Le Mouvement de la Jeunesse Communiste à la Havane

Publié le par FSC

Publié par Danielle Bleitrach

le

Le discours du MJCF au colloque international pour le centenaire de Fidel Castro tel qu'il nous a été transmis par l'organisation.Du 10 au 13 août, La Havane a accueilli le premier colloque international « Fidel : héritage et avenir », à l’occasion du centenaire de la naissance de Fidel Castro. Le Mouvement jeunes communistes de France (MJCF) y participait dans le cadre des brigades internationales organisées par l’Union des jeunes communistes de Cuba (UJC). Nous publions le discours prononcé à cette occasion par Rachel Delamare.

 

Source : lavantgarde.fr

publié le 13 août 2026 dans INTERNATIONAL

Du 10 au 13 août, La Havane a accueilli le premier colloque international « Fidel : héritage et avenir », à l’occasion du centenaire de la naissance de Fidel Castro. Le Mouvement jeunes communistes de France (MJCF) y participait dans le cadre des brigades internationales organisées par l’Union des jeunes communistes de Cuba (UJC). Nous publions le discours prononcé à cette occasion par Rachel Delamare.

Plus de 1 500 délégués, dont quelque 900 étrangers venus de 63 pays, se sont réunis au Palais des congrès de La Havane pour ce premier colloque international consacré à l’œuvre et à la pensée du dirigeant historique de la Révolution cubaine. La séance inaugurale a été ouverte par Miguel Díaz-Canel Bermúdez, premier secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba et président de la République.

Colloque international « Fidel : héritage et avenir » – La Havane, 10 Aout 2026

Nous sommes ici parce que la pensée de Fidel reste la boussole la plus précise dont nous disposons pour traverser la tempête que traverse actuellement le peuple cubain.

Miguel Díaz-Canel Bermúdez

Quatre jours durant, forums sectoriels et débats se sont succédé : rencontre des chaires Fidel Castro Ruz, forum parlementaire, forum des femmes, forum des artistes et des intellectuels, forum « Fidel et la politique étrangère de la Révolution cubaine ». Le président cubain a également participé au forum des jeunes « Je crois en vous », convoqué par l’UJC, où il a lancé un appel aux délégations étrangères.

Nous vous appelons à être considérés comme la génération du centenaire du commandant en chef dans le monde entier.

Miguel Díaz-Canel Bermúdez, au forum des jeunes « Je crois en vous »

 

« Une révolution ne tient pas seulement par ses institutions »

¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤

Le discours du MJCF au colloque international pour le centenaire de Fidel Castro

Rachel Delamare

Chers camarades,

Nous tenons d’abord à remercier l’Union des jeunes communistes de Cuba (UJC) pour l’organisation de ces nouvelles brigades internationales. Le MJCF est particulièrement honoré d’en faire partie et de pouvoir assister avec vous tous à ce colloque pour le centenaire de Fidel Castro.

La solidarité avec Cuba fait partie intégrante de l’histoire du MJCF. En 1964, des jeunes communistes français partaient déjà à Cuba dans des séjours de Loisirs et Vacances de la Jeunesse (LVJ) pour soutenir la révolution.

Ces brigades sont, certes, des moments de solidarité, mais également l’occasion d’apprendre de l’expérience cubaine et de la pensée de ses révolutionnaires. Une révolution ne tient pas seulement par ses institutions, mais par la conscience du peuple et sa capacité à former de nouvelles générations pour la poursuivre. C’est pourquoi ce colloque nous permet de faire vivre les idées de Fidel, pour qu’elles nourrissent les combats des nouvelles générations, à Cuba comme partout dans le monde.

Il n’y a pas de souveraineté politique sans souveraineté économique

Un apport majeur de Fidel est sa conception des rapports entre nations. Il opposait aux rapports de domination la souveraineté des peuples, la coopération et les échanges entre tous les pays sans distinction. Dans une période où la crise de l’impérialisme états-unien pousse à la guerre et à la remise en cause du droit international, cela doit être une boussole !

Il n’y a pas de souveraineté si un peuple ne dispose pas des moyens matériels de décider librement de son avenir. C’est une des grandes leçons de la Révolution cubaine : l’indépendance politique ne peut être réelle sans indépendance économique. Maîtriser ce que nous produisons, nos ressources et leur utilisation est indispensable pour pouvoir choisir librement notre avenir. Pour nous, le socialisme est précisément le moyen de donner aux peuples la maîtrise de leur destin. C’est de cette manière que Fidel a pensé la transition vers le socialisme dès 1961.

Et c’est particulièrement actuel pour nous face à l’alignement de la France sur les États-Unis. Des décennies de libéralisme et de désindustrialisation ont privé notre pays de ses capacités de production et donc des moyens de décider souverainement de son développement.

