Flambée des prix du carburant
La flambée des prix des carburants c'est d'abord la conséquence de l'agression criminelle des Etats-Unis et d'Israël.
Avec un impact durable et catastrophique pour les peuples d'Europe et les français.
La résistance à cette politique criminelle et d'installation du chaos résidant dans la lutte pour la PAIX et le désarment.
A l'opposé des rodomontades macroniennes et de ses larbins médiatiques !
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Marie Toulgoat
L'Humanité du 20 mars 2026
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| Face à l’inquiétude des automobilistes, l’exécutif refuse, pour l’instant, toute contrainte des distributeurs et s’en remet à la magie de la concurrence libre et non faussée.© Sameer Al-DOUMY / AFP |
Face à la flambée des cours du pétrole et des prix à la pompe, l’exécutif joue la carte de la confiance vis-à-vis des fournisseurs d’hydrocarbures. Des solutions sont pourtant à la disposition du gouvernement pour préserver le pouvoir d’achat des automobilistes.
Sur le graphique, le cours du Brent, ce pétrole utilisé comme standard de la fixation des prix des matières premières, s’envole depuis le début du conflit au Moyen-Orient, lancé par des frappes israélo-américaines sur le sol iranien. La paralysie du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % de l’or noir, est à l’origine d’une véritable inflation des cours, entraînant dans son sillage de lourdes conséquences, notamment pour le portefeuille des automobilistes français.
Selon le site internet Carbu.com, le SP95-E10 était le 13 mars vendu en moyenne 1,878 euro le litre, soit 16,4 centimes de plus que 30 jours auparavant. Le diesel, lui, a vu son prix enfler de 34 centimes sur la même période, atteignant les 2,040 euros le litre au début de cette semaine.
De prime abord, on pourrait penser que la hausse du prix des carburants est une réaction mécanique à la flambée du cours du Brent. En vérité, elle relève, dans les premiers jours, d’une anticipation par les distributeurs d’une hausse de leurs charges, sans que celles-ci n’aient encore réellement augmenté. Début mars, Thierry Bros, professeur à Sciences-Po Paris et spécialiste de l’énergie, pointait en effet que le pétrole utilisé aujourd’hui à la pompe « avait été produit il y a plus de deux mois et raffiné il y a une vingtaine de jours ».
630 contrôles à la pompe
Sans éclaircissement de l’horizon géopolitique au Moyen-Orient, les stations-service devraient toutefois se ravitailler bientôt au prix fort. Et les prix ne pas baisser de sitôt. Mais les automobilistes français sont-ils, pour autant, condamnés à payer le prix de la guerre à chaque fois qu’ils remplissent leur réservoir ?
Interrogé par de nombreux observateurs ces dernières semaines, le gouvernement a promis de durcir le ton face à des distributeurs d’essence qui abuseraient de la situation pour gonfler leurs marges. Le 12 mars, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a assuré avoir mené 630 contrôles aux pompes et sanctionné 5 % des distributeurs par des amendes administratives. Toutefois, ce ne sont pas vraiment les prix que les agents ont contrôlés. Seulement la bonne transparence de l’information aux consommateurs. Pour le dire simplement, si les prix pratiqués ont doublé en deux semaines mais que ces nouveaux coûts sont correctement affichés, les distributeurs sont dans leur bon droit.
Face à l’inquiétude des automobilistes, l’exécutif refuse, pour l’instant, toute contrainte des distributeurs et s’en remet à la magie de la concurrence libre et non faussée. Ce « qui marche (pour réguler les prix), c’est la compétition entre les acteurs », a martelé Serge Papin, ministre du Commerce. De leur côté, certains distributeurs font de la situation un bon argument marketing. Comme Total qui a annoncé le plafonnement de ses prix, assurant que son gazole ne dépassera pas les 2,09 euros du litre jusqu’à la fin mars. Un montant qui reste supérieur de 35 centimes par rapport au prix pratiqué avant le début du conflit…
Blocage des prix en Croatie
Des solutions plus volontaristes existent pourtant pour éviter que cette brutale inflation ne pénalise trop les automobilistes. La première consiste en un plafonnement des prix, réclamé notamment par le Parti communiste et La France insoumise, qui a déposé début mars une proposition de loi en ce sens. Une solution retenue par plusieurs pays, notamment la Croatie et la Thaïlande.
L’exécutif pourrait également opter pour une aide directe aux automobilistes. C’est cette solution qui avait été mise sur la table en 2022 alors que le début du conflit en Ukraine avait fait s’envoler les prix de l’énergie. Une ristourne de 30 centimes, puis de 18 centimes avait été appliquée pour tous les consommateurs, directement à la pompe, avant d’évoluer vers un chèque de 100 euros à destination des ménages véhiculés les plus modestes. Une telle aide ferait toutefois porter l’effort à l’État, et non aux fournisseurs d’hydrocarbures, dont les marges ne seraient ni contrôlées ni encadrées.
Il en va de même pour la réduction – voire la suppression – des taxes. Cette mesure, réclamée à cor et à cri par le Rassemblement national, permettrait de réduire drastiquement les prix à la pompe, les différents impôts pesant pour presque 50 % du prix du litre d’essence. Là encore, si elle allégeait considérablement la charge pour les automobilistes, la mesure impliquerait un manque à gagner pour les finances publiques – environ 10 milliards – sans que les compagnies pétrolières n’aient à bouger le petit doigt. Trois semaines après le début de la guerre, le gouvernement, lui, semble toujours vouloir confier à la filière pétrolière la responsabilité de protéger le pouvoir d’achat des consommateurs. Un choix plus que risqué.
