Retraites : 2003 ou 2012, une trahison demeure une trahison !

Publié le par FSC

Déclaration du Front Syndical de Classe


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Retraites : 2003 ou 2012,

une trahison demeure une trahison !



Interrogé dans la matinale de France Inter le mercredi 6 juin, François Chérèque présente les décisions gouvernementales sur la retraite à 60 ans assortie de conditions comme une sorte de revanche qui en quelque sorte donnerait raison à son positionnement de 2003.

Attitude qui rappelons le a été vécu par les travailleurs en lutte comme une trahison puisqu’elle a consisté en une approbation séparée de la réforme Fillon (40 ans de cotisations pour les fonctionnaires, allongement de la durée de cotisation pour tous 40, 41 ans … mise place de la décote pour les années manquantes), en "contre-partie" de la mise en place du dispositif pour carrière longue négocié avec la seule CFDT permettant un départ anticipé pour ceux ayant commencé à travailler jeunes, à condition d'avoir cotisé 41,5 ans.

Or de quoi s’agit-il en 2012 à nouveau ?:

Le départ à la retraite sera possible à 60 ans pour les salariés ayant commencé à 18 ans et ayant la totalité de leur durée de cotisation (41 ou 41,5 années selon l’année de naissance).

Ce dispositif prévoyant d’inclure dans la durée de cotisation deux trimestres pour les chômeurs et deux trimestres supplémentaires au titre de la maternité, a annoncé, mercredi, Marisol Touraine. et ne concernant en définitive qu’environ 110.000 personnes par an!

Et en tant que contre-partie de quoi en 2012 ?

Car dan son intervention à France Inter F. Chérèque insiste bien et enfonce le clou, les décisions actuelles en 2012 constituent une extension de la réforme de 2003 (âge pris en compte de 18 ans au lieu d’avant 17 ans).

C’est de ce constat d’ailleurs qu’il tire argument pour considérer que son attitude de 2003 sévèrement critiquée serait à présent approuvée par tout le monde !

Mais il va plus loin, disant son souhait de rapports sociaux apaisés, d’un diagnostic de la situation partagé (partenaires sociaux/patronat/gouvernement) il souhaite dans le prolongement de la conférence prévue du 9 au 10 juillet et des 7 groupes de travail mis en place que s’agissant des retraites il soit procédé à une mise à plat, la CFDT se prononçant pour un système de retraites à point ou notionnel.

Les mesures actuelles du gouvernement concernant les retraites doivent donc être appréciées pour ce qu’elles sont : une simple extension de la réforme de 2003 présentée comme une mesure de justice, également à caractère électoral (annonce à quelques jours seulement du premier tour des législatives).

Mais aussi comme s’inscrivant dans un processus qui tourne le dos à une véritable remise en cause des contre-réformes de la droite (93, 2003, 2010) et se fixant résolument pour objectif la retraite à 60 ans pour tous avec une pension décente et donc une réduction des années de cotisation, la fin de la décote, l’indexation sur les salaires des actifs etc.

Le positionnement de la CFDT à l’égard des présentes mesures et plus encore ses propositions de réformes est loin d’être approuvé par tous.

Nous enregistrons positivement le fait que dans son communiqué la "La CGT entend porter haut et fort, dans les semaines à venir, et particulièrement lors de la conférence sociale de juillet, l'exigence du rétablissement de la retraite à 60 ans pour tous".

Cependant, Un piège nous est tendu :

sous apparence de correction des injustices il s’agit de faire oublier pourquoi nous nous sommes battus ces dernières années, pourquoi des millions de travailleurs sont descendus dans la rue à plusieurs reprises.

Nos revendications concernant les retraites ne sont prises en compte ni dans le programme de François Hollande, ni dans ce premier décret, ni dans les propositions de la CFDT pour l’avenir ! On est très loin du compte !

Pour eux il s’agit de nous amener à abandonner nos revendications forgées dans les débats, dans la réflexion et dans les luttes et d’approuver leurs propositions qui quant au fonds sont dans le prolongement des contre-réformes de la droite et de Sarkozy 

Au nom de la dette, des déficits publics et de dépenses sociales qui seraient devenues excessives (trop de retraités par rapport aux actifs) ainsi qu’au nom des directives européennes et des traités européens (Lisbonne ) qui exigent une réduction des dépenses sociales et une remise en cause des droits acquis par les travailleurs depuis des décennies !

Dans un passé récent nous avons crié dans la rue "Nous ne lâcherons rien !" et bien c’est encore le moment de le prouver en totale indépendance du pouvoir politique et en partant de nos revendications forgées dans les luttes!

Ce dossier retraite doit être impérativement rouvert et il faudra bien s’en prendre aux puissances financières afin d’ABOLIR les fameuses réformes Balladur, Fillon, Sarkosy.

Tout cela ne pouvant se faire qu’avec une vraie coordination de nos luttes et avec une CGT qui mène le combat sur un terrain de classes.

Rappels :

Les différentes contre-réformes des retraites ont combiné la modification du calcul des meilleures années, l’indexation sur les prix et non sur les salaires, le recul important de l’âge légal de départ, l’allongement de la durée de cotisation associée à des décotes …pour aboutir à l’objectif souhaité : la baisse draconienne des pensions versées.

Et ouvrir la voie aux assurances privées !

Le Conseil d’Orientation des retraites lui-même prévoit que le taux de remplacement moyen du niveau de la retraite par rapport au salaire, passera de 72% en 2007 à 59 % en 2050 !

C’est donc à toute cette évolution catastrophique qu’il faut mettre en terme en refusant de se contenter de contre-parties à la marge fondées sur l’idée archi-fausse que nous n’avons plus les moyens d’une politique de protection sociale de haut niveau, tandis que les marchés financiers, les banques et l’Union européenne continuent de proférer leurs diktats.




Et donc en exigeant :

le retour aux 60 ans pour tous hors régimes spéciaux, travaux pénibles et 10 meilleures années au lieu des 25.

la diminution significative des années de cotisation (vers le retour aux 150 trimestres (160 actuellement)

● l’indexation des pensions sur les salaires

● pas de pension inférieure à 75% du dernier salaire

Aucune pension de retraite ne doit être inférieure au SMIC.

La validation dans tous les régimes, de recherche d’un premier emploi, des études supérieures et apprentissage, de service militaire, de maternité ou de congé parental, de maladie, de chômage dans le calcul des 37,5 ans.

Un droit à départ à taux plein anticipé en retraite pour les salariés ayant exercé des travaux pénibles et astreignants doit être reconnu dans tous les régimes.

La pérennisation des pensions de réversion à 75% du montant de la pension du conjoint sans aucune restriction.

etc …

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