Pouvoir d’achat : « 53 % de parents disent ne pas avoir les moyens de préparer l’avenir de leur enfant »

Publié le par FSC

Scarlett Bain
L'Humanité du 16 septembre 2026

 

Un couple avec enfants sortant du supermarché, en France.
© Durand T / ABACA

 

Privations, stratégies des dépenses, attentes vis-à-vis des politiques publiques… L’Union nationale des associations familiales consacre sa dernière étude, publiée mercredi 16 septembre, au budget des familles. Le constat est sans appel : les conditions financières de plus en plus difficiles sont un frein au désir d’enfant.


Élever des enfants, un bonheur qui a un coût. Dans un contexte de baisse de la natalité et à quelques semaines des discussions parlementaire sur le budget 2027, la 4e édition de l’Observatoire des familles veut remettre au centre des débats « la question du pouvoir d’achat qui concerne tous les Français mais qui se pose avec plus d’acuité pour les parents », expose Bernard Tranchand, président de l’Union nationale des associations familiales (Unaf). Premier enseignement de l’étude : 63 % des familles se disent « contraintes ou justes financièrement ».


Réalisée par OpinionWay, cette enquête détaille les principaux postes de dépenses, les privations et les stratégies adoptées pour faire face à une perte de budget « de moins en moins compensée par les politiques publiques », précise Guillemette Leneveu, directrice générale de l’Unaf. Et force est de constater que, « si l’inflation progresse, les revenus, eux, n’ont pas augmenté », complète-t-elle. Conséquence : 53 % des parents disent ne pas avoir les moyens de préparer l’avenir de leur enfant (+ 10 points en un an). Une fragilité financière qui atteint « un niveau inédit depuis la création de l’observatoire il y a quatre ans », souligne encore Guillemette Leneveu.

Un manque de soutien public


Une décision en particulier, prise sous le second quinquennat d’Emmanuel Macron, a considérablement fragilisé les conditions matérielles des familles. Il s’agit de la quasi-suppression de la majoration pour âge des allocations familiales au motif qu’un enfant coûterait plus cher seulement à partir de 18 ans. Une ineptie flagrante par rapport aux vécus des familles qui documentent l’explosion de leurs dépenses au moment de la petite enfance et à l’adolescence à partir de 14 ans.
Ce constat « encourage à continuer notre action en justice contre la suppression du décalage pour âge des allocations familiales », insiste Bernard Tranchand. Le président de l’Unaf dénonce aussi « le poids croissant pour les familles du coût des modes de garde » et le manque de politiques sur le logement, pourtant premier poste de dépenses des familles.


Les familles interrogées regrettent de fait « un soutien public insuffisant » (78 %). Elles jugent que les impôts et les aides publiques actuelles ne prennent pas suffisamment en compte la charge financière due aux enfants. Par ailleurs, les familles en zone rurale sont surreprésentées parmi celles déclarant ne pas disposer des ressources financières pour envisager un enfant supplémentaire (71 %).

Des privations en matière de loisirs, d’alimentation et d’habillement


Dans ce contexte, les parents, loin d’être « passifs », développent des stratégies pour équilibrer au mieux leur budget. Cela passe d’abord par les privations (loisirs, habillement, alimentation de qualité), l’organisation du travail (heures supplémentaires ou cumul d’emplois).
S’ils réorientent leurs priorités pour donner le meilleur à leurs enfants, les parents sont également 67 % à déclarer « ne pas disposer des ressources financières » pour envisager un enfant supplémentaire. Les discussions parlementaires sur le budget commenceront le 12 octobre.

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