« Sanglant » : le gouvernement officialise la suppression de 4 000 postes d’enseignants à la rentrée

Publié le par FSC

Ilustration dans le domaine éducatif du choix du saccage des investissements sociaux par l'oligarchie appuyée et soutenue par le PS pour imposer ces choix au nom de la nécessité d'avoir un budget tout en préservant la domination de classe accompagnée de son récit fataliste  : pas d'alternative !
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L'Humanité du 27 janvier 2026

 

Le ministère a détaillé l’ampleur des suppressions d’emploi : 2 229 dans le premier degré public - écoles maternelles et élémentaires - et 1 803 dans le second degré public - collèges et lycées.© Fred MARVAUX/REA

 

Le ministère de l’Éducation nationale a détaillé, lors d’une réunion du Comité social d’administration (CSA) avec les syndicats, son plan pour la rentrée 2026. Les représentants du personnel ont découvert avec effroi la suppression d’environ 4 000 postes dans le primaire et le secondaire.
« Sanglant », « douche froide »… Les qualificatifs ne manquent pas pour résumer le choc qu’ont vécu les syndicats enseignants. Leurs inquiétudes étaient déjà prégnantes, elles vont redoubler d’intensité. Le ministère de l’Éducation a officialisé, lundi 26 janvier, la répartition des moyens pour la rentrée scolaire 2026. Le couperet est officiellement tombé : 2 200 suppressions de postes dans le primaire et 1 800 dans le secondaire.
Lors de cette réunion du Comité social d’administration (CSA), le ministère de l’Éducation nationale a ainsi détaillé aux syndicats les (peu de) moyens prévus pour la rentrée prochaine, ainsi que leur répartition par académie. Cet exercice est habituellement mené en décembre, mais a été retardé cette année du fait de l’absence d’un budget.

Le détail transmis aux syndicats
Ces éléments « ont été soumis à ce comité à titre prévisionnel, sur la base de l’actuel projet de loi de finances en cours de discussion et sous réserve de l’adoption définitive de la loi », a précisé le ministère, dans un communiqué. L’Assemblée nationale devrait repousser, mardi, deux nouvelles motions de censure, ce qui vaudra adoption en nouvelle lecture de la partie « dépenses » du projet de loi de financement (PLF), transmis ensuite au Sénat.


Si le ministère n’a pas précisé les contours de cette nouvelle organisation publiquement, le document transmis aux syndicats a pu être consulté par l’Agence France-Presse (AFP). Ce dernier détaille l’ampleur des suppressions d’emploi annoncées : 2 229 dans le premier degré public – écoles maternelles et élémentaires – et 1 803 dans le second degré public – collèges et lycées.
« Il n’y a rien qui va, a réagi Élisabeth Allain-Moreno, secrétaire générale du SE Unsa, auprès de l’AFP. Ce qui est complètement occulté, c’est qu’aujourd’hui, le budget devrait aussi pouvoir permettre de réparer ce que la politique éducative a engendré comme dégâts depuis 2017. »


Cette présentation a « confirmé l’austérité budgétaire assumée et les chiffres avancés par le gouvernement lors des discussions au Parlement » de 4 000 suppressions d’emplois, a renchéri la CGT Educ’action dans un communiqué. « Le ministère maintient sa sinistre politique comptable » face à la baisse démographique, a-t-elle regretté. Dans le premier degré, « le nombre global des suppressions est un choc, mais aussi la répartition, avec des académies particulièrement touchées, comme celle de Lille, a déploré Aurélie Gagnier, secrétaire générale de la FSU-Snuipp, premier syndicat du primaire. Ça va être sanglant. »


Selon le document du ministère, l’académie de Lille perdrait ainsi 265 postes en Équivalents temps plein (ETP) dans le premier degré, celle de Versailles 170, Nancy-Metz 160, la Normandie 153, Nantes 151, Créteil 140 ou Bordeaux 115. Dans le second degré, « c’est un peu la douche froide », a constaté également Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, avec 190 suppressions d’emplois à Lille, 153 à Rennes, 150 en Normandie ou 140 à Bordeaux. « On savait que la rentrée ne se préparait pas sous de très bons auspices. C’est confirmé. » Le gouvernement continue ainsi de sacrifier les moyens de l’école sur l’autel de l’austérité.

L'Humanité du 27 janvier 2026

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