Eurovision : en solidarité avec la Palestine, plusieurs pays appellent au boycott d’Israël pour la prochaine édition

Publié le par FSC

Honorine Letard
L'Humanité du 16 septembre 2025

 

Des manifestants ont brandi des drapeaux palestiniens pendant le passage de la chanteuse représentant Israël lors des répétitions pour la demi-finale du concours 2025.© Nearchos/Splash News/ABACAPRESS.COM

 

La Slovénie, l’Irlande, l’Islande, les Pays-Bas et maintenant l’Espagne ont annoncé qu’ils ne participeraient pas à la prochaine édition de la plus grande compétition de chant au monde si Israël concourait. Des prises de position qui s’inscrivent dans un contexte géopolitique tendu, alors que l’Eurovision est indéniablement un instrument de soft power.
Le plus grand télécrochet du monde est au cœur de la controverse. La Slovénie, l’Irlande, l’Islande et les Pays-Bas ont officiellement annoncé ces derniers jours qu’ils ne participeraient pas à l’Eurovision si Israël maintenait sa présence. Ce lundi 15 septembre, l’Espagne leur a emboîté le pas.
Le ministre de la Culture, Ernest Urtasun, a déclaré lors d’une interview sur la radio publique : « Nous devons faire en sorte qu’Israël ne participe pas à la prochaine édition de l’Eurovision » et « si nous [n’y] parvenons pas, l’Espagne ne doit pas prendre part ».


En mai déjà, le Premier ministre socialiste, Pedro Sánchez avait affirmé qu’Israël devrait être exclu de l’Eurovision, par « solidarité » avec le « peuple de Palestine qui (vit) l’absurdité de la guerre et des bombardements ».
Pour le spécialiste de la géopolitique de l’Eurovision, Dean Vuletic, qui s’est exprimé dans les colonnes du Parisien, « c’est une réaction qui était attendue au vu de la durée de la guerre menée par Israël à Gaza et l’augmentation des mouvements contre ses agissements ».
En juillet dernier, lors de l’Assemblée générale de l’Union européenne de radio-télévision (UER), le ton avait déjà été donné : plusieurs pays avaient exprimé des préoccupations concernant la participation d’Israël à l’édition qui doit se tenir à Vienne en 2026.

Une cérémonie comme vitrine nationale


Face à ces prises de position, le président de la KAN (télévision publique israélienne), Golan Yochpaz a réagi ce 15 septembre : « Il n’y a aucune raison pour qu’Israël ne continue pas à être un membre significatif de cet événement culturel, qui ne doit en aucun cas devenir politique. »
Pourtant, l’Eurovision l’est indéniablement : C’est l’évènement télévisuel, hors compétitions sportives, le plus regardé au monde avec près de 200 millions de téléspectateurs chaque année. L’occasion donc, pour chaque pays participant, de promouvoir les valeurs européennes, de faire valoir leur particularisme culturel (langues minoritaires, ou choix de candidats LGBTQIA + par exemple), ou encore de redorer son image comme l’a fait l’Azerbaïdjan en 2012, critiqué pour son autoritarisme et son conflit avec l’Arménie dans le Haut-Karabakh, en dépensant 63 millions de dollars dans l’organisation de la cérémonie.


Bien que plusieurs pays appellent à son boycott, Israël peut compter sur un soutien significatif : L’Allemagne. En mai dernier, en réponse à la déclaration du Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, l’Allemagne avait annoncé qu’elle se retirerait de l’Eurovision si Israël en était exclue.
En attendant, l’UER a donné jusqu’à mi-décembre aux télévisions pour confirmer ou non leur participation à l’Eurovision 2026. Un délai rallongé par rapport aux autres années (mi-octobre), qui repousse au maximum une prise de décision sur la question israélienne, prévue en décembre prochain. Pour le moment, et selon une source proche du dossier, France Télévisions ne s’est pas prononcé sur le sujet.

 

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