Les retraités dans la ligne de mire !

Publié le par FSC

Emmanuel Macron et Edouard Philippe ciblent les retraité-e-s

Le Premier ministre Edouard Philippe, dans sa déclaration de politique générale mardi 4 juillet à l'Assemblée nationale, a confirmé que la hausse de la CSG aurait bien lieu dès 2018. Mais l’exonération de la taxe d’habitation censée compenser pour les retraités cette amputation de leur pouvoir d’achat est reportée en 2021 ou 2022…

Pour tenir sa promesse d’augmenter les salaires, le Président Macron a donc mandaté son Premier ministre pour confirmer que cette mesure serait financée par une hausse de la CSG (Contribution sociale généralisée de 1,7%. Parler d’ailleurs d’augmentation des salaires est pour le moins excessif : selon le Premier ministre lui-même elle se résumera pour un salarié payé au SMIC à 250 € par an…

Et il ne s’agit pas d’une augmentation de salaire mais d’une baisse des cotisations sociales prélevées sur les salaires. Ce qui constitue un pas de plus vers la fiscalisation et la privatisation de la protection sociale par le recours aux assurances privées, pour compléter puis à terme remplacer les cotisations sociales, que patronat et gouvernements s’appliquent à nommer « charges sociales »…

La hausse de la CSG confirmée

Par contre la CSG, destiné au financement de la sécurité sociale, sera augmentée concrètement pour les actifs comme pour les retraités. La CSG est payée par les salariés, 7,5 % de leurs revenus, les détenteurs de patrimoine, 8,2 % de leurs revenus et par les retraités à raison de 6,6 % de leurs pensions. Cela signifie que les retraités contribueront par une baisse conséquente de leur pouvoir d’achat la faible augmentation de celui des actifs.

Une manière cynique d’opposer les uns aux autres et de culpabiliser les retraités mécontents en leur reprochant de ne pas vouloir aider les actifs…leurs enfants et petits enfants. C’est le sens de la déclaration du candidat Macron qui affirmait que cette mesure ne toucherait que les retraités les plus aisés : "Aux plus aisés des retraités, je leur demanderai cet effort pour avoir un système plus intelligent pour leurs enfants et leurs petits-enfants".

« Les plus aisés » ? En réalité la hausse de la CSG impactera tous les retraité-e-s percevant plus de 1198 € brut, soit 60 % d’entre eux ! Une pension de 1200 € se verra amputée de près de 300 € par an, 25 € par mois.

Cette construction aussi alambiquée qu’injuste est tout simplement destinée à éviter de toucher aux grandes fortunes et aux dividendes des grandes sociétés du CAC 40 qui ont vu leurs profits augmenter de 32,6 % en 2016.

L'exonération de la taxe d'habitation reportée sine dié

Mais le candidat et maintenant Président avait justifié l’injustice de cette réforme par l’engagement que la taxe d’habitation, injuste elle aussi, serait supprimée pour 80 % des ménages, dès 2019. He bien non ! Prenant argument du « dérapage » budgétaire de 8 milliards de l’ancien gouvernement dont il était ministre de l’économie, cette mesure de compensation est reportée en fin de mandat soit en 2021 ou 2022.

Les 75 % des électeurs de plus de 70 ans qui ont voté pour lui au second tour de l’élection présidentielle sont ainsi remerciés de leur confiance. Mais les autres, tous les autres sauront se rappeler que ce nouveau président les aura pris pour cible.

Une campagne et une consultation nationales de l'UCR CGT

Les retraité-e-s ne se laisseront pas dépouiller sans réagir. D’ores et déjà l’Union confédérale des retraités CGT a décidé d’engager une vaste campagne d’explication, de contestation et de propositions. Un million de tracts seront diffusés cet été et à la rentrée et une consultation nationale sera organisée du 11 au 17 septembre pour mobiliser le plus grand nombre possible de retraités contre ces mesures.

Pascal Santoni

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Dernières nouvelles

SOURCE AFP

GM&S;: solution proche selon Bruno Le Maire, la CGT circonspecte

Le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire a annoncé jeudi qu’une solution était sur le point d’être trouvée pour la reprise de l’équipementier automobile creusois GM&S, en liquidation judiciaire, une déclaration accueillie avec circonspection par la CGT.

«Nous travaillons depuis des jours, nous ne sommes pas loin d’une solution», a-t-il déclaré sur BFMTV.

«Il a peut-être des informations qu’on n’a pas», a ironisé Patrick Brun, délégué syndical CGT de GM&S interrogé par des journalistes devant le site PSA de Sept-Fons dans l’Allier bloqué pour la deuxième journée consécutive par des ouvriers de l’usine de La Souterraine (Creuse).

«Pour l’instant, on n’a rien», a lancé le syndicaliste, rappelant que la seule offre de reprise déposée à ce jour, par le numéro un français de l’emboutissage GMD, sauverait seulement 120 emplois sur 277.

«Nous ne bougerons pas d’ici tant que nous n’aurons pas un engagement écrit de PSA sur des négociations» visant à augmenter le nombre d’emplois repris - via des commandes de sous-traitants - et le versement d’une «prime extra-légale», s’ajoutant aux indemnités de licenciement de base, pour ceux qui partiront, a martelé Patrick Brun.

Pour la reprise des emplois, «on peut toujours faire mieux mais je n’ai pas l’habitude de vendre des illusions aux gens», a commenté M. Le Maire. «Ce qui compte c’est la pérennité du site», a fait valoir le ministre.

Il avait réitéré dans la matinée son appel à la levée immédiate du blocage du site, qui fabrique des blocs de moteurs diesel et des disques de freins, selon lui une «condition à la reprise du dialogue».

«C’est votre intérêt, c’est l’intérêt des salariés de GM&S», a plaidé le ministre, ajoutant que «nous prendrons toutes les décisions nécessaires». «On lui a dit (au ministre) +Si vous envoyez les CRS, ça va être un bain de sang+», a affirmé à la presse Patrick Brun.

«Avec une moyenne d’âge de 50 ans, les gens licenciés ne retrouveront pas de travail en Creuse. Et le minimum, pour 30 voire 40 ans de loyaux services à PSA, c’est une prime extra-légale. Pour les deux derniers redressements judiciaires (subis par GM&S, ndlr) ils en ont donné, parce qu’on produisait des pièces stratégiques», a assuré M. Brun.

PSA est avec Renault l’un des deux grands clients de GM&S. Bercy est en discussions depuis plusieurs semaines avec les deux constructeurs automobiles sur leurs engagements d’investissement et de commandes, ainsi qu’avec le seul repreneur déclaré, le groupe d’emboutissage GMD.

L’ambiance était calme jeudi matin aux trois points de blocage situés aux entrées principales du site de PSA, a constaté une correspondante de l’AFP.

Un camion d’azote liquide, destiné à refroidir les installations de fonderie de Sept-Fons (PSA), restait bloqué par les salariés de GM&S à la mi-journée, malgré des discussions entre représentant de la CGT et direction de l’usine. Des hélicoptères, mobilisés par PSA pour acheminer des blocs moteur hors du site, avaient repris leurs rotations jeudi matin, comme la veille.

Le ministre de l’Economie a convié l’ensemble des parties prenantes du dossier (représentants des salariés, repreneur, donneurs d’ordres...) à une réunion mardi à Paris.

GM&S Industry, basé à La Souterraine (Creuse), a été placé le 30 juin en liquidation judiciaire, et l’offre de reprise de GMD doit être examinée le 19 juillet par le tribunal de commerce de Poitiers.

 

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