Hôpital public : le temps d’attente aux urgences a explosé en dix ans
L'Humanité du 02 juin 2026
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| Pour les 9 % de personnes admises en unité d’hospitalisation de courte durée, la durée médiane explose à 17 heures 30, soit 2 heures 40 de plus qu’en 2013. © HJBC / Alamy / abacapress |
Selon une étude de la direction des services statistiques des ministères sociaux, les délais d’attente n’ont jamais été aussi longs pour les patients en souffrance passant par ce service.
Des statistiques qui n’augurent rien de bon avant les congés d’été et leur flot de vacanciers. Selon une étude de la Drees publiée lundi 1er juin, les passages aux urgences sont plus longs qu’il y a dix ans et ce, quelle que soit la configuration : un malade ausculté une seule fois, examiné à l’aide de la radiologie et de la biologie médicale ou hospitalisé à la fin. Un jour normal de semaine de 2023, la durée médiane entre l’enregistrement administratif du patient et sa sortie atteignait 3 heures 10, contre 2 heures 15 en 2013.
Celle-ci s’appuie sur les données de « l’Enquête urgences », réalisée le deuxième mardi de juin en 2013 comme en 2023, dans l’ensemble des services d’urgences générales et pédiatriques français, hors Mayotte, avec l’appui des syndicats Samu-Urgences de France et de l’Association des médecins urgentistes de France (AMUF).
Parmi les patients, pour ceux – presque un sur cinq – n’ayant besoin que d’une seule consultation avec le médecin, sans soin particulier, ni examen, la moitié ressort en moins de 1 heure 35. C’est 20 minutes de plus qu’il y a dix ans. Quant aux malades ayant bénéficié à la fois de soins et d’un recours au plateau technique (radiographie, scanner, biologie…), sans être hospitalisé ensuite, la durée médiane s’établit à 3 heures 55, soit 1 heure 15 de plus qu’en 2013. Enfin, pour ceux qui doivent être hospitalisés – un patient sur six -, l’attente est encore plus longue : la moitié passe 6 heures 30 aux urgences ou plus, soit 1 heure 45 de plus qu’en 2013.
17h30 d’attente pour les patients hospitalisés
Pour les 9 % de personnes admises en unité d’hospitalisation de courte durée (UHCD) au sein des urgences, pour être surveillées, passer des examens complémentaires ou pour attendre un lit d’aval dans un autre service, la durée médiane, elle, explose à 17 heures 30 (+ 2 heures 40 par rapport à 2013).
Dans une seconde étude, la Drees a également analysé le temps dans la salle d’attente avant la première évaluation permettant de trier les malades en fonction du degré de gravité : moins de 8 minutes pour la moitié des patients, mais plus de 30 minutes pour une personne sur dix. Entre l’arrivée et le début des soins, moins d’une demi-heure s’écoule pour la moitié des patients, mais un sur dix doit attendre 2 heures 30 ou davantage.
Ces délais conséquents sont d’autant plus inquiétants qu’ils ne sont pas représentatifs des pics d’activité : l’attente s’étire encore lors des canicules et des épidémies hivernales. Ces résultats n’ont pourtant rien d’étonnant : la situation à l’hôpital public n’a cessé de se dégrader avec des budgets toujours plus bas malgré des besoins de soins croissants de la population. Si cette cure d’austérité a des effets sur les patients et les soignants, elle creuse aussi les comptes des établissements : en 2024, le déficit s’est aggravé de 0,5 milliard par rapport aux 2,4 milliards de 2023 selon une autre étude de la Drees qui souligne que « sept hôpitaux sur dix sont déficitaires ».
