Michel Etievent : A propos du syndicat CGT-Force Ouvrière: rétablir la VÉRITÉ HISTORIQUE

Publié le par FSC

Michel Etievent : A propos du syndicat CGT-Force Ouvrière: rétablir la VÉRITÉ HISTORIQUE

Où on mesure aussi l'hypocrisie et l'instrumentalisation de l'argument sur l'indépendance syncicale en particulier du côté de la bourgeoisie et des forces réformistes elles pourtant totalement dépendantes  en matière de financement et idéologiquement du patronat et des forces réactionnaires!

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Information

 

Octobre 2015

Publié par Michel El Diablo

 
A propos du syndicat CGT-Force Ouvrière: rétablir la VÉRITÉ HISTORIQUE [Michel Etievent]
A propos du syndicat CGT-Force Ouvrière: rétablir la VÉRITÉ HISTORIQUE [Michel Etievent]A propos du syndicat CGT-Force Ouvrière: rétablir la VÉRITÉ HISTORIQUE [Michel Etievent]

Décidément les médias manipulent, occultent sans cesse. Par exemple à propos d'André Bergeron, un des fondateurs de FO, L’occasion leur était donnée de raconter avec objectivité la naissance de FO et ses conséquences sur le mouvement ouvrier et la première casse de nos acquis.

 

Qu'ai-je entendu: « Bergeron, un des créateurs de FO était partisan d'un « syndicalisme indépendant », « indépendant des patrons et de de toute politique »!!!!. Voilà comment ils résument l'histoire.... aucun mot sur la naissance de FO et son pourquoi. Alors racontons: Nous sommes en 1947, nous venons de vivre (45-47) une période de conquis sociaux extraordinaires dans le sillage du CNR avec les ministres communistes, (sécu, statuts et avancées de toutes sortes, nationalisations, services publics). Il fallait évidemment briser cette formidable invention sociale, D’autant plus que la guerre froide pointe son nez. Comment? Et bien en divisant le mouvement ouvrier. Et d'où va venir cette inspiration à la scission... des USA évidemment. Inspirée de Bruxelles par Irving Brown, le 18 décembre 1947, décision est prise par Jouhaux, Bothereau, Delamarre…de démissionner du bureau confédéral de la CGT.

 

Le 13 avril 1948, ils organisent le Congrès constitutif d’une nouvelle Confédération. La « CGT-Force ouvrière » est née. La scission est consommée…La responsabilité directe des syndicats américains dans la scission sera plus tard attestée par Georges Meany, nouveau secrétaire de l’AFL (American Federation of Labour). En 1953, lors d’un « Club de la Presse » à Washington, l’homme déclarera en substance aux journalistes ébahis : « Il n’y a pas de forces plus importantes aux USA que les Fédérations syndicales américaines. Oui, nous avons un grand rôle à jouer à l’étranger. Tout aussi important, sinon plus, parce que nous pouvons nous permettre de le révéler maintenant, c’est avec l’argent des ouvriers de Détroit et d’ailleurs qu’il m’a été possible d’opérer la scission, très importante pour nous, de la CGT, en créant le syndicat FO » .Dans une interview au « Los Angeles Times » en 1964, Thomas Braden confirmera, quant à lui, que la CIA, dont il fut l’un des dirigeants, avait largement contribué au financement de FO.

 

Les conséquences seront terribles pour le mouvement social: division ouvrière, obstacles aux nouvelles conquêtes sociales, affaiblissement de la CGT, reprise en main des patrons après leur période noire de libération, facilitation de toute la casse des conquis. Juste un exemple: la sécu.

 

En 1967 par ses ordonnances, De Gaulle casse le principal acquis de la Libération en instaurant dans les CA des caisses de sécu le paritarisme. Sous Ambroise Croizat : 3/4 des sièges étaient aux ouvriers, 1/4 aux patrons; Avec de Gaulle ce sera, outre la suppression des élections, le rapport 50-50, Il suffira désormais d'un syndicat minoritaire (FO par exemple...) pour faire pencher la balance vers une gestion patronale et commencer le détricotage de l’œuvre du CNR et notre sécu....Voilà, c'était juste pour rétablir un peu de vérité historique.

 

Michel ETIEVENT

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P
Cet article est sans nuance. FO s'était prononcé contre les ordonnances de 1967. Sur Force ouvrière, Henri Krasucki voyait plus juste : " il est vrai que, par moments, émergent des traits d'une histoire qui nous fut commune. Par exemple, lorsqu'on évoque à FO, les QUESTIONS DU ROLE ET PARTICULIEREMENT DE L INDEPENDANCE DES SYNDICATS (souligné par moi). Les braises du feu auquel nous nous sommes réchauffés les uns et les autres à certaines époques ne sont pas toutes éteintes. Et elles peuvent se ranimer au souffle d'une lutte qui présente des possibilités nouvelles" (rapport 41 è congrès 1982, page 24). Il y a eu, c'est exact, un pacte FO-CNPF, lorsque Chaban Delmas a développé la dite "politique contractuelle" dans laquelle Bergeron a fini par considérer, à la longue qu'il n'y avait plus de "grain à moudre". FO s'est alors trouvé à la croisée des chemins : ou bien, il se coulait dans la "recomposition syndicale" avec la CFDT et la FEN, ou alors, ce syndicat renouait avec "le syndicalisme de contestation". FO est une centrale réformiste mais pas "réformatrice"à l'instar de la CFDT et UNSA. Le syndicat jaune d'aujourd'hui, c'est la CFDT, branche salariée du MEDEF...
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