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Anniversaire de la signature du programme commun du 27 juin 1972 : le piège mortel d'une union ... pour l'union !

Publié le par FSC

C'est l'humanité qui nous rappelle qu'il y a 50 ans, le 27 juin 1972, après 10 ans de négociations, était conclu le programme commun de gouvernement de la gauche avec pour acteurs principaux le parti communiste et le parti socialiste.

 

Et la récente séquence électorale qui sous le contrôle de Jean-Luc Mélenchon a vu naître la NUPES et les accords de candidatures aux législatives entre  le PS, le PCF, EELV et LFI entre sans aucun doute en résonance avec cette aspiration séculaire à l'unité des forces de gauche de la part des travailleurs.

Face aux politiques destructrices de la droite et du macronisme et face au danger d'extrême droite.

Et les foudres se sont déchaînées contre les candidatures à la présidentielle à l'exclusion de Mélenchon (notamment contre la candidature communiste de Fabien Roussel) accusées (faussement de notre point de vue, mais c'est une autre histoire) d'avoir empêché la présence de la gauche au second tour.

 
Au risque de l'oubli
 
de ce qui s'est passé ?

 

Référence positive, au risque donc d'oublier les enseignements de décades de combats et d'échecs qui nous ont conduit à la situation présente marquée certes par un résultat électoral non-négligeable de la gauche, MAIS dans un contexte massif d'abstentions dans la jeunesse et les couches populaires ET la montée en sièges, mais aussi en voix, en influence de l'extrême droite à un niveau jamais atteint.

Alors, faudrait-il marcher sur le même chemin, celui de l'impuissance et de l'impasse?

Car, sans remonter plus loin il faut rappeler que depuis les années 46-47 soumis à l'ostracisme des forces de droite et de la social-démocratie (parti socialiste-SFIO, Mouvement républicain populaire (MRP),le centre) les communistes (PCF) comme la CGT ont toujours combattu pour l'union, pour sortir de l'isolement visant à neutraliser les travailleurs, afin d'offrir une alternative progressiste aux politiques régressives et anti-sociales mises en oeuvre depuis leur exclusion du pouvoir sous pression américaine.

Ce qui exigeait un large rassemblement anti-monopoliste.

Longtemps les forces réformistes affaiblies par leur accointance avec la droite, leurs reniements, leur participation actives aux guerres coloniales ont refusé cette alliance à partir d'arguments qui masquaient les véritables raisons de cette dérobade : le refus de s'attaquer au capital et à sa domination,.

En faisant chorus avec les forces réactionnaires qui accusaient les communistes d'être le parti de l'étranger, d'être aux ordres de Moscou et d'en approuver les répressions.

Mais les recherches de la part de ces forces, d'une troisième voie (pour aller vite disaient-ils entre la droite et le "totalitarisme ") se sont toutes soldées par un échec jusqu'à l'élection présidentielle de 1969 qui a vu l'attelage Gaston Deferre/ Mendès France récolter un faible 5% et Michel Rocard un 3, 6%. face à un Jacques Duclos ratant de peu l'accès au second tour (21,27%).

 

Cet épisode faisant suite à la candidature unique de François Mitterrand de 1965 qui avait vu la mise en ballottage du général De Gaulle au premier tour.

Il apparaissait donc aux forces réformistes que SANS l'alliance et l'apport des communistes il était impossible de parvenir alternativement au pouvoir.

MAIS, comme la suite l'a montré malgré les déclarations obligées du moment dans un rapport de force favorables aux forces du changement comme celle de François Mitterrand en 1971 après s'être emparé de la direction du Parti socialiste, 

" celui qui n'accepte pas la rupture avec l'ordre établi, il ne peut être adhérent du parti socialiste"

 

ces professions de foi n'avaient qu'une visée électorale et non pour objectif la transformation réelle de la société.

D'autant que DES LE DEPART de la part de Mitterrand et de  ses soutiens la conclusion d'un accord programmatique visait à affaiblir, à réduire le courant révolutionnaire de notre pays pour ouvrir la voie à une alternance (PS/droite) sans danger pour les intérêts et les privilèges de l'oligarchie :

MITTERRAND en effet avait pour projet dès 1972 de PRENDRE 3 MILLIONS DE VOIX AU PCF, et lors de la réunion de l’Internationale Socialiste qui a suivi la signature du Programme Commun,où on lui a reproché cette signature, Il a indiqué en réponse :

« sur 5 millions de voix communistes, 3 millions peuvent voter socialiste ».

Et dans la bataille sur le contenu de l'union, au moment de la réactualisation du Programme commun et que la perspective d'un accès de la gauche au pouvoir se précise et où le PS renforcé remet en cause son caractère transformateur aidé de la propagande des médias de droite ce sont les communistes qui aux yeux de l'opinion portent la responsabilité des difficultés de l'union et de la rupture et en paient le prix!

Tout ce retour en arrière qui pourrait paraître superfétatoire et un brin nostalgique est cependant lourd d'enseignements :

 

Quels enseignements ?

 

1) L'unité, le rassemblement sont une nécessité

2) Aucun accord électoral, aucun accord programmatique, aucun accord de sommet entre organisations confrontés à la réalité du pouvoir et à la lutte de classe  pour sa mise en oeuvre effective ne constituent une garantie pour le peuple.

Et l'on ne peut comprendre en profondeur la montée inexorable de abstention au point d'en devenir majoritaire si on ne rapporte pas ce choix massif - car c'en est un- au désappointement et à la colère à l'égard aussi de ceux qui n'ont pas tenu leurs promesses.