 

Des centaines de milliards pour le réarmement, rien pour l’école

Cette perte de souveraineté économique va de pair avec l’intégration toujours plus forte de la France au bloc atlantique. L’Union européenne comme l’OTAN enferment les peuples européens dans des choix économiques et stratégiques de plus en plus alignés sur les intérêts des États-Unis.

Nous en voyons aujourd’hui une conséquence très concrète : alors que l’on nous répète depuis des années qu’il faudrait réduire les dépenses publiques, les moyens manquent pour l’école, l’hôpital, l’université ou la formation, mais des centaines de milliards sont mobilisés pour le réarmement de l’Europe. Face à la crise de l’impérialisme, l’Union européenne entraîne les peuples dans une fuite en avant vers la militarisation et la guerre. Nous refusons que les richesses produites par nos peuples servent à préparer la guerre plutôt qu’à assurer leur émancipation et leur indépendance.

 

Reconquérir notre souveraineté, c’est retrouver les moyens de décider de ce que nous produisons et de l’utilisation de nos richesses. C’est pouvoir reconstruire notre industrie, développer nos services publics et coopérer librement avec les autres peuples plutôt que de subir les intérêts du capital et d’une puissance étrangère.

Depuis un an, le MJCF mène la bataille contre l’impérialisme états-unien avec son slogan « US Go Home ». Nous travaillons à la fois à la solidarité internationale concrète et à la construction du rapport de force pour que notre pays agisse pour le respect du droit international et la fin du blocus.

 

La jeunesse comme force révolutionnaire

Un autre enseignement de l’action et de la pensée de Fidel réside dans l’importance donnée à la jeunesse dans la construction du socialisme.

La souveraineté d’un peuple ne repose pas seulement sur ses capacités économiques. Elle dépend aussi de sa capacité à former une jeunesse consciente, organisée et capable de prendre des responsabilités.

La Révolution cubaine montre que la jeunesse peut être une force révolutionnaire à condition de lui donner les connaissances, l’organisation et surtout les responsabilités pour agir sur son époque. C’est une conception radicalement opposée à celle du capitalisme. Celui-ci fait de la jeunesse une force d’ajustement : une main-d’œuvre que l’on peut davantage précariser, exploiter et adapter aux besoins du capital. Et lorsque l’impérialisme pousse à la militarisation et à la guerre, c’est encore la jeunesse que l’on prépare à en payer le prix.

Fidel faisait le pari inverse : donner à la jeunesse les moyens de s’émanciper tout en lui donnant une responsabilité dans l’émancipation de toute la société.

La campagne d’alphabétisation de 1961 en est un exemple marquant : confier à des dizaines de milliers de jeunes une responsabilité concrète dans la construction de la Révolution. La jeunesse cubaine ne bénéficie pas seulement de la Révolution : elle est la cheville ouvrière des transformations sociales qu’elle engage. Ce pari est aujourd’hui le nôtre.

Nous ne voulons pas seulement défendre les jeunes face à la précarité et aux politiques qui les frappent. Nous voulons leur permettre de comprendre le monde, de s’organiser et de le transformer. Notre ambition n’est pas de former une jeunesse capable de s’adapter au capitalisme, mais une génération capable de le dépasser.

Construire des coopérations universitaires entre la France et Cuba

Dans cette perspective, les actions concrètes que Fidel a impulsées pour l’enseignement public et les universités cubaines nous inspirent en France, où le privé prend de plus en plus de place, où l’université se ferme aux plus précaires par le tri social, et où les jeunes s’endettent pour suivre leurs études.

Ce modèle éducatif irrigue plusieurs domaines de la recherche et de la production : que ce soit la médecine, les nouvelles technologies ou encore l’agriculture. Et Cuba fait bénéficier le monde de son modèle, par la solidarité comme par l’envoi de médecins à travers la planète. Nous avons d’ailleurs bénéficié de cette solidarité en France quand des médecins cubains sont venus en Guyane lors de l’épidémie de Covid-19.

 

C’est pourquoi il est indispensable de s’inspirer du modèle cubain de planification : planifier à long terme les besoins de la société pour orienter l’éducation en fonction de ceux-ci, plutôt que selon des objectifs de rentabilité.

Parce que nous savons combien l’éducation et les coopérations universitaires sont importantes, nous voulons faire de la construction de collaborations universitaires entre des universités françaises et cubaines

un objectif concret de notre campagne

 

La construction d’échanges scientifiques et techniques permet le partage de connaissance et le développement de l’industrie de nos deux pays. C’est pour cela que nous vous proposons de les mettre en avant en construisant des échanges étudiants et scientifiques.

C’est aussi cela que nous retenons de Fidel : un peuple est libre lorsqu’il maîtrise son avenir, et une révolution avance lorsqu’elle donne à sa jeunesse les moyens de le construire.

En France, nous voulons faire vivre cette leçon : reconquérir notre souveraineté et donner à la jeunesse les clés de son émancipation pour ouvrir le chemin du socialisme.

Vive l’UJC !
Vive Fidel Castro !
Vive la solidarité internationale !

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article