Global Sumud Flotilla : l’Humanité appelle à la mobilisation pour la libération d’Émilien Urbach et des journalistes détenus en Israël
Caroline Constant
L'Humanité du 05 octobre 2025
Alors qu’Émilien Urbach, reporter de l’Humanité, et 20 autres de nos confrères de la presse internationale sont emprisonnés en Israël, le journal organise un rassemblement à son siège, lundi 6 octobre, pour exiger leur libération et celle de tous les membres des équipages humanitaires partis pour Gaza.
Israël continue de bâillonner la presse et de l’intimider. Une vingtaine de journalistes, dont Émilien Urbach, reporter de l’Humanité, se trouvaient parmi les 42 bateaux de la Flottille Global Sumud, interceptée par l’armée israélienne entre le 1er et le 2 octobre.
L’Humanité appelle à un rassemblement pour exiger leur libération immédiate, au siège du journal, 5 rue Pleyel à Saint-Denis (métro Carrefour-Pleyel), lundi 6 octobre, à 18 h 30.
Reporters sans frontières, dans un communiqué, recense ainsi une vingtaine de journalistes internationaux sur les bateaux de la flottille, « parmi lesquels des journalistes des rédactions espagnole – le quotidien El País –, qatarienne – la chaîne Al-Jazeera –, italienne – le diffuseur public RAI –, française – le quotidien communiste l’Humanité – ou encore turque – le média public TRT ».
Dénoncer les violations des droits des reporters
Les organisations syndicales représentatives de journalistes en France (SNJ, SNJ-CGT, CFDT-Journalistes, SGJ-FO) condamnent « non seulement le caractère illégal de cet arraisonnement dans les eaux internationales, mais aussi une violation flagrante des lois et conventions protégeant la sécurité des journalistes dans les zones de conflit et consacrant la liberté de la presse ».
Elles ajoutent qu’elles tiennent « les autorités israéliennes responsables de l’intégrité, la santé et les droits de tous les journalistes aujourd’hui détenus ».
Pour les journalistes, « cette flottille représentait une occasion concrète de tenter d’enrayer la spirale à l’œuvre depuis près de deux ans : élimination méthodique des journalistes gazaouis – plus de 240 ont été assassinés et, pour beaucoup d’entre eux, ciblés par l’armée israélienne – et black-out orchestré à travers l’interdiction totale pour la presse internationale de pénétrer dans la bande de Gaza ».
Le SNJ-CGT de l’Humanité a de son côté rappelé que « cette flottille, avec ses chargements de vivres et de produits de première nécessité, n’a rien d’une provocation, comme le prétendent les autorités israéliennes, qui ont multiplié ces dernières semaines les menaces, les intimidations, les attaques de drones. C’est un cri d’humanité, un défi pacifique, non violent, au blocus illégal imposé depuis 2007 à la bande de Gaza et au peuple palestinien, cible, dans cette prison à ciel ouvert transformée en cimetière, de bombardements ininterrompus, d’une famine organisée, d’une entreprise d’anéantissement ».
Pour l’intersyndicale, « ce sont aussi notre solidarité, notre humanité, notre liberté d’informer qui ont été kidnappées en mer, dans la nuit de mercredi à jeudi » dernier.