Avec l'immense danger que l'extrême droite apparaisse comme la seule force qui n'a pas participé à la direction du pays et qu'il convient  d'expérimenter ( " on a tout essayé sauf eux " entend-on dire fréquemment).

Qu'est-ce qui a donc manqué pour que l'accès de la gauche au pouvoir aboutisse à une véritable transformation sociale au profit de la classe ouvrière, des travailleurs et du peuple ?

Et qu'est-ce qu'il convient de ne pas recommencer pour éviter d'aboutir aux mêmes échecs prévisibles ?

C'est dans un texte de réflexion sur cet enjeu que Pierre-Alain Millet de Vénissieux et de l'association Faire vivre et Renforcer le PCF remarque :

" Mais pour le peuple, pour les militants, pour les progressistes, pour les communistes, il faut aller au bout de cette grande leçon qui n’a pas été tirée. Si l’union devient sa propre logique, si l’union est quelque chose d’en haut, extérieur au rassemblement populaire, si l’union est un rêve, si elle devient en quelque sorte le sauveur suprême, alors le peuple est désarmé, il ne peut imposer ses revendications, il ne peut résister aux pressions qui toujours, trouveront des relais "macronistes", il ne peut empêcher 83 [ le tournant mitterrandien de la rigueur ] et ses suites."

Et il rajoute :

 

"Une stratégie électorale n’a de sens que dans une stratégie de rassemblement populaire qui place en son centre la mobilisation et l’action dans l’entreprise, la rue, le quartier. Autrement dit, une élection est d’abord et avant tout une bataille politique pour renforcer les forces progressistes en conscience, en capacité d’action, en organisation. Le score et les éventuels élus en sont le résultat et en retour, l’appui à cette “puissance du peuple en action” qui est le seul chemin de toute transformation sociale."

Et s'agissant de Mélenchon à l'heure du Front de gauche et de sa stratégie :

Mélenchon nous le dit sans fard "il a bien retenu la leçon" Mitterrandienne avec les communistes. Il faut obtenir leur accord pour l’union, puis la logique de l’union fera le reste... Il nous raconte cette histoire, notre histoire de communistes avec une grande honnêteté...

« Car l’aspiration populaire à l’unité est tellement puissante en toutes circonstances, qu’elle déchiquette ceux qui se mettent en travers de son chemin. Et donc à ce moment-là, on peut dire que le travail des communistes qui a consisté a intronisé un personnage qui d’innombrables manières, pouvait être discuté, a en réalité complètement débloqué un paysage politique totalement figé par toutes les années de l’après-guerre, où l’on avait vu la SFIO avec la démocratie chrétienne, les centristes de tout poil tout bloquer tout polluer, tout empêcher et se trainer d’une compromission à l’autre. Voilà comment la décision unitaire particulièrement spectaculaire a dénoué la situation. Et voici ce qu’il faut voir ensuite. Les communistes après 65 font encore des démonstrations. En 71 je l’ai connu dans ma commune, en proposant des listes d’union de la gauche dans des villes où ils sont même majoritaires. Ils proposent des têtes de listes aux socialistes, ce fut le cas dans ma commune à Massy »

3) Les révolutionnaires, le parti des communistes ne doit pas s'effacer parce que son effacement conduit à l'échec, au retrait des masses, à la désespérance et aux aventures notamment dans une période de crise profonde du capitalisme qui ne laisse pas de place aux raccommodages réformistes!

Mais ce n'est pas ce que conclue l'article de cette semaine de l'Humanité cité en préambule qui à la fois attribue la responsabilité de la rupture de l'union au PCF ce qui équivaut à dire qu'il ne fallait pas remettre publiquement en cause la dérive et les futures " trahisons" du PS et qu'en quelque sorte l'accès au pouvoir se suffirait à lui-même.

Au préjudice du peuple et en définitive en laissant la voie libre aux forces réactionnaires et d'extrême droite.

Encore convient-il que le parti, que ceux qui se réclament de la transformation révolutionnaire n'abandonnent pas en chemin l'objectif pour le bout de gras électoral et des places et que jamais le courant révolutionnaire n'accepte de s'effacer au soit-disant bénéfice de l'union !

Et demeure la question elle aussi centrale du contenu de cette union.

Et s'agissant du positionnement actuel de la gauche sur les questions mondiales et leur importance, leur relation étroite avec les choix de politique intérieure, des priorités accordées aux dépenses sociales et publiques, le choix des alliances internationales on voit le chemin qui reste à faire pour le PC, LFI, Mélenchon ... pour avoir le courage en cohérence avec leur programme qui inclue la sortie de l'OTAN, de se libérer effectivement de cette tutelle et de l'actuel récit otanien infligé à l'opinion publique.

MAIS OUI l'UNION est un combat qui exige la présence et l'activité d'une force révolutionnaire

 

 

 

 

 

 

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Le texte de Pierre-Alain Millet datant de 2017

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L
Je m'honore d' avoir été de la poignée de militants "landais" , sur plusieurs centaines présents à SOUPROSSE ( alors municipalité communiste depuis devenue REFORMISTE : socialiste... ) à votre CONTRE !<br /> Allons-nous revivre une resucée de cette période ô combien néfaste pour le prolétariat ?...<br /> Lou DESTRABAT ce lundi 27 juin 2022 à 9h25.
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