« La préfecture de Paris se donne bonne conscience la veille de la canicule » : les autorités tentent d’évacuer les grévistes du parvis du Samu social
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Tom Demars-Granja
L'Humanité du 28 juillet 2026
La préfecture de Paris a tenté d’évacuer, avec des bus, les usagers du Samu social qui occupent le parvis devant le siège du 115, en compagnie de salariés en grève afin de dénoncer un manque de moyens. L’intervention, organisée la vieille d’une nouvelle canicule, relevait d’une opération de communication, estiment les associations présentes sur place.
Les usagers du 115, tant des familles que des femmes seules et mineurs non accompagnés, réclament des places d’hébergement en Île-de-France. En lutte depuis plusieurs semaines aux côtés de travailleurs du Samu social de Paris, qui accompagnent le mouvement sur le parvis devant leur propre siège, ces derniers ont vu la préfecture tenter un coup de communication.
Quatre bus sont arrivés dans la matinée du mardi 28 juillet avec pour objectif de « proposer » des places temporaires dans des centres de tri (SAS). En théorie placées durant trois semaines, les personnes sans-abri peuvent y faire face à des contrôles accrus. « La préfecture veut se donner bonne conscience la veille de la canicule, fustige Paul Alauzy, porte-parole du collectif « le Revers », présent sur place. Elle va se targuer d’avoir réalisé une opération humanitaire. »
« Les propositions ne sont pas adaptées voire dangereuses »
Les 300 personnes visées – dont 110 enfants – par la préfecture ont refusé de se soumettre au son diktat, confirme celui qui est aussi coordinateur de la mission exilés Médecins du Monde Paris. « Les propositions ne sont pas adaptées voire dangereuses », résumait-il en amont de l’intervention de la préfecture.
Alors que l’écrasante majorité des usagers du 115 présents « ont des attaches en Île-de-France, tant au niveau familial que du travail, ou scolaire pour les enfants », seules trois places dans la région ont été proposées. « Les autres, vous pouvez monter dans les bus pour partir vers les SAS régionaux », ont lâché les équipes de la préfecture. Les bus sont repartis vides.
Une politique condamnée par les associations présentes aux côtés des usagers, « le Revers ! » et Utopia 56 en tête, alors que la canicule est de retour sur le territoire français. « Les fortes chaleurs s’installent sur une grande partie du pays mardi 28 juillet, avec un pic d’intensité mercredi 29 juillet », a prévenu Météo France dans un point d’information. Des pointes à 38 °C sont redoutées à Paris.
Paul Alauzy et ses collègues ont déjà dû porter assistance à une femme enceinte de cinq mois, dont la tension augmentait dangereusement. « Les ruptures de soins, par exemple pour les personnes atteintes d’épilepsie ou des femmes enceintes, se multiplient », alerte le porte-parole.
« Les familles savent sur qui repose la culpabilité de ces mesures mortifères et indignes et ne tiennent pas pour responsables les travailleurs du 115, résumait Nathan Lequeux, coordinateur de l’antenne de Paris d’Utopia 56, auprès de l’Humanité. C’est l’État qui les tue. » Près d’un mois après cette prise de parole, la préfecture de Paris ne semble pas avoir pris les alertes des usagers et les revendications des salariés au sérieux… Malgré l’urgence de la situation.
