Déclaration du Front Syndical de classe : le piège d'un syndicalisme rassemblé

Publié le par FSC

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Tout le monde souhaite l'union des travailleurs, ça rend plus fort et plus efficace!

C'est une évidence.

La direction confédérale de la CGT a fait de cet objectif une priorité essentielle.

Le fait que 8 syndicats appellent ensemble à des grèves et des manifestations contre la « réforme » des retraites a incontestablement joué un rôle mobilisateur permettant de rassembler des millions de personnes dans la rue!

 

Mais il y a un hic!

 

Cette unité est d'abord une unité de sommet qui a eu pour première conséquence de gommer et de minimiser les différences d'orientation des différents syndicats  concernant cette contre-réforme.

Tous unis donc contre le projet de Sarkosy, mais pour quelle autre alternative?

 

Par exemple, et la direction de la CFDT et la direction du PS acquiescent à l'allongement de la durée de cotisation pour une retraite à taux plein au nom de l'allongement de la durée de la vie (qui sera de 41,5 années dès 2013!)! Ce qui serait mortifére pour des millions de gens :  jeunes entrant tard dans la vie active, femmes et précaires aux "carrières à trou", seniors chassés des entreprises à la cinquantaine …

De la même manière, l'option d'une carrière à la carte, par points a fait la démonstration de sa nocivité là où elle a été appliquée comme en Suède avec indexation sur la croissance et le passage en quelques années d'un taux de remplacement du salaire moyen de référence passé de 80 à 62% !!!!!!!!

 Or la direction confédérale de la CFDT est partisane de ce système ! Relayée par le Conseil d'Orientation des Retraites (COR), le Sénat et François Bayrou!,

 

ET C'EST LA QUE SE BRISE L'UNITE !

ET C'EST LA QUE LE MASQUAGE DES DIVERGENCES DESSERT L'UNITE VRAIE!

 

Ce que le pouvoir et Sarkosy ont parfaitement compris puisque pour faciliter la sortie de la CFDT du mouvement un amendement de la majorité du Sénat à la loi sur la réforme  prévoie en 2013 de "réfléchir" à "une réforme systémique", c'est-à-dire une retraite par points.

 

Et le prétexte invoqué par la direction de la CFDT du respect de la loi républicaine après le vote de la loi pour se retirer du mouvement, envisager bien sûr « d'autres formes de lutte » cache mal cette approbation quant au fond du fait que la réforme devrait être au moins aussi en partie payée par les travailleurs. Le seul problème dans cette perspective étant que la potion amère soit perçue comme juste.

De la même manière que les partis socialistes au pouvoir en Europe (Grèce, Espagne et Portugal) appliquent d'implacables plans de rigueur à leurs peuples dictés par le FMI, la Banque mondiale et les marchés financiers, dont il faudrait (O servilité!) garder la confiance!

 

Fondamentalement parce que cette direction et ces partis n'entendent pas remettre en cause l'actuelle et immense inégalité dans la répartition des richesses, la domination écrasante des marchés financiers et de leurs commis politiques et s'affronter directement à leurs orientations; le communiqué interne récent de la direction de la CFDT(au bureau national, aux fédérations, aux unions régionales et départementales, ainsi qu'aux secrétaires confédéraux.) indiquant : "l’intersyndicale devra bien reconnaître que nous serons dans une autre configuration [après le vote parlementaire] puisque nous ne voulons ni aller sur la contestation de la légitimité parlementaire, ni sur l’affrontement avec la présidence de la République.

 

 OUI donc à le recherche de l'unité, mais d'abord en bas avec les salariés, avec les lycéens et les étudiants, avec les retraités pour certes dénoncer l'injustice de cette contre-réforme, mais aussi pour dégager les lignes d'une véritable réforme axée sur l'intérêt des salariés et DONC s'en prenant aux intérêts du capital, des actionnaires et de la clique politique qui leur sert d'instrument!

 

 Ce qui implique  par exemple pour la CGT de garder sa totale autonomie d'expression et de ne pas "mettre de l'eau dans son vin" comme nous y sommes de fait invités par une direction qui privilégie les accords de sommet.

