Les colères montent : dans l'éducation nationale aussi notamment à partir du 1er février!

Publié le par FSC

Les soutiens du pouvoir chantaient déjà victoire et célébrait le réalisme du peuple.

Depuis quelques jours le ton change et l'inquiétude perce chez eux comme dans l'émission d'hier au soir de "C'est dans l'air", émission totalement dévolue à la justification des politiques d'austérité, à l'Europe ...

C'est que les récentes luttes (prison, EHPAD, maints conflits locaux) et les luttes qui s'annoncent comme dans l'Education nationale ont commencé à changer le climat.

Reste, n'en déplaise à Laurent Berger qui avoue ne pas rechercher - au contraire- la convergence des luttes à les faire effectivement converger tant c'est l'ensemble de la politique mise en oeuvre par le gouvernement Macron qui est fondamentalement en cause !

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Guerre-éclair contre l’Éducation Nationale

 

Accession à l’université, réforme du bac, réforme du lycée, les réformes de l’enseignement secondaire et supérieur auxquelles il faut ajouter celles de la formation professionnelle, sont liées et s’inscrivent dans une même logique.

Mandaté par ses maîtres du MEDEF et de l’UE, Macron lance sa guerre-éclair contre l’Éducation dans le droit fil des injonctions de la stratégie de Lisbonne (2000) dotant l’UE d’un processus d’harmonisation de l’Éducation visant à s’imposer dans une soi-disant économie internationale de la connaissance.

Transformer l’éducation en supermarché  patronale des compétences visant l’ « employabilité », renvoyer les individus à la responsabilité individuelle de leur formation (tout au long de la vie bien sûr), ouvrir le marché de l’Éducation au privé et fournir des cerveaux employables, mobiles, et déjà endettés… au marché du travail, tels sont les objectifs éducatifs fondamentaux de l’UE appliqués par les gouvernements successifs dans notre pays (réforme Châtel du lycée, réforme Vallaud-Belkacem du collège, autonomie des universités (loi LRU)…).

Macron entend aujourd’hui passer une nouvelle étape et programme le dynamitage de l’Éducation Nationale en liaison avec le plan avenir fonction publique 2022 annonçant d’ores et déjà la suppression de 120000 postes de fonctionnaires, des privatisations, des abandons de mission ainsi que des attaques contre les statuts.

- Sélection sur dossier à l’Université

 L’enseignement supérieur ne pouvant accueillir pour cause d’austérité le flot grossissant des lycéens, le gouvernement profite d’une situation qu’il a lui-même créée (avec ses prédécesseurs) pour mettre en place la vieille revendication du Medef : la sélection à l’université.

Dès 2018, les lycéens auront le « droit » de « choisir » les formations qui choisiront elles de retenir leur candidature (ou pas…) en fonction du lycée d’origine et du dossier scolaire. Pour les lycéens n’ayant pas de place à l’issue de la sélection sur dossier, ils se verraient privés de l’accès direct en première année de licence mais devraient passer par une année préparatoire dont la réussite conditionnerait l’accès à l’université.

 Le gouvernement met ici en avant le fait que cette méthode devrait permettre de vérifier que les lycéens ont les pré-requis pour s’inscrire à la Fac. Mais c’est oublier un peu vite que le système éducatif français a déjà un vaste examen général, national, identique pour tous les lycéens : le BAC !

Qu’importe, le gouvernement a la solution : détruire le bac national et affaiblir toujours plus le lycée.

 

 - réformes du Bac national et du lycée

Le gouvernement prévoit un  bac « allégé » : réduction du nombre d’épreuves et des volumes horaires disciplinaires, augmentation du contrôle continu local (qui donne encore davantage de poids à la « réputation » du lycée dans la valeur du diplôme). Et pour ce faire, il n’y a plus besoin que d’un lycée allégé : affaiblissement de la voie professionnelle mise en concurrence avec l’apprentissage pré-bac, volonté de faire disparaitre l’organisation des voies générales et technologiques, mise en place d’un lycée de l’orientation précoce des jeunes, baisse des horaires disciplinaires, lycée « à la carte ou modulaire » sur le modèle anglo-saxon.

 Au final, un lycée public au rabais, des inégalités renforcées entre les établissements et en débouché, un Bac local cessant d’être le premier grade universitaire  – examen dont la réussite donne un droit égal d’accès à l’enseignement supérieur – pour se réduire à un simple diplôme de fin d’études secondaires (simple condition nécessaire et non suffisante, de l’accès à la fac).

 

Mais cette question dépasse la seule question de l’accès à l’université. Car le BAC et les diplômes nationaux sont la base de l’égalité de droits et de salaires des salariés puisqu’ils sont le référentiel servant de base à l’établissement des grilles des conventions collectives et des statuts de la fonction publique. En s’attaquant au BAC national, il s’agit aussi de faire tomber ce qu’il reste des conventions collectives et livrer pieds et poings liés chaque travailleur sous la menace du chantage à l’emploi, au renforcement de l’exploitation.

Il y a bien urgence à défendre l’Éducation menacée et le FSC soutient les initiatives décidées par les organisations syndicales autour de la FSU et de la CGT, à commencer par les journées d’action des 1er et 6 février

Mais que ce soit sous l’angle des services publics, du droit du travail ou de la casse du cadre national, les attaques contre l’Éducation ne sont donc pas isolables de l’ensemble de la guerre sociale menée par Macron contre toutes les conquêtes sociales arrachées par les travailleurs dans notre pays. La juste résistance aux contre-réformes du lycée, du Bac et de l’université doit pour grandir poser aussi la question du regroupement de tous les secteurs attaqués au même moment pour les mêmes raisons.

Front Syndical de Classe,

31 janvier 2018

 

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