EH OUI La France manque de Canadairs !
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Car on ne peut à la fois aider financièrement massivement le régime corrompu de Kiev, augmenter massivement les dépenses militaires ET faire face réellement aux nécessaires investissements civiles au profit des populations et du pays !
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Gaël De Santis
L'Humanité du 27 juillet 2026
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Deux rapports parlementaires se sont inquiétés du retard pris dans l’achat de bombardiers d’eau, dont la production est à l’arrêt depuis 2015.
Il n’y a pas de fumée sans feu. Plusieurs rapports ont alerté, ces dernières années, sur l’insuffisance de la flotte aérienne pour faire face à des incendies comme ceux que connaît la France ces derniers jours. En 2023, un rapport du sénateur LR Jean-Pierre Vogel, ancien président du service départemental d’incendie et de secours (Sdis) de la Sarthe, indiquait que, du fait du vieillissement, le matériel disponible avait « tendance à baisser significativement en période de forte tension opérationnelle ». Les 12 Canadair ont en moyenne près de 30 ans. Alors que le sud de la France est en proie à des incendies inédits, seuls 7 des 12 avions opèrent en même temps, maintenance oblige.
En 2022, Emmanuel Macron avait annoncé le renouvellement des Canadair et l’acquisition de 4 appareils supplémentaires d’ici à 2033. Or, relève un autre rapport de juillet 2025, celui des députés Damien Maudet (LFI) et Sophie Pantel (PS), « la crédibilité de cette stratégie a (…) été atteinte par le décret du 21 février 2024 qui est venu annuler près de 53 millions d’euros du programme 161, pourtant destinés à l’acquisition des deux appareils supplémentaires ».
Ce décret, cosigné par le ministre des Comptes publics d’alors et actuel maire de Bordeaux, Thomas Cazenave (Renaissance), listait 10 milliards d’euros de coupes budgétaires. Le gouvernement de Gabriel Attal arguait alors d’une rectification du budget 2024 rendue nécessaire par une hypothèse de croissance trop généreuse et une diminution des recettes fiscales.
Un abandon industriel
Interrogés par la Dépêche, les proches du premier ministre ont tenté de justifier la décision : « Compte tenu des difficultés opérationnelles du fournisseur et des délais de livraison de presque quatre ans, il n’était pas nécessaire de procéder à la commande immédiate de deux appareils complémentaires. » Il y a donc bien eu une annulation de commande, même si les difficultés d’approvisionnement étaient bien réelles.
Ce rapport souligne, comme celui de Jean-Pierre Vogel deux ans plus tôt, qu’il y a des « doutes quant à la capacité du constructeur De Havilland of Canada (DHC) à relancer sa chaîne de production et à tenir le calendrier des deux appareils commandés (dont la livraison est) prévue en 2028 ». Faute de commandes, l’appareil n’était plus produit depuis 2015, et DHC est en situation de monopole.
Le 16 juillet, le président de la République, lors d’un déplacement à Fontainebleau dont la forêt est touchée par les incendies, a fait valoir que, depuis son arrivée en 2017, avait été remise à l’ordre du jour « une production de Canadair (…) en mobilisant les autres Européens, en commandant, en mettant six pays européens pour pouvoir relancer la filière ». Une production au compte-goutte.
Car la situation actuelle est le fruit d’un abandon industriel et du retard pris par les pays occidentaux. Trois entreprises de la région de Toulouse planchent encore sur la conception de bombardiers d’eau. Pendant ce temps-là, la Chine s’est lancée, depuis 2025, dans la production de l’AG600 Kunlong.
La pénurie de Canadair ne signifie pas que la flotte française soit totalement dépourvue, mais elle est moins efficace. L’A400M de l’armée est mobilisé, cependant sa rotation est plus lente que celle des Canadair. Huit bombardiers Dash sont actifs, mais ils sont obligés de s’approvisionner sur un pélicandrome * . Le Canadair peut, lui, rapidement écoper de l’eau dans un lac.
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* Un pélicandrome est une base de ravitaillement au sol pour les avions bombardiers d'eau, comprenant de grands réservoirs d'eau et de produit retardant.
Permet de remplir les soutes des aéronefs (comme les Dash ou les Canadair) en eau ou en produit chimique pour stopper la propagation des feux de forêt. [1, 2, 3]
