Déclaration du Front Syndical de Classe après le 23 septembre

Publié le par FSC

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À l’offensive !

 

La pathétique querelle des chiffres relayée par les médias aux ordres ne doit pas masquer que la journée du 23 septembre est une grande réussite à tous points de vue.

 

D’une part, les chiffres donnés par le gouvernement prêtent à sourire ou à hurler, selon l’habitude que l’on a des comptages officiels qui font par exemple voir à la police 22 000 manifestants à Marseille alors que plus de 200000 se pressent sur la Canebière ou attendent de pouvoir y défiler. En réalité, c’est encore plusieurs millions de personnes qui ont fait grève et manifesté aujourd’hui, au niveau des plus grandes journées de mobilisation de ces dernières années.

 

Mais d’autre part, l’analyse de la journée ne peut se limiter à un  « Téléthon » du plus grand nombre de manifestants ; il faut aussi s’intéresser à la composition des défilés, aux slogans, au nombre et au contenu des AG, aux perspectives mises en avant par la base. Sur tous ces sujets, la journée du 23 septembre témoigne d’un progrès décisif dans la mobilisation et la combativité des salariés (mais aussi des étudiants et des lycéens qui ont dans certains cas largement participé aux manifestations).

 

Partout la critique monte contre l’attentisme des directions syndicales, et en particulier  contre la CFDT qui semble donner le « LA » à l’intersyndicale nationale. Un peu partout, les slogans ont exigé le retrait du projet de casse des retraites et ont mis en avant la nécessité d’organiser des suites rapides et un durcissement du mouvement : grève reconductible, blocage de l’économie, grève générale… Partout s’impose l’idée que c’est en s’en prenant de manière résolue et continue aux profits du MEDEF que l’on contraindra le gouvernement, qui est son serviteur zélé, à reculer.

Dans beaucoup de départements, des appels à la grève reconductible sont ainsi désormais lancés par certains secteurs (ici l’Education Nationale, là, La Poste, ailleurs les raffineries…) avec la volonté des syndiqués et des non-syndiqués d’organiser le mouvement par la base.

 

Cette prise en main de ses affaires par la base, sans attendre la rituelle réunion des états-majors syndicaux qui décidera d’une (ou deux) nouvelle journée d’action isolée sans mot d’ordre clair, est une évolution majeure susceptible de déboucher sur le mouvement d’une ampleur historique dont nous avons besoin pour gagner contre ce pouvoir de casseurs.

 

A l’image de ce qui se met déjà en place dans certains secteurs et dans certaines régions, poussons à la base au départ de la lutte et de la grève, poussons pour que s’organisent des AG interpro locales, départementales qui coordonnent les actions, avec la participation et le soutien des organisations syndicales de base qui sont nombreuses à œuvrer dans le même sens.

 

Comme ce fut le cas en 36, 68 ou 95, c’est la base qui a l’avenir du mouvement entre ses mains. Quand un mouvement part, nous pouvons avoir confiance dans l’intelligence et le savoir-faire des travailleurs pour mener la lutte sous différentes formes, organiser les blocages, diffuser les informations, construire la suite en tissant des liens entre tous les secteurs combatifs pour organiser un mouvement qui se reconduise en rassemblant autour de lui toujours plus de salariés.

 

Salariés du privé et du public, étudiants, lycéens, alors que des millions de grévistes et manifestants ont à nouveau battu le pavé et que le mouvement est soutenu par une très large majorité de la population, passons à l’offensive avec confiance et détermination. Sous toutes les formes décidées en bas, la France des luttes ne doit pas laisser de répit au MEDEF et à Sarkozy.

 

 

RETRAIT DE LA CONTRE-RÉFORME WOERTH-SARKOZY 

LA RÉGRESSION NE SE NÉGOCIE PAS

TOUS ENSEMBLE EN MÊME TEMPS

JUSQU'À LA VICTOIRE

Publié dans Luttes - actualités

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claude marchand 26/09/2010 14:26


Proposition pour l’après 23 septembre
Compte tenu de la faiblesse des salaires et de l’insuffisance du pouvoir d’achat, une grève générale reconductible pour exiger le maintien de l’âge de départ légal à la retraite à 60 ans (exigence
minimale partagée par toutes les confédérations) semble être peu réaliste.
Il y a pourtant moyen de rendre cette action possible, bien visible et impactante (seule condition pour que Sarkozy lâche le morceau), sans qu’il en coûte plus aux salariés grévistes : appeler
unitairement à des journées d’actions successives région par région, jusqu’au mot d’ordre de région morte, avec chaque jour ouvrable grève et manifestation dans la ville préfecture de la région
concernée (dans les villes préfectures départementales de la région concernée ce serait encore mieux, question de proximité supplémentaire...). Conséquence : en un mois 20 ou 21 journées d’actions,
à portée nationale dans leurs conséquences économiques, politiques et médiatiques, mais rien qu’une seule que les patrons pourraient facturer aux grévistes... Et cela pourrait durer aussi longtemps
que l’exigence revendicative minimale n’aura pas été obtenue. A mon avis, le grand patronat ne tarderait pas à siffler la fin de récré pour Sarkozy, Fillon et Woerth...
Qu’en pensez-vous ? Si c’est une bonne proposition, faites-la connaître à vos instances syndicales respectives. Merci.
Un coco syndiqué qui veut gagner


ETELLIN 24/09/2010 10:31


Bonjour,

Comment faire alors que partout à travers les 232 défilés, les manifestant-e-s augmentent et que les Confédérations signent "la fin de la récréation" en ne reconduisant pas le mouvement?
Les syndicats Sud et Solidaires étaient POUR LA POURSUITE du MOUVEMENT avec des syndicats CGT adhérents au FSC, des Unions localesq CGT (y compris en Savoie mais
les Confédérations vont reporter "à dans 15 jours" la suite des "hostilités"
Nous savons très bien que la CFDT, la CFTC, la CGC ne sont pas pour le RETRATIR du texte WOERTH,"le magouilleur financier du Gouvernement"qui a eu droit à 20 minutes sur France 2 hier soir pour 30
secondes Thibault et les autres RIEN DU TOUT !
Voilà comment traite cette journée le Service Public qui n'a plus que le nom de PUBLIC!

Alors, rendez-vous au prochain TEMPS FORT peut-être dans 15 jours ?
Bonnes vacances pour les Confédérationsqui font le jeu du Gouvernement !