ÉCHOS DE LA VISITE DU PRÉSIDENT CHINOIS XI JINPING EN FRANCE ET EN SERBIE
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À Paris, Xi Jinping appelle à une conférence internationale de paix «reconnue par la Russie et l’Ukraine»
Les présidents français Emmanuel Macron et chinois Xi Jinping ont prononcé une allocution devant la presse à l'issue de leurs entretiens à Paris le lundi 6 mai 2024.
«Les conflits ne peuvent être réglés que par les négociations», a déclaré le 6 mai au soir à Paris Xi Jinping. Evoquant la crise ukrainienne, le président chinois a appelé les parties concernées «à reprendre le dialogue» et insisté sur «l’organisation d’une conférence internationale de paix reconnue par la Russie et l’Ukraine, réunissant toutes les parties sur un pied d’égalité et permettant une discussion équitable».
Cet appel de Xi Jinping intervient alors que la Russie n'est pas invitée à la conférence sur l'Ukraine qui aura lieu les 15 et 16 mai au Bürgenstock en Suisse.
«Nous avons exposé à plusieurs reprises notre position», a rappelé le dirigeant chinois, défendant la diplomatie pacifique de la Chine et le fait que son pays n'était ni à l’origine de la crise ukrainienne ni partie prenante à celle-ci.
«Nous soutenons la construction d'une architecture de sécurité européenne durable»
«Dans le même temps, nous nous opposons à ce que l’on utilise cette crise pour rejeter les responsabilités sur un pays tiers pour noircir son image et inciter à une nouvelle guerre froide», a regretté le président chinois. «Nous soutenons la construction d'une architecture de sécurité européenne durable», a-t-il ensuite déclaré.
Le dirigeant chinois a ensuite appelé «avec la France» à une trêve «dans le monde entier» à l’occasion des Jeux olympiques de Paris, acceptant là une demande d’Emmanuel Macron. Xi Jinping a en outre qualifié de «tragédie» le conflit israélo-palestinien, appelant à l’adhésion de plein droit de la Palestine à l’ONU et à relancer «la solution à deux Etats».
Depuis février 2022, la Russie s’est tournée vers la Chine à la suite des sanctions occidentales. Pékin et Moscou s’accordent par ailleurs sur le refus de l’hégémonie occidentale.
«Nous respectons les liens anciens qui unissent la Chine à la Russie» a de son côté fait valoir Emmanuel Macron. «Au vu de cette histoire complexe, nous accueillons favorablement les engagements des autorités chinoises à s'abstenir de vendre toute arme, toute aide à Moscou et à contrôler strictement l'exportation des biens à double usage» a-t-il ajouté, évoquant «la guerre d'agression menée par la Russie contre l'Ukraine».
«Je vous remercie de ce moment de coordination que vous avez souhaité avant la visite du président Poutine en Chine, ce qui permettra aussi d'avoir un agenda commun et de pouvoir identifier les volontés ou non d'aller vers cette paix durable», a poursuivi le président français.
Les Occidentaux ne recherchent pas le «changement de régime» à Moscou
Cet échange entre les dirigeants français et chinois intervient alors que les relations sont particulièrement tendues entre Paris et Moscou, depuis l’annonce d’Emmanuel Macron de fournir de nouveaux missiles Scalp à Kiev en janvier dernier, et l'affirmation plusieurs fois répétée de ne pas exclure un envoi de troupes occidentales en Ukraine.
Les Occidentaux n'ont pas «une approche consistant à rechercher un changement de régime à Moscou», a toutefois déclaré Emmanuel Macron aux côtés de Xi Jinping. Le 6 mai, Reuters rapportait que l'ambassadeur de France en Russie serait présent lors de l'investiture de Vladimir Poutine le 7 mai à Moscou. Ce que d'autres capitales européennes ne feront pas, notamment Berlin.
