Immigration : en Allemagne, l'ex-égérie de gauche Sahra Wagenknecht érige la France en contre-modèle
SOURCE : Marianne
Sahra Wagenknecht lors du lancement de son parti, à Berlin le 8 janvier.
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Après avoir claqué la porte de Die Linke, Sahra Wagenknecht, figure de proue de la gauche radicale allemande, a lancé le 8 janvier l’Alliance Sahra Wagenknecht – Pour la raison et la justice (BSW). Si le programme du mouvement ne sera dévoilé que le 27 janvier prochain, l’immigration devrait y tenir une place de choix.
La politique migratoire a été l’un des principaux moteurs de la scission opérée par Sahra Wagenknecht avec Die Linke en octobre dernier. Et ce 8 janvier, lors de la conférence de presse de lancement de son parti à Berlin, elle était même son idée fixe. À peine le BSW (Alliance Sahra Wagenknecht – Pour la raison et la justice) était né que sa toute nouvelle coprésidente, assise derrière la longue table de la salle de presse fédérale, confessait déjà une forme de lassitude face à la politique d’« immigration incontrôlée » que mène l’Allemagne ces dernières années, mais aussi face à une politique d’asile qu’elle juge « profondément malhonnête car beaucoup de ceux qui sont vraiment menacés n'obtiennent pas l'asile parce qu'ils ne peuvent même pas faire le voyage ».
Tenante d’un resserrement des arrivées et d’un durcissement des règles d’accueil, Sahra Wagenknecht assume ses positions. « Nous ne pouvons pas résoudre le problème de la pauvreté dans le monde par la migration », a-t-elle déclaré. Et ce, même si elle est taxée de chasser sur les terres de l’AfD (Alternative pour l'Allemagne, extrême droite) qui, très loin de son europhobie originelle, opère une forte progression dans l’ensemble du pays. Pour Sahra Wagenknecht, l’immigration n’est pas l’apanage de la droite, tant s’en faut. Il s’agit davantage d’un sujet abandonné par la gauche.
Le modèle danois
En Allemagne, l’immigration est un sujet de société brûlant depuis que le pays a été secoué par la crise migratoire qui a vu plus d’un million d’immigrés – essentiellement syriens, afghans et irakiens – arriver sur le territoire au cours de l’année 2015. « Wir schaffen das ! » (« Nous y arriverons ! ») avait alors déclaré la chancelière Angela Merkel à de multiples reprises. L’Allemagne compte désormais plus de 10 millions d’étrangers et le BSW se tient à bonne distance de cet optimisme.
Cette nouvelle gauche se fait même plus incisive sur le sujet, quitte à casser du sucre sur le dos de son voisin d’Outre-Rhin. Sahra Wagenknecht dépeint une France cauchemardesque, communautarisée, composée de « sociétés parallèles déjà massivement implantées ».« C'est un gros problème, des quartiers entiers ne reflètent plus la société française », explique-t-elle.
Son modèle se situe plus au Nord, au Danemark, où les sociaux-démocrates ont pris un virage très restrictif sur la question migratoire, plus en phase avec l’électorat populaire et les classes moyennes. Mais plus encore que la question de l’accueil, c’est l’échec de la politique d’intégration qui est en jeu pour le BSW. Le modèle allemand traditionnellement fondé sur l’inclusion par le travail s’est considérablement durci ces dernières années avec la mise en place de critères culturels stricts comme l’obligation de prendre, à sa charge, 700 heures de cours d’allemand par exemple.