« Gaza, génocide annoncé. Un tournant dans l’histoire mondiale », de Gilbert Achcar : un essai pour comprendre

Publié le par FSC

Pierre Barbancey
L'Humanité du 10 septembre 2025

 

Gaza, génocide annoncé. Un tournant dans l’histoire mondiale, de Gilbert Achcar, La Dispute, 252 pages, 20 euros

 

Le chercheur franco-libanais Gilbert Achcar publie une analyse du génocide à Gaza qu'il replace, en partant de la date du 7 octobre 2023, dans une perspective historique plus longue et critique envers la stratégie du Hamas et des dérives extrémistes d’Israël.
Chercheur franco-libanais, professeur émérite à l’École des études orientales et africaines de l’université de Londres, Gilbert Achcar vient de publier un ouvrage particulièrement intéressant et utile pour comprendre en quoi ce « génocide annoncé » représente un « tournant dans l’histoire mondiale ».
Spécialiste attentif de la région, il y a consacré de nombreux livres. Gilbert Achcar procède aujourd’hui à une analyse complète et marxiste de ce qui se passe dans la bande de Gaza pour tenter d’en comprendre le sens et d’en percevoir les conséquences.

Le 7 octobre 2023 replacé dans une perspective historique
Son livre s’assigne trois objectifs, comme l’explique l’auteur. Une analyse de l’histoire « sur le long terme » de la période qui précède le génocide à Gaza. De quoi appréhender les massacres du 7 octobre 2023 avec un effort « pour les placer dans un contexte et une perspective historique. »
Enfin, une « réflexion avec plus de recul et d’un point de vue plus global sur divers aspects de la tragédie ». Un examen minutieux qui n’écarte aucun aspect, aucune question. La critique du Hamas est sans concession. Achcar parle du « caractère contre-productif » de sa « stratégie violente » y compris avant le 7 octobre, que « rien ne justifie », « le mauvais calcul le plus catastrophique de l’histoire de la lutte anticoloniale ».
S’agissant d’Israël, il s’arrête sur la « dérive vers l’extrême droite », revient sur la « dualité du projet sioniste », les liens avec les États-Unis et ce qui est leur première guerre conjointe.
L’épilogue est d’ailleurs consacré à Donald Trump qui « entre en scène ». Un président états-unien qualifié « d’âme sœur » de Benyamin Netanyahou. À ce jeu du mépris et du mensonge, les deux compères sont passés maîtres. Ils mettent en œuvre les « projets régionaux et mondiaux de la nouvelle internationale néofasciste ».
L’auteur participera à un débat le vendredi 12 septembre, à 20 heures, à l’Agora.

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article