Interdits d’informer : Israël refuse l’entrée à l’envoyé spécial de « l’Humanité »
C’est une première dans l’histoire de notre journal. Les autorités (israéliennes, NDLR) ont refusé l’entrée sur le territoire israélien à l’envoyé spécial de l’Humanité qui devait couvrir les élections législatives. Aucune justification n’a évidemment été transmise à notre rédaction et nos demandes d’explications sont restées sans réponse.
Cette décision est une entrave caractérisée à la liberté de la presse. Elle ne surgit pas de nulle part. Depuis le 7 octobre 2023, Israël interdit l’accès de la bande de Gaza aux médias étrangers. Plus de 200 journalistes palestiniens y ont été tués par l’armée israélienne. En Cisjordanie occupée, les militaires multiplient les attaques contre les reporters qui documentent les violences des colons.
C’est le droit à une information libre qui est visé
Depuis plusieurs mois, le gouvernement israélien enchaîne les expulsions et les interdictions d’entrée visant des journalistes de la presse internationale. Arrestations, intimidations et contrôles arbitraires sont devenus routiniers dans la prétendue démocratie israélienne, rongée par un suprémacisme meurtrier.
L’objectif de Benyamin Netanyahou est clair : empêcher celles et ceux dont le métier est de rapporter les exactions commises quotidiennement par son gouvernement. C’est le droit des citoyens à une information libre qui est visé, pourtant condition indispensable à tout débat démocratique éclairé. Priver les opinions publiques de regards indépendants, au moment même où un scrutin décisif se prépare, n’a rien d’anodin.
L’Humanité n’entend pas se laisser museler sans réagir. Nous en appelons aux consœurs et confrères des autres rédactions, aux syndicats, aux organisations de défense de la liberté de la presse et à tous les citoyens et citoyennes qui y sont attachés : protestez avec nous contre le sort fait à notre collègue. Car la question dépasse notre journal. Si l’Humanité est interdite de séjour, quel sera le prochain titre à subir le même sort ?
Que les autorités israéliennes ne s’y trompent pas. Elles peuvent refouler notre envoyé spécial, elles n’empêcheront pas nos consœurs et confrères israéliens qui partagent nos engagements pour la justice, la paix et la liberté de prendre la plume dans nos colonnes. Avec « le courage de chercher la vérité et de la dire », que Jean Jaurès assignait pour but à ce journal.
