Banderole en soutien à Gaza : le maire communiste d'Ivry refuse de retirer l'inscription de l'hôtel de ville
MAIS les autorités macroniennes font moins de zèle républicain et montre beaucoup moins d'attachement au principe de neutralité lorsque les mairies pro Kiev arborent le drapeau ukrainien !
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Le préfet du Val-de-Marne a enjoint au maire (PCF) d'Ivry-sur-Seine de retirer la banderole "Stop au génocide !" sur le fronton de l'hôtel de ville au nom de la neutralité des services publics.
La polémique a mis près de deux ans à arriver. Quelques semaines après les massacres du 7 octobre 2023 et le déclenchement de la guerre à Gaza, le maire d'Ivry-sur-Seine a installé une banderole sur l'hôtel de ville appelant à la fin des combats.
"Elle a été posée dès le mois d'octobre 2023 lorsque l'armée israélienne est entrée dans Gaza et a commencé ses exactions. Elle a été détruite plusieurs fois, récemment, on a changé la banderole et on est passé du terme 'massacres' au terme 'génocide'", explique Philippe Bouyssou, maire d'Ivry-sur-Seine, ajoutant : "Sur cette banderole, on demande aussi la libération des otages".
Neutralité "à géométrie variable" ?
Cette inscription n'a pas plu au préfet du Val-de-Marne, Etienne Stoskopf, qui a écrit une lettre au maire communiste lui enjoignant de retirer cette banderole "dans les plus brefs délais", le 29 juillet dernier, rapporte Le Parisien.
Selon ce courrier, le maire est le "garant de la neutralité du service public. Ce principe constitutionnel vous impose de ne pas afficher d’opinion politique sur les édifices publics de la commune" et "l’apposition d’une banderole à caractère politique ou religieux sur des édifices publics est contraire au principe de neutralité".
Selon le site Service-public.fr, "le devoir de réserve ne concerne pas le contenu de(s) opinions, mais leur mode d'expression".
Une position que ne comprend pas le maire de cette commune du Val-de-Marne : "Je pense qu'il s'agit d'une consigne gouvernementale qui s'adresse à l'ensemble des élus qui ont affiché sur les hôtels de ville des positionnements en soutien aux peuples palestiniens et gazaouis. J'espère que ce n'est pas un appel à la neutralité qui serait à géométrie variable."
La justice a déjà tranché la question du drapeau palestinien
Du côté des Ivryens, la défense de la question humanitaire est largement défendue. "Je ne vois pas pourquoi on retirerait cette affiche. Tout le monde a le droit d'avoir ses opinions en France, cela ne me choque pas du tout. Ce n'est pas une question politique mais une question d'êtres humains", pense une riveraine rencontrée sur le parvis de l'hôtel de ville.
Un autre s'interroge sur l'utilisation du mot "génocide" : "Personnellement cela ne me dérange pas. Mais peut-être que ce mot qui choque certaines personnes."
Le maire pourrait se retrouver devant le tribunal administratif de Melun et assure qu'il se rendra personnellement à l'audience pour défendre sa position.
En juin dernier, la justice avait ordonné le retrait d'un drapeau palestinien qui avait été hissé sur la mairie de Gennevilliers. Une autre décision en sens a été prise à Antony où la mairie a dû retirer les drapeaux israéliens installés sur la mairie à côté des drapeaux français. Dans les deux cas, en vertu du principe de neutralité.