GAZA : Attal la matraque
/image%2F0946080%2F20240504%2Fob_13e30d_attal-matraque.png)
*************************
Roland RICHA
Avec l'Afp du 03 mai 2024
![]() |
| Rassemblement pro-palestinien devant le Panthéon, à Paris, vendredi 3 mai. BENOIT TESSIER / REUTERS |
Le comité Palestine, qui rassemble les manifestants concernés, a annoncé avoir « refusé le compromis » proposé par la direction, dont la teneur n’était pas connue au moment de l’intervention des forces de l’ordre.
Les forces de l’ordre sont intervenues, vendredi 3 mai à la mi-journée, pour expulser d’un bâtiment de Sciences Po Paris plusieurs dizaines d’étudiants mobilisés en soutien à Gaza. Le comité Palestine, qui rassemble les manifestants concernés, a annoncé dans un point presse diffusé en direct sur Instagram avoir « refusé le compromis » proposé par la direction – dont la teneur n’était pas connue au moment de l’intervention des forces de l’ordre.
L’arrivée de gendarmes mobiles et d’une compagnie républicaine de sécurité puis l’évacuation ont été en partie diffusées sur le même compte Instagram. Sur les images, plusieurs étudiants, assis par terre, étaient soulevés les uns après les autres par des agents puis dirigés vers la sortie – parfois en étant traînés au sol. Dans une vidéo du comité Palestine publiée quelques minutes plus tard, les étudiants se trouvaient à l’extérieur de l’établissement.
Jeudi soir, la direction de Sciences Po Paris avait décidé la fermeture de ses principaux locaux, vendredi, en raison d’une nouvelle occupation par quelques dizaines d’étudiants mobilisés pour Gaza. Après un débat interne sur le Proche-Orient jeudi matin, fruit de l’accord passé précédemment avec l’administration, qu’ils ont jugé « décevant, mais sans surprise », les étudiants du comité Palestine de Sciences Po avaient lancé un « sit-in pacifique » dans le hall de l’école. Dans le même temps, six étudiants ont annoncé qu’ils entamaient une grève de la faim « en solidarité avec les victimes palestiniennes ». Les grèves de la faim continueront jusqu’à « la tenue d’un vote officiel non anonyme au conseil de l’Institut pour l’investigation des partenariats avec les universités israéliennes », a déclaré Hicham, porte-parole du comité Palestine, devant la presse.
Face à cette situation, l’administrateur provisoire de Sciences Po Paris, Jean Bassères, a sollicité la force publique pour évacuer les bâtiments historiques de l’école, rue Saint-Guillaume (7e arrondissement). Dans un message envoyé en interne vendredi, M. Bassères a dit mesurer « la portée de cette décision difficile et l’émotion qu’elle peut susciter ». « Je regrette vivement que les multiples tentatives de dialogue n’aient pas permis de l’éviter », a-t-il ajouté.
Matignon prévient que « la fermeté restera totale »
Après cette évacuation, un rassemblement en soutien à la cause palestinienne s’est tenu vendredi après-midi place du Panthéon, à Paris, à l’appel de syndicats étudiants tels que L’Union étudiante et l’Union nationale des étudiants de France, ainsi que des organisations de jeunesse de partis politiques, comme Les Ecologistes ou La France insoumise. Le président « insoumis » de la commission des finances à l’Assemblée nationale, Eric Coquerel, y a notamment appelé « le gouvernement [à] accepter que les jeunes se mobilisent ». « Ce qui est fait, c’est plutôt de criminaliser, de caricaturer, de calomnier souvent », a-t-il fustigé.
Les forces de l’ordre sont également intervenues vendredi matin à Lyon pour évacuer des manifestants propalestiniens du site de Sciences Po. L’évacuation a été effectuée à la suite d’une demande de la direction, précise la préfecture. Une fois à l’extérieur, quelques dizaines de manifestants ont chanté « Gaza, Gaza, Lyon est avec toi » ou « Palestine vivra, Palestine vaincra ».
« La fermeté est et restera totale », a fait savoir Matignon à l’Agence France-Presse (AFP). « S’agissant de la situation dans les établissements, certaines ont pu être réglées par le dialogue. Pour d’autres, des réquisitions par les présidents d’université ont été faites, et les forces de l’ordre sont intervenues immédiatement. Cette fermeté paie : vingt-trois sites perturbés ont été évacués hier », a affirmé la même source à l’AFP, ajoutant, pour Sciences Po Paris, que Gabriel Attal avait « demandé l’intervention dès la réquisition de l’administrateur provisoire ».
A Lille, l’institut d’études politiques a été fermé jeudi et les accès à l’Ecole supérieure de journalisme (ESJ) ont été bloqués. Vendredi matin, l’école de journalisme demeurait close, et la police était sur place. Dans un communiqué diffusé à la mi-journée vendredi, la direction de l’ESJ a annoncé la fermeture « de l’établissement pour la seconde journée » d’affilée.
Dénonçant un « blocage qui entrave le droit à l’enseignement », la direction annonce qu’elle proposera « à la reprise des cours, dans un climat apaisé, des échanges sur le traitement journalistique de la situation humanitaire des populations dans la bande de Gaza ». A Sciences Po Lille, une réunion entre direction et étudiants est programmée dans la journée.
