VENEZUELA : "nos" médias n'ont pas vu les manifestations de soutien au pouvoir bolivarien !

Publié le par FSC

27 juillet au Venezuela : une date invisible dans le calendrier médiatique – celle d’une mobilisation bolivarienne en faveur de l’assemblée constituante. Comble de l’obscurantisme, les grands médias appellent « chaos » une contre-révolution économique, diplomatique, médiatique et paramilitaire qui cherche à renverser un maillon essentiel de la révolution latino-américaine.

 

The « Economist », « La libre Belgique », « Libération », « The New York Times », « El Pais » portent la responsabilité d’avoir transformé en « combattants de la liberté » des terroristes d’extrême droite qui ont déjà lynché et brûlé vifs près de vingt personnes, incendié des écoles, des maternités, des médias communautaires, des centres de vote et qui sont responsables de la majorité des morts.

 

Ce Dimanche, le Venezuela tient une élection générale pour élire les participants à une assemblée constitutionnelle. La moitié des représentants seront élus dans les circonscriptions électorales ordinaires. L’autre moitié sera élue par et parmi huit groupes spécifiques de « travailleurs », « agriculteurs », « employeurs », etc. La deuxième méthode d’élection est peut être inhabituelle, mais elle n’est pas moins démocratique que le système américain qui donne plus de poids aux électeurs des états ruraux qu’aux électeurs citadins.

La nouvelle assemblée proposera des modifications à la constitution actuelle. Ces changements seront votés par tout le pays. Il est probable que les résultats viendront conforter les politiques que la grande majorité des gens et le gouvernement social-démocrate dirigé par le président Maduro privilégient.

La partie la plus riche de la population ainsi que les lobbies et les gouvernements étrangers ont essayé d’empêcher ou de saboter les prochaines élections. Les États-Unis ont utilisé divers modes de pression économique contre le gouvernement vénézuélien, y compris la guerre économique et l’augmentation des sanctions. L’opposition a organisé de violents rassemblements de rue, a attaqué des institutions et les partisans du gouvernement et a appelé à des grèves générales.

Mais les photos de propagande du NYT des rassemblements de l’opposition dans la capitale de Caracas ne montrent que de petits groupes de quelques dizaines à quelques centaines de jeunes souvent violents. Les appels de l’opposition à des grèves générales ont eu peu de résonance comme est obligé de le reconnaître même le Washington Post dont on connait la position fiévreusement anti-Maduro :

Dans la moitié la plus riche de l’est de la ville, la plupart  des entreprises ont fermé pour soutenir la grève appelée par l’opposition, pour boycotter le vote et obtenir son annulation.

Les principales autoroutes de la capitale ont été en grande partie  fermées audébut de la matinée, et des rapports ont été publiés sur le fait que la police nationale envoyait des gaz lacrymogènes sur les grévistes dans le centre. Dans les quartiers les plus pauvres de l’ouest, la grève a semblé moins prononcée,  avec plus d’entreprises ouvertes et plus de personnes dans les rues.

(Traduction de la propagande du WaPo : « Même les quartiers riches de la ville occupés par l’opposition n’ont pas été entièrement fermés. Les tentatives de l’opposition de bloquer les routes centrales ont été contrecarrées par la police. Dans les quartiers les plus pauvres de la ville, l’appel à la grève de l’opposition a tout simplement été ignoré. ») L’opposition n’est vivace que dans les couches les plus riches de la population et seulement dans quelques grandes villes. Les régions rurales pauvres ont vu leur situation s’améliorer sous les gouvernements sociaux-démocrates et elles continuent de les soutenir.

Dans une interview du New York Times d’hier, le lobby du « changement de régime » du Bureau de Washington sur l’Amérique latine (WOLA) a indiqué les étapes de la prochaine guerre contre le Venezuela :

Depuis le plébiscite, l’opposition au Venezuela a pris des mesures pour établir un gouvernement parallèle. Cela pourrait rester une initiative symbolique. Mais si l’opposition continue dans cette voie, elle recherchera prochainement la reconnaissance et le financement de l’étranger, et revendiquera, au moins implicitement, le monopole légitime de l’emploi de la force pour le gouvernement parallèle. Ensuite, elle cherchera à se procurer ce dont chaque gouvernement a besoin : des armes pour se défendre. Si elle réussit, le Venezuela pourrait s’enfoncer dans une guerre civile à côté de laquelle le conflit actuel apparaîtra comme une chamaillerie d’écoliers.

