens qu'elles devraient aller, c'est-à-dire, être conquérantes afin de d'aider au développement des luttes.      

II - 104. "L'unité des syndicats réalisée ces derniers mois autour d'une plate-forme revendicative au contenu transformateur élévé, le succès des mobilisations, la durée du processus, ont créé des attentes nouvelles dont toutes ne relèvent pas du champ et des prérogatives syndicales."
Je voudrais connaître quelles sont les prérogatives syndicales et qu'entend-on par contenu transformateur élevé?

II - 110. "Loin de toute démarche d'appareil, elle s'affirme disponible..."
Les sphères dirigeantes ne seraient pas des appareils  mais que sont-elles alors? N'ont-elles pas décidé d'inféoder la CGT à la réformiste CES ?

II - III. RESOLUTION N°3 

II - 113. "Le Congrès se félicite des efforts réalisés par la CGT pour parvenir à la constitution d'un front uni des organisations syndicales."
Pas plus tard que le 15 août où les tarifs EDF ont subi une nouvelle hausse, nous avons pris connaissance des prises de position des fédérations nationales d'EDF de la CGC et de la CFDT qui abondaient dans le sens de cette augmentation que vont encore subir durement les familles de conditions modestes. Je ne veux pas faire l'unité avec de tels débris syndicaux qui, lorsqu'ils négocient, cela se solde toujours par de nouveaux reculs sociaux. 

II - 114. "Les actions impulsées par les huit organisations syndicales de salariés...il est possible que les syndicats se rassemblent et agissent sur des objectifs communs."
Voilà qui nous ramène à l'alnéa 113 où les funestes résultats seront identiques. 

II - 115." Le Congrès décide de poursuivre, d'élargir et de déployer à tous les niveaux, la démarche revendicative et unitaire de la CGT."

II - 116. "Cette démarche "de syndicalisme rassemblé" vise à favoriser les convergences d'actions...
"
Je suis fermement opposé à ce syndicalisme qui rassemble le haut de la pyramide mais qui ne tient pas compte du point de vue de la base qui est prête à l'affrontement de classe pour défendre nos acquis sociaux.

II - 130. "Le congrès de la CGT afirme sa volonté d'allier conquêtes électorales et démarche de rassemblement."

II - 132. "La CGT...se voit assigner des responsabilités plus fortes encore pour oeuvrer  au rassemblement du syndicalisme."
La confédération qui se garde bien de le dire veut parachever ce qu'elle a commencé en oeuvrant au rassemblement du syndicalisme réformiste cher à la collaboratrice CES. 

N'étant pas un adepte de la langue de bois, voilà donc ma contribution personnelle au 49ème Congrès confédéral. Je n'ai pas la prétention de démocratiser la CGT à moi tout seul mais, je tiens à ce que mon point de vue soit connu de tous quant au devenir de la CGT à laquelle j'aspire. 
Avec de modestes moyens, je me bat pour que ma CGT continue d'être à la pointe des combats de Classes et demeure plus que jamais le fer de lance de ceux-ci. La CGT doit rester la grande dame sur qui la classe ouvrière doit pouvoir compter et s'appuyer.

Jacques Tourtaux
Ancien secrétaire général du syndicat des Cheminots
et de l'Union Locale CGT de Rethel (Ardennes) 

Membre du Conseil d'Administration du Front Syndical de Classe

Publié dans CGT

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