Reconnaissance de la Palestine : le bon côté de l’histoire
Philippe Rio
L'Humanité du 24 septembre 2025
L’État de Palestine est enfin reconnu, une étape historique après soixante-dix ans de lutte. L’histoire est loin d’être finie, il faudra continuer à travailler pour une paix juste et durable pour le peuple palestinien et les peuples de la région. L’histoire continue, pour preuve les attaques sans précédent que subissent nos maires à travers la France.
Les préfets répondant à une directive du ministère de l’Intérieur ont traduit devant la justice administrative (sans doute la moins démocratique des justices de France) nos édiles au moment même où la diplomatie française et le président de la République reconnaissent en droit l’État de Palestine. Si tous les préfets ne réagissent pas de la même manière, certains semblent faire preuve du zèle d’époques moins glorieuses.
Des maires traduits en « comparution immédiate », ce samedi, d’autres, parfois les mêmes, ont eu droit à une seconde notification le dimanche, d’autres enfin, se voient traduits une deuxième fois sur le « fond » et non plus sur l’acte même.
Ce zèle va au-delà du respect des principes républicains : c’est bien une séquence idéologique qui se met en marche. Le Rassemblement national et ses sbires entrent dans la mascarade ! Des députés RN escaladent les mairies pour arracher des drapeaux, des torchons d’extrême droite dressent des listes publiques d’élus islamo-gauchistes, des hordes de « trolls » sans courage étouffent les réseaux sociaux.
En cette période, chaque acte des élus progressistes est un acte politique. Nos actions nous positionnent dans la bataille idéologique en cours. Celle de l’État de droit ou de la barbarie, celle de l’humain et de l’inhumain. Que nous soyons militants, maires, parlementaires, c’est à ce niveau que nous devons mesurer nos actes.
Pourquoi lutter pour la Palestine ? Simplement parce qu’un monde qui tolère la barbarie à la vue de tous, un monde où les règles ne sont plus respectées, une société sans État de droit, c’est une vie où la violence, la loi du plus fort, la trumpisation des esprits devient le dénominateur commun. Pourquoi respecter son voisin ? Pourquoi ne pas se faire justice soi-même ? Puisque de toute façon, chaque jour, aux infos, le génocide, des massacres, des peuples spoliés inondent notre télévision entre deux publicités. Il est là le véritable danger de notre démocratie : la violence et l’individualisme.
Lutter pour la Palestine, c’est défendre l’universalisme français de liberté, d’égalité et de fraternité ici et ailleurs, c’est lutter pour l’intérêt général de l’humanité, des Françaises et des Français, de nos citoyennes et citoyens dans nos villes et villages. Cette histoire n’est pas finie, mais « l’histoire jugera ». Soyons fiers et solidaires des élus et des militants qui tiennent bon, du bon côté de l’histoire !