Précarité étudiante : l’Assemblée vote pour la revalorisation des bourses proposée par les communistes
L'Humanité du 12 juin 2026
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Face à une précarité étudiante galopante, l'Assemblée nationale a approuvé, jeudi 11 juin dans la soirée, la revalorisation des bourses sur critères sociaux défendue par la députée communiste de Seine-Saint-Denis, Soumya Bourouaha. Le texte prévoit une indexation a minima sur l’inflation et le versement sur 12 mois au lieu de 10.
« Ma proposition de loi constitue une étape d’urgence face à la précarité que nous constatons tous », avait plaidé, en commission, la députée communiste Soumya Bourouaha, rapporteure d’un texte qui a franchi une nouvelle étape, jeudi 11 juin, lors de la niche de son groupe parlementaire à l’Assemblée nationale. Dans la soirée, les députés ont approuvé la revalorisation des bourses étudiantes sur critères sociaux défendue par l’élue de Seine-Saint-Denis.
Le dispositif existant, a-t-elle fait valoir, qui « ne remplit plus son rôle historique » de « démocratisation de l’enseignement supérieur », compte « parmi les seules aides sociales à ne pas bénéficier d’une revalorisation automatique (…) depuis 2013 (…) alors même que le coût de la vie étudiante a augmenté de près de 30 % ». Et pourtant, en janvier dernier encore, une vaste enquête de l’Union étudiante donnait à voir l’ampleur du problème qu’un chiffre à lui seul résume : un étudiant sur deux (48 %) a déjà dû renoncer à se nourrir pour raisons financières.
Des bourses indexées et versées 12 mois sur 12
Dans un tel contexte, la proposition de loi prévoit une indexation annuelle automatique du montant des bourses, a minima sur l’inflation, mais aussi une « annualisation » du versement, qui reviendrait à verser les bourses « 12 mois sur 12 » plutôt que 10. « Tous les étudiants ne vivent pas le même été : certains peuvent partir en vacances, ou préparer sereinement leur rentrée, tandis que d’autres sont contraints de multiplier les emplois, souvent sans aucun rapport avec leur formation », et « abordent la rentrée déjà épuisés », avait défendu en commission la députée à propos de cette dernière mesure.
Si les dispositions de son texte ont été adoptées à la quasi-unanimité des votants, des groupes de gauche et du Rassemblement national, les députés Renaissance, Horizons, LR et UDR (groupe d’Éric Ciotti) se sont abstenus, arguant comme le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste, du « coût pour les finances publiques ».
Au total ? « Un peu plus de 540 millions d’euros par an. Environ 112 millions pour l’indexation des montants et des barèmes et 430 millions pour l’annualisation du versement des bourses », a indiqué la rapporteure, citant la Direction générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle, face à des députés de droite beaucoup moins regardant quand il s’agit des quelque 211 milliards versés sans contrôle ni contrepartie aux entreprises.
Si le vote de ce jeudi est une bonne nouvelle pour les étudiants, le parcours législatif du texte est loin d’être bouclé. Prochaine étape sur sa route : passer l’épreuve du Sénat.
