Réécriture de l'histoire ... et enseignement au lycée
Ce que la bourgeoisie française cache depuis des décennies derrière ses mensonges c'est qu'en livrant (contre les traités contraignants) la Tchécoslovaquie à Hitler (Munich) non seulement elle barre la route à toute entente et coalition avec l'URSS, mais que par anti-communisme, par esprit de revanche contre le Front Populaire elle espère que la volonté d'agression nazie soit tournée prioritairement contre le socialisme.
Ce qui n'est pas bien sûr incompatible avec la volonté d'entente avec le nazisme comme va le prouver l'attitude de maints dirigeants économiques durant l'occupation.
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Pacte germano-soviétique, interdiction du PCF : la version de l’histoire enseignée aux lycéens
Que trouvera sur ce site une lycéenne ou un lycéen sur ce qui se passe en 1939, s’il inscrit dans le moteur de recherche « pacte germano-soviétique » et « interdiction du PCF » ?
À « pacte germano-soviétique », il trouvera : « L’URSS semblait sur le point de rejoindre la France et la Grande-Bretagne face à l’Allemagne, comme en 1914. Français et Britanniques envoient au début du mois d’août 1939 une mission militaire à Moscou pour tenter d’aboutir à un accord alors que la possibilité d’une nouvelle guerre en Europe se dessine.
Et pour « interdiction du PCF » il trouvera : « Alors qu’il a déjà fait interdire de parution le journal communiste L’Humanité au lendemain de l’annonce du pacte germano-soviétique, ce nouveau contexte, permettant d’assimiler les communistes à des traîtres, justifie pour Edouard Daladier un nouveau renforcement de la répression. Le gouvernement décrète le 26 septembre la dissolution du Parti communiste et de toutes les associations, organisations et groupements qui en dépendent. »
Ni l’une ni l’autre de ces réponses ne correspondent à la réalité historique.
Commençons par l’interdiction du PCF.
Le gouvernement Daladier a bien interdit les journaux communistes, notamment l’Humanité, le 27 août 1939, puis le PCF lui-même le 26 septembre 1939. Mais ces mesures étaient préméditées bien avant la signature du pacte germano-soviétique, celui-ci ne fut qu’un prétexte. La preuve ? Dès le 1er juillet 1939, le ministre des Affaires étrangères, Georges Bonnet, avait annoncé à l’ambassadeur de l’Allemagne nazie que « les communistes allaient être mis à la raison ». Cela ne figure pas dans une archive cachée mais dans un recueil de documents diplomatiques rendus publics par le gouvernement lui-même dès l’automne 1939 : Le livre jaune (documents diplomatiques, 1938-1939), publié par le ministère des Affaires étrangères. Un autre fait est significatif : dès la fin juillet était paru un décret suspendant les élections législatives, plus exactement reportées de 3 ans par décret, en application d’une loi votée en mars 1939. L’interdiction du PCF s’inscrivait donc dans une attaque contre la démocratie elle-même. De tout cela on ne trouve aucune trace sur le site de Lumni.
Voyons maintenant la signature du Pacte germano-soviétique.
La thèse avancée sur Lumni selon laquelle les Français et les Britanniques voulaient un accord avec les Soviétiques n’est pas prise au sérieux par les historiens spécialistes de cette période. Les Accords de Munich (septembre 1938) qui ont livré la Tchécoslovaquie à Hitler, sont passés sous silence dans cette présentation. Après ces accords, l’URSS considère que la Grande-Bretagne et la France ne veulent pas vraiment d’une alliance. Quant aux hommes qui ont été envoyés à Moscou en août 1939 pour discuter, ils n’ont aucun pouvoir pour signer une alliance. On peut lire à ce sujet le compte-rendu du général Doumenc qui conduisait la délégation, ou bien celui d’André Beaufre, également membre de cette délégation, dans le livre Le drame de 1940. Le dirigeant du Parti travailliste Clement Attlee en témoigna en ces termes : « Les diplomates britanniques et français ont traité le gouvernement soviétique avec une telle désinvolture que nous aurions, nous travaillistes, agi comme Staline et signé l’acte du 23 août 1939 ».
Or, à l’été 1939, la guerre est déjà commencée en Extrême-Orient et les combats font rage entre l’Armée rouge et le Japon, à Khalkhin-Gol. L’URSS ne veut surtout pas être prise en étau dans une guerre menée sur 2 fronts. Les combats ne cesseront qu’en septembre, sur une victoire de l’Armée rouge, conduite par Joukov. Mais au moment où se discute le pacte, rien n’est encore joué. L’empire japonais fut d’ailleurs ulcéré par l’annonce de la signature du Pacte germano-soviétique, et cela pèsera en faveur de la signature d’un accord de cessez-le-feu, le 15 septembre 1939.
Tout cela est passé sous silence par les sources publiques censées aider les lycéennes et les lycéens à s’y retrouver. Pour cette période, l’histoire officielle est une caricature.