Comment bien profiter de ses congés et arrêter de penser au travail
Mélanie Mermoz
L'Humanité du 25 juillet 2026
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| Près d’un Français sur deux (48 %) déclare ne pas parvenir à rompre complètement avec le travail durant les vacances. © Istock/Getty |
Pour pouvoir réellement bénéficier de ses congés, il faut anticiper pour supprimer les sollicitations professionnelles. Et il ne faut surtout pas oublier que c’est tout au long de l’année que la récupération est indispensable.
Les juillettistes vont reprendre le travail tandis que les aoûtiens vont bientôt pouvoir enfin souffler. Alors que de plus en plus de travailleurs sont gagnés par l’épuisement professionnel, la récupération s’est imposée comme un véritable enjeu, qui dépasse la seule période des vacances. Pas question toutefois d’en faire simplement un sujet individuel, au risque de rajouter encore une injonction.
« C’est un enjeu d’organisation du travail », souligne Élisabeth Ferrere, psychologue du travail et consultante au cabinet Empreinte humaine, lors d’un webinaire intitulé « La récupération : un levier essentiel de la santé mentale au travail ». Et le moins qu’on puisse dire est que souvent l’organisation du travail ne permet pas réellement de souffler. Bien sûr, un droit à la déconnexion est inscrit dans la loi depuis 2016, mais il reste théorique.
Près d’un Français sur deux (48 %) déclare ne pas parvenir à rompre complètement avec le travail durant les vacances et 28 % des salariés consultent ponctuellement leur messagerie pendant leurs congés, selon une étude, parue en 2025, menée auprès de 1103 salariés par l’institut Censuswide pour la plateforme de recrutement Indeed.
Anticipation et message d’absence
Consacrer quelques minutes dans la journée à lire des e-mails a pourtant un impact qui dépasse le seul temps de cette lecture. « Lire un courriel ou recevoir une notification, ce n’est pas anodin. Ça va cognitivement et émotionnellement remettre dans le mode travail, ça va amener des interrogations, des projections, voire une rumination mentale, car le cerveau déteste les situations inachevées », ajoute Benjamin Langé, responsable des accompagnements psychologiques HuCare (programme de soutien d’Empreinte humaine).
Pour pouvoir partir l’esprit tranquille, il est nécessaire de préparer son départ en amont, identifier les dossiers qui peuvent être mis en pause, à qui déléguer les autres. « Il est important de définir collectivement ce qu’est une véritable urgence, d’établir des règles claires pour limiter au maximum les sollicitations pendant les congés », indique Élisabeth Ferrere. La hiérarchie doit jouer un rôle exemplaire en déconnectant aussi pendant les congés, au risque sinon de maintenir une culture du présentéisme toxique.
La deuxième étape a lieu, elle, juste avant le départ. Elle permet de partir plus serein. « Mettre en place un rituel de départ est utile : trente minutes sont consacrées à définir ses priorités de reprise et à poser un message d’absence », ajoute-t-elle. Mieux vaut que le message d’absence invite votre interlocuteur à vous recontacter après la date de votre retour. Cela limite la quantité de mails qu’il faudra lire quand vous reviendrez au travail.
Pour que le bénéfice de cette récupération ne s’évanouisse pas en quelques jours, pas question de replonger trop brutalement. Il est important de s’aménager un sas de reprise en bloquant une demie à une journée pour lire ses mails. C’est aussi le moment de reprendre sa petite liste des priorités définies avant les vacances et de se rappeler que la récupération est aussi nécessaire tout au long de l’année.
