Commission d'enquête sur la financiarisation/privatisation des crèches
Contre l'avis majoritaire des républicains et du camp présidentiel (macronistes, modem ...)
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SOURCE :
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À l’initiative des députés insoumis, l’Assemblée nationale a voté, le 28 novembre, le lancement d’une commission d’enquête sur la financiarisation du secteur des crèches et la dégradation des conditions d’accueil des enfants, à l’origine de maltraitance, et dénoncées ces derniers mois par une série d’enquêtes.
Il avait fallu la mort d’un bébé mort empoisonné en juin 2022, dans une crèche privée à Lyon, pour révéler au grand jour les dérives d’un secteur livré, sans garde-fous efficaces, aux appétits mercantiles et déclencher un début de sursaut politique.
Il s’est traduit par la décision prise, le 28 novembre, à l’Assemblée nationale, à l’initiative des députés insoumis, d’ouvrir une commission d’enquête portant sur le « modèle économique » et la « qualité de l’accueil » des enfants, non seulement au sein de ces crèches privées, mais aussi dans celles gérées par le service public, où le personnel, souvent des femmes, est mis à rude épreuve par des conditions de travail insupportables.
Cette décision, votée à 178 voix contre 161, grâce notamment à l’adhésion de tous les députés de gauche et malgré l’opposition de la droite et d’une grande partie des élus du camp présidentiel, a été saluée comme une « victoire ».
Le député insoumis William Martinet, qui a porté cette proposition n’a pas manqué de s’en réjouir. Selon lui, elle marque un premier pas afin de mettre un terme à la « financiarisation » du secteur de la petite enfance et la « dégradation des conditions d’accueil » pour les enfants en bas âge.
Fonds d’investissement
Lors d’une conférence de presse tenue quelques heures avant l’examen de sa proposition au sein de l’hémicycle, le député de la France insoumise avait mis en avant un des enjeux cruciaux de sa démarche, à travers une « devinette » éclairante : « Quel est le point commun entre les pipelines en mer du Nord, la fibre optique aux Pays-Bas, des lignes ferroviaires en Italie, et des crèches privées en France ?
Le point commun, c’est un fonds d’investissement : Antin Infrastructure Partners, capitalisé à hauteur de plusieurs milliards d’euros, spécialisé dans l’énergie, la communication et les transports, mais qui est aussi l’actionnaire majoritaire de l’entreprise de crèches Babylou, qui est le deuxième plus gros acteur privé du secteur de la petite enfance. »