Le pouvoir et les médias aux ordres prétendent célébrer l'affaiblissement et la fin du mouvement "dans le respect de la légalité" et tourner la page des retraites pour passer à autre chose.

 

Et bien faisons en sorte que notre volonté de lutte démente leurs sombres prévisions et que la lutte pour le retrait de cette funeste contre-réforme demeure bien au sommet de l'actualité et de la préoccupation des français!

Publié dans Luttes - actualités

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Catanier 10/11/2010 15:02


La critique est plus facile que l'action !

Vous ne devez pas beaucoup fréquenter "le terrain" ou la liberté d'expresssion et les alternatives syndicales de la CGT s'exprime pleinement y compris par la diffusion de communications
confédérales claires et non ambigus.

Nous sommes d'accord sur la nécessité de construction d'alternative "à la base" ; celà ne s'oppose pas à la recherche d'unité d'action de terrain ou de sommet ; au contraire, elles y contribuent
...

Ne rendez pas responsable la CGT de la seule diffusion par les grands médias des communiqués intersyndicaux et de la censure des propositions CGT ou celles des composantes politiques de Front de
Gauche !

Dans mon entreprise beaucoup de salariés CFDT, dans l'action grace à l'unité "de sommet" évoluent vers la CGT grace à l'unité de terrain et la confrontation objective des différentes alternatives
de "réformes".

Fraternellement


Xuan 26/10/2010 13:38


Qui a hissé le drapeau blanc ?

Un genou à terre, Les représentants de la bourgeoisie avouaient que « le pays était au bord du gouffre » , le patronat voyait ses bénéfices fondre comme la neige, tandis que l’immense majorité de
la population appuyait la grève et les manifestations.


Mais qui a hissé le drapeau blanc ?


Qui a tout d’abord trahi la volonté exprimée* de la classe ouvrière et des masses populaires – le retrait de la réforme des retraites – en remplaçant cet objectif par la négociation d’une autre
réforme ?

Qui a gaspillé l’argent des grévistes en espaçant volontairement les manifestations nationales, au pas de sénateur de M. Chérèque, et en s’alignant sur le calendrier parlementaire et sénatorial,
voire sur les décrets d’application de M. Sarkozy, comme si le petit jeu des amendements socialistes et révisionnistes avait le moindre rapport avec le refus populaire de la réforme des
retraites.

Qui a refusé de bout en bout l’appel à la grève générale, tout en pérorant sur « l’élargissement du mouvement » , de sorte que les grévistes les plus déterminés se sont vus porter tout le mouvement
de protestation sur les épaules, faisant face à la force armée de l’Etat sans l’appui de leurs chefs ?

Pourquoi les dirigeants de la CGT n’ont-ils absolument pas réagi lorsque la loi bourgeoise sur le droit de grève a été bafouée ?
Pourquoi n’ont-ils pas appelé sur-le-champ à la grève et à des manifestations dans tout le pays ?

Qui, lors de l’émission C politique du dimanche 24, a objectivement publiquement désavoué les grévistes en martelant contre toute évidence et contre la volonté de la classe ouvrière qu’il n’était
pas question de bloquer le pays ?

Qui à cette occasion a vendu l’abrogation de la réforme pour le plat de lentilles d’une promesse d’ouverture de négociation ? Et qui a bradé l’arrêt des grèves contre une telle promesse, jamais
exigée par les grévistes et jamais suggérée par la bourgeoisie ?

La fermeté de la bourgeoisie ne repose sur rien d’autre que sur la trahison des chefs syndicaux et les gesticulations des partis réformistes et du parti révisionniste. La classe ouvrière
n’obtiendra rien tant qu’elle tiendra au chaud de ses bleus de telles vipères.

Balayons les chefs syndicaux kollabos et les partis bourgeois « de gauche ».

Il nous faut un syndicalisme de combat et un parti communiste !

* Il est clair pour nous que cette revendication - le retrait de la réforme - ne correspond pas aux exigences des plus exploités, celles que nous défendons. Je la tiens cependant pour la volonté
ouvertement exprimée par les masses.