(Le WOLA a également participé au coup d’Etat de Hillary Clinton au Honduras).

La CIA ne fait pas mystère de ses plans :

Le directeur de la CIA, Mike Pompeo, a donné un indice des plus clairs de l’ingérence de Washington dans la politique de l’Amérique latine, en disant qu’il espérait qu’il pourrait y avoir une transition politique au Venezuela, et que la CIA faisait de son mieux pour comprendre la dynamique qui était à l’œuvre là-bas.

Il a ajouté : « J’étais à Mexico et à Bogota il y a quinze jour pour parler de cette question, et essayer de les aider à comprendre ce qu’ ils pourraient faire pour obtenir de meilleurs résultats pour leur partie du monde et notre partie du monde. »

L’article explique :

Au Venezuela, [le gouvernement des États-Unis] a cherché à affaiblir les gouvernements élus de M. Maduro et de son prédécesseur, Hugo Chavez, qui a été chassé brièvement lors du coup d’Etat de 2002. Pour cela nous avons soit financé de groupes d’opposition par le biais d’organisations telles que la Fondation nationale pour la démocratie, soit seulement diffusé de la propagande.

En mai 2016 , des responsables américains non identifiés ont déclaré à des journalistes, lors d’un briefing, que le Venezuela s’enfonçait dans une « crise » qui pourrait se terminer dans la violence.

On peut en conclure que la violence qui va éclater au Venezuela ne sera pas due à une action spontanée de l’opposition, mais à la mise en œuvre d’un plan qui a vu le jour depuis, au moins, mai 2016. Il suivra probablement le scénario des révolutions de couleur mises en oeuvre par la force, par les États-Unis, dans plusieurs pays au cours de la dernière décennie. L’approvisionnement en armes et le soutien mercenaire de l’opposition arriveront par et à travers les pays voisins du Venezuela dans lesquels le responsable de la CIA vient de se rendre.

L’élection de l’assemblée constitutionnelle se déroulera comme prévu. L’opposition tentera de le saboter et, si elle n’y parvient pas, de recourir à la violence. Armes, conseils tactiques et soutien seront fournis par la CIA.

Le gouvernement vénézuélien est soutenu par beaucoup plus d’électeurs que l’opposition de droite alignée sur les États-Unis. L’armée n’a montré aucun signe de déloyauté envers le gouvernement. Normalement, toute tentative de renverser du gouvernement devrait échouer.

Les États-Unis peuvent nuire encore plus au Venezuela en interdisant l’importation de pétrole vénézuélien aux Etats-Unis. Mais cela augmenterait probablement le prix de l’essence aux États-Unis. Cela gênerait le Venezuela dans un premier temps, mais il y a de la demande pour le pétrole et il trouverait vite d’autres clients.

Il y a des tentatives pour renverser le gouvernement vénézuélien depuis la première élection d’un gouvernement plus ou moins socialiste en 1999. Le coup d’État organisé par les États-Unis en 2002 a échoué parce que le peuple et l’armée se sont opposés à cette ingérence flagrante. Les méthodes de « changement de régime » ont évolué depuis, avec, maintenant, le soutien, à partir de l’extérieur, d’une « opposition démocratique » militante. Cette méthode a réussi en Libye et en Ukraine mais a échoué en Syrie. Je suis convaincu que le gouvernement du Venezuela a pris la mesure de ces précédents et s’est préparé à contrer une tentative similaire.

Les États-Unis viennent d’ordonner aux familles des employés de leur ambassade de quitter le pays. Ils ne prennent ce genre de mesure que lorsqu’ils ont toutes les raisons de penser qu’il va se passer quelque chose de grave.

Moon of Alabama

 

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