Rupture conventionnelle collective : le double jeu intéressé de la CFDT

Publié le par FSC

Chez Pimkie où elle est minoritaire il faut le noter la CFDT doit donc tenir compte de la position majoritaire de la CGT et donc ne signera pas le plan de rupture conventionnelle collective (RCC).

D'un autre côté les dirigeants de la CFDT se répandent en déclarations faisant état de leurs "réticences" : Laurent Berger déclare  au journal Alsace.fr "nous sommes critiques sur les ruptures conventionnelles", tandis que Véronique Descacq alerte sur le risque de " discrimination par l'âge ".

Mais ce qu'ils oublient de dire c'est qu'au delà de contorsions sur les délais d'application, la nécessité du dialogue social avant toute décision ... ils ont approuvé les ordonnances Macron et en tout cas n'ont rien fait pour se joindre au mouvement de résistance et de défense des garanties offertes par le code du travail.

Et qu'ils ont donc participé à la fragilisation des garanties juridiques protégeant les salariés que l'encadrement des RCC ne compense pas (accord du salarié, approbation des organisations à 50%, contrôle théorique de la Direccte du ministère de l'emploi.

Et pour une raison essentielle, c'est que le principe central de la contre-réforme du renvoi aux négociations au niveau de l'entreprise fragilise considérablement les salariés, permet toutes les manœuvres patronales de chantage, d'utilisation des divisions syndicales, d'usage des moyens de corruption.

Et si un frein peut être effectivement mis aux appétits patronaux comme on le voit chez Pimkie c'est là où le syndicalisme de lutte est majoritaire et où la CFDT par opportunisme est contrainte de suivre.

A l'époque aux interpellations de certains militants de la CFDT Laurent Berger pour justifier son inaction répondait  :

"Je comprends l'envie légitime de certains d'entre nous d'enfiler les baskets pour exprimer notre colère. Mais avec quels résultats possibles ? Avec quel soutien des salariés ? Ne donnons pas au gouvernement les arguments pour nous ranger sur l'étagère du vieux monde, au rayon des râleurs impuissants".

A présent à l'heure où les faits montrent de manière aveuglante que les ordonnances et leurs dispositions concrètes sont un moyen offert au patronat de supprimer des emplois, de se débarrasser des personnels jugés trop coûteux ou inadaptés ou remplaçables par des précaires pour la CFDT il s'agit de masquer sa complicité dans cette fragilisation du monde du travail face au capital.

D'autant que les dirigeants de la CFDT appuyés par toute la presse réactionnaire et le pouvoir ont en ligne de mire les prochaines élections générales dans la fonction publique en décembre 2018 et qu'ils ont l'objectif de devenir -ce qu'ils ne sont pas actuellement en dépit du matraquage journalistique- la première organisation syndicale.

Pour y promouvoir comme partout où ils sont majoritaires leur orientation de collaboration et d'approbation des régressions.

C'est pourquoi aussi ils demandent à Macron de reporter la contre-réforme des retraites qu'ils approuvent pour l'essentiel (fin des régimes spéciaux, mise en place de la retraite par points ou une mouture approchante ...) à 2019, après donc les élections de décembre 2018 et qui affectera donc directement le régime de retraite des fonctionnaires.

Son positionnement n'étant donc pas de nature à lui rallier les suffrages des salariés de la fonction publique.

Tout cela nécessite donc dans la fonction publique comme plus généralement de faire la clarté sur les enjeux et les manœuvres en cours non pas sur le seul terrain de la compétition électorale qui a son importance, mais au regard des enjeux et des intérêts des travailleurs dont tous les conquis sont attaqués par le projet macronnien.

Et qui ne doit donc rencontrer aucune mansuétude pour les complices de cette offensive.

 

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LA TRIBUNE du 4 octobre 2017

au moment des actions contre les ordonnances

Unité... dans la seule fonction publique

Il n'y a que dans la fonction publique que l'unité se retrouve avec l'organisation d'une journée de protestation le 10 octobre à laquelle se rallient l'ensemble des organisations. Il faut dire que les fonctionnaires constituent les gros bataillons des organisations syndicales. Or, les élections professionnelles dans la fonction publique se profilent - elles auront lieu en décembre 2018 - aussi, malheur à l'organisation syndicale qui « négligerait » les fonctionnaires.

C'est ce qu'a bien compris la CFDT qui ambitionne de devenir la première organisation dans la fonction publique - après avoir déjà ravi la première place dans le privé, aux dépens de la CGT - qui a appelé à descendre dans la rue le 10 octobre, alors qu'elle ne l'a pas fait pour les ordonnances réformant le droit du travail. D'ailleurs, la direction de la CFDT, Laurent Berger en tête, s'est fait invectiver par de nombreux adhérents, lors du grand rassemblement parisien de la CFDT du 10 octobre qui a réuni 10.000 militants.

 

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