Pékin a proposé un règlement politique en 12 points en février 2023 afin de mettre fin au conflit en Ukraine, impliquant le respect de la souveraineté des États et le début de pourparlers. Des propositions saluées par Moscou mais jusque-là écartées par l’Occident, qui estime que les négociations ne débuteront que selon la volonté de Kiev. Depuis plusieurs semaines, Paris semble vouloir faire pression sur Pékin pour s’adresser à Moscou.
PT
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Raphaël Glucksmann
Glucksmann qualifie Xi Jinping de «tyran» et se voit qualifié d’«agent atlantiste»
Dans un entretien sur France Inter le 7 mai 2024, le candidat socialiste aux élections européennes Raphaël Glucksmann a multiplié les leçons de morale visant la Chine et égratigné au passage les chefs d’État russes et français. Il plaide pour s'inspirer de la politique américaine.
«Pas un ami.» Sur France Inter ce 7 mai, le candidat de la liste Parti socialiste-Place publique aux élections européennes Raphaël Glucksmann n’a pas mâché ses mots dans le cadre de la visite du président chinois Xi Jinping.
Le nouveau chef de file de la gauche socialiste pour le scrutin du 9 juin, qui atteint 12,5% dans le sondage Elabe pour BFMTV du 5 mai, a multiplié les attaques alors que le président Macron recevait son homologue chinois à Paris... et les arguments néoconservateurs.
Engagé de longue date contre le pouvoir chinois notamment sur la question de la minorité Ouighours, Raphaël Glucksmann s’est montré très critique sur l’accueil fait à Xi Jinping. Pour lui, «on peut le recevoir, discuter avec tout le monde mais pas comme ça.»
«Ce n’est pas en flattant les tyrans qu’on fait preuve de réalisme»
L’eurodéputé et ancien conseiller du président géorgien Mikhail Saakachvili a rapidement fait le lien avec la Russie en affirmant que le président chinois était «le principal soutien de la guerre de Poutine en Ukraine». Et d’affirmer : «Ce n’est pas en flattant les tyrans qu’on fait preuve de réalisme.»
Donnant la leçon à Emmanuel Macron, il accuse le pouvoir français : «On fait la même erreur avec Xi Jinping que celle qu’on a faite avec Vladimir Poutine». Et d’épingler « l’obséquiosité dans la visite en Chine» du président français en avril 2023.
«Surtaxer les produits chinois» comme Washington
Des propos qui font écho aux déclarations qu’il a pu faire sur les réseaux sociaux où il a estimé que le président français faisait «la même erreur» avec le président chinois qu’avec le président russe.
Interrogé sur la méthode à suivre pour ne plus dépendre économiquement de la Chine, l’eurodéputé interroge à son tour : «Qu’est-ce que font les Américains ?». Avant de préconiser de «surtaxer les produits chinois» pour «relancer nos filières de production». Le candidat critique par ailleurs l’industrie chinoise qu’il qualifie d’«offensive géopolitique» qui «repose sur la mise en esclavage d’un peuple : les Ouighours».
«Agent atlantiste»
Les déclarations du candidat socialiste ont suscité des réactions sur les réseaux sociaux à l’image du journaliste Anice Lajnef qui qualifie l’eurodéputé d’«agent atlantiste». «Glucksmann nous annonce déjà la prochaine guerre que ses maîtres veulent mener contre la Chine», ajoute-t-il.
L’ancien sénateur Yves Pozzo di Borgo a affirmé, de son côté, après un débat entre les candidats aux élections européennes que Raphael Glucksman avait été «exfiltré de Géorgie par la CIA ou avec son ami Saakachvili et sa femme Eka ministre de l’Intérieur ils ont enfermé et torturé leurs opposants».
De son côté, le président de l’UPR François Asselineau a dénoncé la «propagande de la CIA». «Il ne dit rien sur les crimes à Gaza mais récite la fake news du prétendu génocide des Ouïghours en Chine», a-t-il ajouté.